28/12/2007

CONTROLLED BLEEDING - Songs from the drain CD. 1994.


Certains groupes avaient déjà trouvé le truc pour éviter les affres du modérateur fantôme, pas besoin d'un GPS rotatif anti modo, même si Internet n'était pas couramment utilisé certains se sont dit que la meilleure chose pour brouiller les pistes serait de changer souvent de style, et donc de se laisser aller à ses envies personnelles profondes sans bosser dur pour rester ancré dans un cadre... CONTROLLED BLEEDING ont donc touché un peu à tout ce qui est obscur et expérimental, aussi bien du harsh noise, que de l'EBM, du gothique ou du dark ambiant... Et dans le cas présent, il est en partie question de ce dernier style.
Le CD contient des sessions de différentes périodes. Commençons par le meilleur, soit les premiers titres qui datent de 1993:
La piste d’entrée nous baigne dans une sorte de reggae (Pour la basse) meets cold wave (Pour le synthé) avec des samples hétéroclites, c'est un peu répétitif mais les sons aident à faire passer, et ça fait une petite introduction sympa à ce qui suivra.
La deuxième plonge tout de suite plus dans les profondeurs terrestres et nous invite à visiter quelques grottes humides, le cœur de la planète est d'accord pour nous livrer quelques secrets mystérieux accompagnés de ronronnements sourds de l'inframonde. Un bon titre qui dégage une ambiance cool.
Le 3ème titre plus dynamique tourne autour d'une boucle energisée évoquant le cœur d'une machine électronique en pleine chamade, les sons liquides, les samples divers ainsi que les nappes de synthé font un peu monter la sauce. Vers la moitié un rythme binaire apparaît et on se croirait presque dans un morceau de TANGERINE DREAM. Un autre bon titre qui est assez prenant.
Ensuite, le reste des morceaux qui a été globalement enregistré entre 1985 et 1987 est généralement moins bon (Peut-être une question d'époque, comme certains trucs on vieilli):
Le 4ème se veut plus atmosphérique, à base de nappes de synthétiseurs et d'un chant plus ou moins abstrait. Ca fait un peu VANGELIS sans le côté mélodies accrocheuses. Correct mais sans plus, quoique ça passe bien après les 2 morceaux précédents.
La 5ème piste est expérimentale, à base de sons métalliques et de grincements, elle crée un type d'ambiance cérébrale souvent vu depuis. Néanmoins le choix de certains sons est pas mal, c'est assez vivant et ça reste agréable à écouter une fois plongé dedans (Au casque avant de dormir).
Le 6ème titre tente de nous faire partir dans des ambiances aquatiques, à l'aide de sons qui passent dans des tubes d’échos... C'est calme, presque relaxant, mais on est dans le moins bon depuis quelques titres et la façon de faire a un peu vieilli, sans parler du fait que le morceau fait 10 minutes et que l'auditeur aimerait que ça avance un peu plus vite... Donc on zappe.
Le 7ème morceau du CD, cinq fois plus court que le précédent, part d'une idée de mélodie de synthé se voulant relativement tragique... Malheureusement c'est un dépouillé et pour les oreilles d'un auditeur de 2007 ça sonne comme une démo ou pré-prod enregistrée sur le vieux poste de la cave, histoire de ne pas oublier une idée qui nous semblait sympa…
Le morceau suivant casse le rythme et part dans du rock gothique, quelque part entre les CURE et JOY DIVISION, avec un côté SISTERS OF MERCY... Il y a quelques idées cools. Le chant est un peu particulier. Ca se tient et ça relance un peu le rythme qui ne demandait que ça.
Puis la qualité des premiers titres revient, tout comme le dark ambiant, mais de façon plus lourde, plus menaçante, presque indus, avec des sons graves plus déglingués... La grange chancelante va s'écrouler sur toi si tu ne fais rien pour déjouer le maléfice de l'épouvantail hanté, il est presque trop tard! Ecoutes les voix menaçantes des entrailles ou gisent des milliers de générations de poulets, écoutes les rythmes martiaux binaires proches des débuts de LAIBACH... Tu es cuits, coincé dans les entrailles de ce morceau cool! :-)
Pour la suite, petite arpège de guitare et sons ambiants se mutants en rock gothique moyen avec solo de guitare assez bruitiste et expérimental (Lui aussi) qui donne un rendu entre le pas trop mal et le dispensable... Disons que ça nous remet de nos peurs vécues dans la grange hantée!
On arrive au 11ème titre, qui flirte avec le rock instrumental, en touchant un peu le côté amusant de GONG, avec un petit côté technique me rappelant ANGE et un petit quelque chose de.... WISHBONE ASH!? Non, en fait le thème du morceau est un peu trop mystique, donc disons que c'est un titre technico-mystique à vocation progressive non dénuée d'une touche de fun. Un titre cool, qui fait assez 70's... Mais il manque juste un quelque chose, peut-être des vocaux ou un sample délirant?
Mais l'épouvantail n'a pas dit son dernier mot! Même si sa chère grange s'est complètement effondrée, il lui reste quelques écrous dans les poches et il n'hésitera pas à les ressortir de façon menaçante... Entends-le se relever, lentement, douloureusement, de sous tous ces décombres (Hantés! Houuu houuu). Ca résonne, le métal claque contre les parois du souterrain qui n'en demandait pas tant... Et on se retrouve en plein milieu d'un morceau indus expérimental a connotation dark ambiant. C'est assez dépouillé, un peu trop pour moi, mais l'ensemble contient des parties qui fonctionnent et ça sonne un peu comme du MEGAPTERA. Pas mal, mais un peu usé à l'heure actuelle.
Puis, pour terminer le tout, on nous offre trois morceaux live de rock garage, noisy et expérimental. C'est pas mal foutu, très typé 70s, avec des sons amusants, des solos de guitare s'étalant en longueur, un synthé aussi proche de l'orgue Hammond que du Bontempi. C'est pas non plus l'eldorado, mais ça transpire comme il faut et j'ai entendu pire comme bonus tracks...
Comme tu as pu le voir, si tu en es arrivé au bout de cette chronique, cet album c'est le fourre tout et il demande souvent une capacité d'adaptation au moment du passage à la prochaine piste... Il faut aimer les compiles contenant beaucoup de groupes différents ;-)
Disons que ce n'est pas le meilleur album de CONTROLLED BLEEDING: Certains titres auraient pu faire bon effet au moment de leur sortie, mais ils ont vieilli et l’efficacité des bons morceaux est assez diluée dans ce fourre tout multi-goûts; Un album un peu plus centré sur des styles s'écoutants de la même façon aurait aidé à rendre l’ensemble appréciable plus facilement. Je trouve quand même ce disque plutôt pas mal, il y a des bonnes idées et des bonnes ambiances, sa présence dans ma collection ne me dérange pas, mais le "Mais" reste présent et je ne pense pas user la rondelle...
Decembre 2007

JAPAN - Oil on canvas CD. 1984


JAPAN était un groupe anglais des eighties dont une des principales particularités résidait dans leur obsession pour le Japon, son mode de vie, ses coutumes... Particularité qui se sentait au niveau des visuels, mais aussi de certains thèmes musicaux... Voir du look des musiciens...
La musique est très calme, telle une feuille de lotus, douce, soyeuse, vous effleurant délicatement pour apprivoiser vos nerfs, se frottant à vos soucis pour les apaiser et les atténuer, comme s'ils devenaient des gouttes de rosée s'évaporants sous les premiers rayon du soleil matinal. Difficile de la comparer à un riz basique, mal dégrossi, et encore collant à cause d'une cuisson trop directe, le style est ici plus fin, plus maîtrisé et recherché, comme si les grains de riz avaient été soigneusement choisis un à un, afin de ne pas heurter la danse subtile de la feuille de lotus.
Il est question ici d'une sorte de pop, mais qui ne tombe pas dans les clichés trop faciles du refrain binaire cérébralement accrocheur ou d'une suite de notes curieusement trop familières. Le jeu est soit plutôt touffu, développant des ambiances et thèmes le long de variations bien senties, soit plus simple et dépouillé.
Pour apprécier, il faudrait néanmoins ne pas être allergique aux 80's, à un certain esthétisme de l'époque, ni à la musique de DEPECHE MODE, de MARC ALMOND, voir des débuts de U2. Ce plat ne conviendrait pas aux amateurs de repas plus lourds et charnels, du moins sans une période d'adaptation ou de tentative de compréhension.
Le groupe a beau nous proposer ici un enregistrement live, une fois les morceaux mis en route on aurait un peu de mal à repérer la performance de concert, le jeu et la production ne laissent pas à désirer.
JAPAN calme, détend, se veut esthétique, mais ne sonne pas niais; Juste peut-être innocent, comme l’émerveillement d'un enfant.
Decembre 2007

STERILE GARDEN/ NOVASAK - Split CDr. 2007


STERILE GARDEN est un nouveau projet noise. Alors qu'il tente de remplir l'espace sonore d'une façon assez proche de MOURMANSK (Avec des sons noise pas trop agressifs) il sonne plus expérimental de part les sonorités utilisées. On entend des grincements, des grondements sourds, des bruits de sifflements rappelant une vieille fréquence radio ou parfois la vieille théière à grand-mère... Le contenu est assez relaxé et tend à étirer certains sons en longueur. Certaines idées sonneraient plutôt pas mal (Disons que ça ne me parle pas, mais qu'on serait en début de chemin) alors que le reste est plus anecdotique (Même si c'est pas archi nul... Ca manque de percutant, de dynamisme ou de particularité). On se sent plutôt relax dans la petit cabane de rangement au fond du jardin, c'est pas particulièrement menaçant et là est un peu le problème... Il faudra peut-être attendre que le compost métallique ait le temps de vraiment rouiller, de pourrir et qu'il obsède l'esprit du trafficoteur de sons.
Cette fois-ci, NOVASAK nous donne l'impression de partir dans le minimaliste répétitif pour rapidement s'engouffrer dans le bouillon noise avec remontées Harsh noise (Il n'a pas du bien digérer son petit STALAGGH). Ca enrobe le cerveau correctement, c'est relativement reposant et assez varié, mais une fois les 11 minutes 26 secondes passées, c'est tout, la mémoire n’a pas été touchée. Un truc sympa à écouter sur le moment.
Niveau packaging c'est un peu de la récup: Feuille cartonnée coupée selon la diagonale, pliée en deux, avec un petit sticker en guise de titre pour personnaliser, 2 petits trous pour faire joli et une carte de visite pour envoyer une éventuelle lettre d'admiration.
Decembre 2007

23/12/2007

BLOOD FROM THE SOUL - To spite the gland that breeds CD. 1993.

Parmis les projets parallèles des membres de NAPALM DEATH, il n'y a heureusement pas que des bouses, l'ensemble aurait même plutôt tendance à être pro et sympa.
BLOOD FROM THE SOUL est l’exutoire à l’exutoire de Shane Embury, la bassiste hirsute, qui est ici responsable des guitares, basse, programmation de boite à rythme et composition... Alors qu'un certain Lou Koller (SICK OF IT ALL) a été embauché pour les parties vocales.
La musique évolue entre hardcore, métal et métal indus, dans un style aux rythmes assez cassés, avec guitares calculées pas très éloignées de HELMET, avec des notes de guitares haut perchées évoquant soit GODFLESH, soit la scène noise alternatif. On reconnaît tout de suite la façon de composer du musicien.
Une chose me surprend assez: Une partie des thèmes et ambiances ici présentes n’apparaîtront vraiment dans les enregistrements de NAPALM DEATH que quelques albums plus tard (Le groupe avait bien embrayé une évolution entre le hardcore mécanique et les guitares indus dissonantes sur "Fear emptiness despair", mas ce disque de BLOOD FROM THE SOUL allait plus loin dans les guitares à la GODFLESH assez introspectives, dépressives, intérieures... Voir parfois presque "positives"... Les ambiances sont plus intimes et propres à des réflexions sur soi, sur la vie, teintées de désillusions).
Quand on s'est farci la discographie quasi complété de NAPALM DEATH, et pris dans le sens inverse à la chronologie, ce projet pourrait sembler relativement dénué d’intérêt... Et j'accorde que certains morceaux moins bons cassent un peu l'écoute de l'ensemble, mais le tout me semble tout de même intéressant et procure des ambiances cools dont on ne voit plus trop les traces actuellement. Ce n'est pas vraiment une collection de chutes de studios de son projet principal, Shane Embury a plutôt fait ici un disque cool sans trop se prendre la tête.
Décembre 2007

CANDIRU - Unloved and weeded out CD. 1992.

Ecouter cet album 15 ans après ça sortie m'oblige à commencer cette chronique par "MWARF"! Oui, "Mwarf", le vieux cris de ralliement des troupes cyberkeupones du futur intersidéral... Car attention, on est ici en présence de métal indus d'époque, du vrai, avec la bonne vieille ambiance obscure et cool à la fois, avec une bonne vieille boite à rythme faisant zigzaguer l'élastique du string en titane, avec des vocaux cools et des riffs de guitare plus ou moins cool eux aussi... Mais comme pour une grosse partie des disques "expérimentaux" d'époque, le pouvoir kitchisant a laissé pas mal de traces et transforme une partie des morceaux en poilades épilatoires ou perplexantes... Attention, je tiens quand même à vous faire noter, bien proprement dans vos petits calepins, qu'une partie des morceaux sont cools et fonctionnent plutôt pas mal dans un style proche des premiers GODFLESH, PITCH SHIFTER, le tempo et l'ambiance se voulant dépressive/ chaotique/ futuristapokalyptiquement visionnaire sont cools, et certaines idées sont bien senties et s’intègrent bien comme les trompettes (Ou est-ce un tuba?) du 2ème titre... Mais malheureusement une partie des samples ou idées sont un peu torchées, décalées et j'en ai le caleçon qui remonte jusqu'aux dents pour aller se coincer derrière les oreilles, je suis pris de pulsions terroristes suicidaires tel une fatma en rage pas très cachère... C'est ça le double effet Kiss (old) school.
Alors candira-tu du candiru? J'en dirais que c'est un disque 50/50, avec autant du choses cools que de trucs qui me laissent plus perplexe... Apparemment il faut être sensible au style et à l'époque pour se laisser bercer par les courants enrobants de notre ami le poisson vampire, le candiru. Mais une fois qu'on a envie d'écouter ce style, le disque passe bien et il y a des choses assez délirantes (Dans le bon sens du string). Un disque qui pourrait plaire aux gros fans des premiers GODFLESH qui n'ont rien contre les projets faits avec la collection de bouts de ficelle de mère grand et le kit de bricolage de père grand. Il ne doit pas coûter très cher en occasion...
Décembre 2007

16/12/2007

LANDFILL - "Extinction is mandatory" CD. 1995.

L'ambiance brunâtre de ce disque peut nous renvoyer à l'atmosphère de "Soleil vert", film sorti en 1973 et reflétant la vision futuriste d'une société chaotique ou chômage et misère prédominent, ou animaux et végétaux ont été détruits par un soleil ardent, ou la plupart des êtres humains n'ont les moyens de se nourrir qu'à partir de petites pastilles appelées "Soleils verts"... Pastilles soit disant produites à base de plancton... Mais face à l'état de décrépitude avancé de la planète, face à l'état biologiques des océans qui sont trop pollués pour produire du plancton, la race humaine est fortement menacée... Pour survivre l'homme se retrouve à se nourrir de soleils verts, en fait produits à base de... Corps d'humains décédés de mort naturelle ou s'étant suicidés légalement...
Il y a une paire d'années, esprits et âmes étaient plus réceptifs à ce genre de visions futuristes, et plus de groupes étaient donc enclins à jouer avec un état d'esprit proche du "Cyber punk". Heureusement, quand le présent musical ne convient pas à ses attentes, il reste toujours possible d'explorer les méandres d'un passé bien plus passionnant... Et je me retrouve à vous parler d'un obscur projet n'ayant sorti à l'époque qu'un album et deux démos...
LANDFILL était un sympathique groupe de métal indus dont les musiciens n'ont pas du se remettre des premiers enregistrements de GODFLESH, et particulièrement "Streetcleaner". L'ambiance brunâtre et chaude, une partie des guitares assez mécaniques (Ou partant dans les aigus de façon assez "chaotique") et le chant se voulant déshumanisé sont fortement influencés par l'enregistrement de Justin Broadrick cité précédemment. Je pense également aux premiers PITCH SHIFTER, voir un peu de M.PHERAL, de VOIVOD et d'electro indus... Mais le groupe vient et reste à la base plus métal qu'indus: Une partie des tics guitaristiques (Riffs presque death, solos métalliques...) et l'utilisation minimale des samples électroniques le rappellent.
La chaire de dieu étant éteinte, et ses meilleurs clonages entièrement consommés; Il ne nous reste pour survivre, nous pauvres humains, que quelques produits de substitution de 3ème zone... Produits qui ne sont pas bien rassasiants mais permettraient du moins aux gros fans du style de patienter...
Décembre 2007

ANEMONENGURT - "Wo die ebenen geglättet sind" CD. 1993.

Il y a une paire d'années le croisement du mouvement alternatif et de l’expansion de la musique électronique "domestique" a mené a pas mal d’excès... De plus en plus de projets bizarroïdes et déglingués voyaient le jour... ANEMONENGURT c'est un fourre tout musical pas très musical, au style restant indéfini à la fin de l'écoute (En gros ça change pour chaque morceau). On trouve de l'électro indus sympathique, de la cold wave aux claviers presque clichés bâtis sur des rythmes cassés, de l'ambiant pas très dark (Mais plutôt métallisé et froid), de la vieille musique de jeux vidéos passée dans le mixeur avec le chat et sa litière, les reste de la grand-mère revus à la sauce harsh noise, et une quantité d'effets de reverb et d'écho étalés dans tous les sens... Les vocaux se veulent délirants (Cris stridents, parlés, décalés) .

Parfois c'est bien parti, on sentirait presque un début de décollage, mais le groupe a tendance à vouloir trop déstructurer les rythmes et les constructions pour que ça marche... Il y a bien des ambiances froides sympas, des rythmes indus qui fonctionnent, des sons relativement harsh qui engloberaient presque, mais ça part vite en impros aléatoires remplissantes et chères aux fans de "merde auditive"... Je me dis qu'ils auraient du délirer un peu moins, je me dis également que je n'ai pas fumé de joints depuis longtemps et que ça réduit peut-être mon champ de perceptions...
On hésite entre le groupe dont le langage a un peu vieilli et le projet qui n'a jamais secoué un building; on hésite entre le groupe un peu trop déglingué pour que leur langage soit compréhensible aux premières approches et le sale coup fumant du projet torché dont l'abus de substances excuserait tout... Puis on y revient plus, comme on a mieux à écouter.

Décembre 2007

14/12/2007

ONEIDA Interview - Psyche noise rock

INTERVIEW 2007.
ONEIDA est un bon groupe américain de Rock noisy et psychédélique... Je leur ait envoyé une interview aprés confirmation, pour recevoir les réponses en un temps records! (Moins de 4 heures). Ils semblent peu connus en France, rattrapez vous ;-)


20. Salut! J’espère que tout se passe bien dans la salle de répètes d’ONEIDA! Quelles sont les dernières news? Quelque chose de bon à annoncer?

On vient de terminer l’enregistrement d’un triple album appelé « Rated O » qui sortira en 2008.

19. Le groupe a fété ses 10 ans cette année… Quelle impression ça fait? J’ai eu la même expérience avec un activité perso, et je ne l’ai pas vraiment réalisé, tout va trop vite… Quelque chose de spécial comme un concert a été organisé? Avez-vous reçu de nombreux cadeaux d’anniversaire?

 On a fait un concert d’anniversaire dans un musée d’art appelé PS1, c’était cool. C’était gratifiant. Je pense qu’il y a quelques personnes très enthousiasmées par le fait qu’on ait duré si longtemps. En effet, les choses avancent trop vite. Les seuls cadeaux reçus sont quelques messages d’amis. Le cadeau se trouve dans le musique, non ? Je pense qu’on a pu faire le point et nous sentir fiers de ce que nous avons fait, mais vraiment on ne serait rien sans le soutiens de nos potes et de labels. Sans eux Oneida n’existerait même pas, on a de la chance.

18. Votre dernier album est sorti en 2006… Avez-vous commencé la composition de nouveaux morceaux? Comment sonneront-ils ? (Merci de ne pas me répondre un mélange entre les Beatles et du grindcore). Comme il y aura évidemment des surprises, je vais un peu changer ma question : Y aura-t-il une absence de surprise, pour éventuellement surprendre l’auditeur avec de l’inattendu ? Ah ah

Il y aura des morceaux inattendus et d’autres qui sonneront comme Oneida, je ne sais pas trop…

17. Quand j’écoute votre musique, je ne peux m’empêcher de penser à un peu de GONG par moments… Je sais que cette description n’est pas très juste, comme Gong étaient bien plus amusants, et que vous avez d’autres influences plus marquées, mais il reste un petit quelque chose…


Je n’ai jamais vraiment aimé Gong. J’ai écouté plusieurs fois le morceau intitulé « Oily way », j’aime bien celui-ci. Certains albums de Gong sont censés être cools, mais je ne les ai jamais écoutés. Je peut te dire que personne dans Oneida n’écoute gong, mais on a joué une fois avec eux à Minneapolis…



16. Quand j’entend votre nom de groupe, je ne peux m’empêcher de penser un peu au mot « Oignon » en français… Je sais que cette comparaison n’est pas très juste, comme votre nom est lié au passé de l’histoire américaine… Mais une certains fraîcheur reste présente Ah Ah !? As-tu déjà lu des interprétations étranges de votre nom? Quelle fut la plus surprenante?

 Hmm – Je pense que celle là est la plus étrange!

15. Vous entraînez-vous régulièrement pour atteindre un meilleur niveau technique? Ou préférez vous chercher de nouvelles idées ou polyphonies? (Quand pourrais-je entendre un solo heavy metal infernal dans votre musique?)

Je pense que si tu n’as pas entendu de solo heavy metal dans notre musique, alors tu ne l’as pas bien écoutée ! Jane est à fond dans le métal, il déchire… Je m’entraîne à la batterie régulièrement, quelques fois par semaine, j’aimerais pouvoir plus m’entraîner mais bon… Et oui quand tu joues dans un groupe productif c’est important de garder ta curiosité éveillée, jouer, répéter, écrire, tout va ensemble… Heureusement ça se sent dans la musique. On ne devient pas un groupe meilleur, je dirais plutôt qu’on évolue. Mais je pense qu’on est un des meilleurs groupes dans notre style actuellement.

14. Etes-vous très stricts concernant les répétitions, ou ça se passe plutôt avec des hauts et des bas… Rien pendant des semaines, et soudainement 2-3 semaines de répétitions intensives et de composition pointent le bout de leur nez?

Actuellement on vit dans des villes différentes, donc on ne répète pas beaucoup. On se rend principalement à des concerts et des tournées ensemble. Donc la vie dans Oneida est différente en ce moment. Avant on répétait trois à quatre fois par semaine… On a tendance à composer tout le temps, on essaie de rester ouverts aux nouvelles idées qui nous viennent…



13. L’inspiration peut venir de ou être motivée par de nombreuses choses… Dans votre cas, quels sont les déclencheurs habituels? De la musique, des images, ou quelque chose d’inhabituel?

Je ne pense pas qu’on soit inspiré par des choses inhabituelles, parfois c’est une musique, parfois des événements de nos propres vies, vraiment comme la plupart de ceux qui composent… On aime essayer des choses différentes juste pour voir si nous pouvons les utiliser. Il y a un morceau assez dansant (‘Dancehall’) sur Rated O. . .
            
12. Vous travaillez toujours sur de nouveaux morceaux, de nombreux titres à la fois… Je sais que cette façon de composer peut parfois être très longue… Quel morceau vous a pris le plus de temps pour être abouti, ça représente combien d’années?

Les morceaux de « The wedding » ont été terminés de 2 à 4 ans après qu’on en ait fait des versions démos. Mais ça ne veut pas dire qu’on ait constamment travaillé dessus. On essaie de les mettre de côté et de ne pas trop les penser. C’est plus une question d’intensité apportée dans les idéés de base. Nos morceaux sont très simples, au cas ou tu ne l’aurais pas remarqué. Ils sont rarement plus complexes que la moyenne dans leur forme ou leur exécution. On est peut-être considérés comme prolifiques pour cette raison, mais on ne l’est pas vraiment… C’est juste que de nombreux groupes n’écrivent pas de chansons, je ne sais pas pourquoi..

11. "Anthem of the moon" a-t-il été vraiment enregistré dans une vieille caverne humide, ou un chroniqueur a-t-il pété les plombs pendant quelques secondes?

Une vieille caverne humide? Non. L’album a été enregistré dans un studio, on voulait juste emmerder le monde donc on leur a dit qu’on l’a enregistré en extérieur. On pensait qu’ils comprendraient la blague, mais ils ne semblent pas trop comprendre les blagues..

10. Quelles sont vos relations avec les médias, et particulièrement les chroniqueurs? Comment réagissez-vous en lisant une mauvaise chronique ou des mots difficiles à comprendre ? (Comme des comparaisons étranges)

Parfois quand un chroniqueur nous insulte ou dénigre notre façon de faire de la musique, ça fait mal, personnellement… Mais la plupart des chroniqueurs sont des musiciens ratés et ne comprennent pas ce que faire un disque signifie. Je veux dire, de toutes façons, la plupart des gens qui parlent de musique écrivent mal et n’ont aucune connaissance musicale. Peut-être qu’ils pensent en avoir, mais ils se trompent. Pour moi, c’est bien plus important qu’un projet soit satisfaisant d’un point de vue créatif, dans ce cas je suis content.



9. Sais-tu combien d’exemplaires de chaque album ont été vendus ou échangés? Lequel a le mieux vendu? Penses-tu que ça suffise, ou peut-être que tu aimerais imaginer plus de gens possédant des sympathiques CDs d’Oneida dans leurs chambres ? Pas particulièrement pour gagner plus d’argent (Je me doute que vous ne possédez pas des sous-vêtements dorés) mais peut-être car tu considérerais votre musique comme un message ayant besoin d’atteindre un certain nombre de receveurs…

Je pense que « Secret wars » est notre plus grosse vente. Oui j’ai une idée globale des ventes. On ne vend pas beaucoup de disques. Très peu. Je pense que tous les artistes veulent être entendus par autant de monde que possible. Je le ressens comme ça, mais je ne me tuerais pas pour que ça arrive. On est là pour rencontrer des gens, échanger nos expériences et vivre notre vie, l’histoire de ventes est vraiment moins importante… Mais je pense que j’aimerais au moins habiller une belle femme dans des sous-vêtements dorés (Comme tu l’as dit)

8. Aux débuts du groupe, aviez-vous enregistré une démo cassette… Et est-elle encore disponible quelque part? Aimes-tu les cassettes ? Une nouvelle petite vague de revival du format cassette prend forme dans l’underground, avec des cassettes pros et colorées qui ressemblent presque à des jouets. Tu en penses quoi?
Notre premier album “A Place Called El Shaddai’s” est une sorte de démo qui fut sortie comme un album. Tu peux encore le télécharger ou le trouver sur Ebay. Je n’aime pas les cassettes, je ne les déteste pas non plus, c’est juste un moyen de stocker du son… Ce revival me donne une impression vraiment étrange, je ne comprends pas pourquoi un jeune voudrait avoir une cassette… Il y a peut-être un élément artisanal qui manque aux médias digitaux, ça je peux le comprendre… Dans ce cas je suis complètement pour. Quelqu’un va ressortir « Happy new year » en cassette pour l’Europe!

7. ONEIDA a déjà été remixé d’une façon ou d’une autre? Vu la nature chaotique de certaines guitares, je pense que ça pourrait être intéressant d’écouter un de vos morceaux remixé par un projet industriel ou dark electro…

On a un Mini Lp de Caesar’s Column qui a été financé par Rough Trade paid. . .Il y a trois remixs de ce morceau. C’est assez intéressant. Si quelqu’un veut remixer un morceau d’Oneida qu’il fonce, c’est cool!



6. Oneida serait-il le Dr Jekyll de Mr Hide, ou le contraire? En d’autres mots votre musique est-elle plus étrange que votre personnalité de tous les jours, ou le contraire?

Plus étrange je pense. On est juste des gars qui aiment s’amuser et regarder des films, boire des bières, regarder le football, etc… Je ne pense pas que notre musique soit si étrange, mais plutôt légèrement décalée, avec des vocaux amateurs. Voilà, c’est juste non commercial.

5. Comme les goûts de chacun tendent à être de plus en plus variés, les influences des musiciens sont également plus diverses et éclectiques, créant (en théorie) un son unique pour chaque groupe… En prenant en compte cette variété immense des influences, as-tu déjà entendu la musique d’un groupe sonnant très proche de votre propre mixture? Je pense que ça serait une impression très étrange de découvrir un groupe dont les influences, les gimmicks ou la façon de concevoir les morceaux soit très proche de la votre…

Oh et bien, une fois j’étais dans la rue en attendant le bus, et j’ai entendu un morceau sortant du bar au coin de la rue. Ca ressemblait beaucoup à Oneida, j’étais choqué. Même l’orgue sonnait comme nous! Alors j’ai réalisé que c’était Oneida. Il n’y a pas d’autres groupes sonnant vraiment comme nous…
Je pense aussi que la façon dont on procède pour créer la musique et exister en tant que groupe est unique et très organique… Tous les bons groupes ont un style unique. Mais je n’ai jamais entendu de groupe sonnant comme nous, aussi loin que je sache. « Personne ne joue comme ces mecs, ils ne sont pas les meilleurs dans leur catégorie, ils sont simplement les seuls à le faire », c’est ce que Bill Graham a dit à propos de The dead… Mais ça peut aussi convenir pour Oneida.

4. Si Lemmy était resté dans HAWKWIND, Oneida aurait été le même groupe?

Je ne suis pas certain de comprendre cette question, tu veux dire si Motorhead n’avait jamais existé ? Héhé… Et bien, on est différents de Hawkwind, je pense qu’Oneida est bien plus varié que tu pourrais le penser… Peut-être que Hawkwind le sont également!

3. Avez-vous des projets parallèles?

Bobby joue avec sa femme dans un groupe appelé Nurse and Soldier, tu peux trouver le disque chez Brah records. Jane et moi jouons dans un groupe de surf appelé The bible, avec aussi le bassiste de Awesome color. Je joue dans pas mal de groupes, dont Jah Division, Soldiers of Fortune, Ex Models et White Hills.

2. Avez-vous compté toutes les interviews auxquelles vous avez répondu depuis les débuts? Est-ce que la mienne pourrait être la 666ème? ;-)
Je n’en ai aucune idée… Ca sera peut-être la dernière! ;0

1. Ok, le compte à rebours final est terminé… Dis-nous en plus sur vos projets futurs et essaies de conclure d’une façon mémorable (Après tout, dans quelques secondes on sera tous morts…)

On va faire un concert à Istanbul! Peut-être qu’on reviendra jouer en France et qu’on boira votre vin supérieur! J’aime vraiment beaucoup la France, mais je ne pense pas que les Français aient vraiment accroché à Oneida pour l’instant… Peut-être que cette interview aidera ? Merci de nous avoir écoutés!

13/12/2007

TANGERINE DREAM - "Cyclone" Lp. 1978.


Les différents albums de TANGERINE DREAM que j'ai pu écouter étaient très électroniques (aussi bien dans l'approche que dans les sons), plutôt ambiants et progressifs.
Mais sur cet album, on touche à quelque chose de plus profond, humain et concret.
La première partie du morceau débutant la face A ("Bent cold sidewalk") ressemble presque à un groupe de hard rock bien lourd (Ou le PINK FLOYD le plus heavy?), avec batteur, chanteur... A part qu'il n'y a pas de guitares, mais une sorte d'instruments à vent...
Dés les premières secondes, ce morceau prend aux trippes. Mélancolie intense, vocaux presque parlés amplis de désillusion face à une tragédie imminente nous rendant complètement impuissants... On s'en prend plein la tronche pendant plusieurs minutes, à coup d'instrus à vent trippants... Et c'est bien orchestré, bien construit... Puis le morceau évolue en une longue plage presque ambiante, progressant longuement à partir d'une boucle de synthétiseur... Puis il revient sur l'intensité du début! AAAHHH! Vous ne mouillerez pas votre cleenex qu'une fois! Dés la première écoute, ce morceau m'avait scotché, et son effet est quasi identique 12 ans après! Excellent!
Le deuxième morceau est plus dans le style habituel du groupe, avec les petites boucles de sons et nappes de synthétiseurs presque symphoniques. Quelques délires vocaux et sons éclectiques ajoutent une petite touche de variété et de folie, dans ce type de morceau qui manque un peu de changement de rythme pour moi. Pas mal, mais rien à voir avec le premier titre du Lp.
Le troisième morceau, qui dure quand même 20 minutes et 32 secondes,
amplis la face B. Il débute de façon ambiante, avec quelques sons rappelant presque l'industriel des débuts. Puis une boucle électronique arrive, et on est partis pour une dizaine de minutes d'évolution sur les vents et variations symphoniques.
Le morceau prend ensuite une tournure plus rock, grâce à un solo de guitare, puis il revient sur les instruments à vent, pour déboucher sur un passage aérien, presque planant. Suivent des passages calmes et plutôt tristes, au piano, à la flûte, au violon. Et c'est terminé. Ce morceau est pas mal, dans le style du groupe.
La force de "Cyclone" réside dans le 1er morceau qui troue le cul! Cet album n'est pas forcément essentiel, mais fortement conseillé à tous ceux aimant les musiques tristes, assez réalistes, et qui prennent aux tripes! Oh que oui!!

VAN HALEN - "I" Lp. 1978.


Pour un premier album ça ne rigole pas! VAN HALEN avaient mis le paquet, avec un style personnel, dés leur premier enregistrement professionnel!
Le guitariste Eddie VH déborde de feeling, tel une marmite chauffée à blanc qui baverait du métal en fusion dans des solos endiablés et des compositions inspirées et variées. On sent la folie de la jeunesse. Certains morceaux contiennent leur lot de riffs qui tueraient presque (lol):
"Ain't talking about love" avec le début en arpège étouffée, le 2ème riff qui ferait presque rêver, le semblant de sitar désespérée, excellent!
"I'm the one" et son riff rock'n roll qui le fait, et la quantité de mini solos et de délires de guitares qui semblent truffer le tout.
"Atomic punk" et son riff presque lyrique assez désespéré qui nous emmènerait dans les déboires d'un desperado; et le solo presque épileptique.
"Little dreams" car c'est un bon petit morceau plus calme.
Il y a d'autres bons titres bien sur (lol), le plus connu étant sûrement "You really got me" (Reprise des KINKS) mais ce n'est pas le meilleur.
Le chant de David Lee Roth rend bien, mais le réel point fort de VAN HALEN est sans aucun doute le jeu de guitare.
C'est un excellent premier album montrant déjà une personnalité éclectique ne demandant qu'à être entendue.
18 ans après, l'album est encore très bon; il pourrait sembler un peu lent par moments, mais ça serait franchement une mauvaise décision pour un amateur de hard que de l'éviter! Un album important pour son époque.
Aout 2006

MICK HARRIS/ MARTYN BATES - “Murder ballads (Drift)” CD. 1994.


Il y a des disques comme ça qui se baladent dans les bacs d'invendables, dont les prix ont été revus de nombreuses fois à la baisse, et dont les pochettes "horribles" ou minimalistes laissent imaginer tout sauf quelque chose d'intéressant (Dans le cas présent... J'avais au premier abord pensé à un disque de relaxation minimaliste et sans âme, à une vieille réédition de musique classique cheap jusqu'à l'os, ou une compilation de comptines pour enfants...)... Et pourtant... Remis dans le bon contexte, ce disque pourrait actuellement valoir une petite fortune.
On est en présence d'un des nombreux projets de Mick Harris. Celui-ci a touché à de nombreux styles dans l'électronique et l’expérimental, en proposant des résultats contenant plus ou moins de qualité... Dans le cas présent, on est plutôt au niveau de la chose curieuse qui tend parfois vers le bon, que de l'enregistrement marquant (En somme, on a évité le pire).
Cet album pourrait être résumé et décrit simplement, avec la phrase qui suit: "Sur fond de samples abstraits créant des ambiances assez froides et inquiétantes, sont placés des vocaux féminins alternativement chantés ou parlés".
L'ensemble est relativement reposant, certains samples de fond créent des ambiances presque aquatiques (Avec des sortes de vagues s’entremêlant au plus profond de l'océan... Voyage dans le vieux sous-marin coulé depuis 30 ans...) alors que d'autres sont plus aériennes et évoqueraient chez moi des terres désertiques battues par la froideur des vents du Nord (Avec un petit effort d'imagination, on pourrait voir en certaines parties une sorte de litanies post apocalyptiques évoquées par des paroles lancinantes pleurant l'humanité défunte, sur fond de vide pur et de bruits crées par des vents tourmentants les dernières traces de toute civilisation... Mais j'ai fait un effort ;-) )
Le titre du CD ("Ballades pour meurtres (Dérive)") permet de voir un peu mieux le concept que les deux expérimentateurs ont voulu suivre... Ou du moins, de faire fonctionner son imagination et de créer ses propres connexions (L'auditeur serait peut-être à la place du cadavre baignant sereinement dans les eaux closes du sous-marin, depuis des années... Pureté, décomposition lente et liquide, confusion d'un esprit maintenant informe qui n'a toujours pas compris pourquoi son corps est décédé...)... Mais franchement, tout cela resterait plutôt des représentations personnelles ou des détails assez anecdotiques, car au niveau strictement musical peu de choses peuvent réellement laisser penser au meurtre ou a des choses relativement intenses...
Il n'y a pas tellement de choses ayant un réel impact émotionnel, le tout crée pas mal d'ambiances qui enrobent correctement (A condition de généralement faire l'effort de s'y plonger), mais même si plusieurs sont sympas et assez fortes pour se dévoiler naturellement à l'auditeur pas complètement convaincu, il y a quand même pas mal d'impressions négatives sur des choses importantes... Comme un manque de substance, de contenu, un goût de répétition, une apparition de l'ennui... C'est de l'ambiant vraiment tranquille, lent, étiré sur la longueur et à peine dynamique (Dans la mesure ou l'on peut parler de dynamique pour ce mélange de sons abstraits), donc il faut vraiment avoir envie d'écouter ce style pour apprécier.
Mick Harris a fait bien pire dans les musiques ambiantes dénuées de dynamique, minimalistes, répétitives sur plusieurs dizaines de minutes... Mais même s'il y a ici de bons moments, ce projet reste globalement une curiosité... à moins d'être un gros cramé (Et possessif) de ce type d'ambiant.
A réserver aux gros fans d'abstraction musicale.
Décembre 2006

10/12/2007

STAHLMANTEL - "Satan snuff machine" CD. 2007

Le black métal tournant fortement en rond a de plus en plus tendance à voir ses rejetons s'immerger dans l'industriel afin de proposer quelque chose de différent, de moins répétitif... Malheureusement le résultat est souvent léger, l'industriel n'apparaissant que via quelques samples ou boites à rythmes, sans vraiment prendre possession du spectre musical majeur...
Mais nous sommes ici en présence du projet parallèle d'un membre de BETHLEHEM qui semble plus intéressant, car il va un peu plus loin, ou du moins prend le problème dans un autre sens. La musique est à la base composée de parties électroniques (Soit rythmées, soit plus ambiantes) sur lesquelles sont greffés des vocaux criards typiquement black métal et quelques parties de guitare.
Globalement, le disque prend une tournure dark electro assez simple, pas très éloignée de DAS ICH, avec des petites plages dark ambiant assez pures s'encastrant entre ou dans les morceaux. Il est plus question de black métal de par l'ambiance et l'état d'esprit que d'un point de vue musical strictement technique.
On pense à un futur cybernétique givré dans le temps, ça sent le renfermé bien froid et grisâtre, l'ambiance se veut décadente et sombre tout en touchant à une forme de grotesque. Quelques atmosphères rappelleraient EMPEROR ("IX Equilibrium") en moins chaud et moins enjolivé alors que des parties symphoniques feraient presque dans le DAS ICH de "Anti'christ" (Mais en moins orchestré et moins complexe) alors qu'on tombe presque dans la techno indus sur quelques titres... Mais au bout de quelques morceaux les idées tendent à être moins intéressantes et je trouve le côté dark eléctro un peu léger (La programmation et le jeu rythmique auraient pu être plus fouillées... Peut-être que cette simplicité serait volontaire et viendrait souligner un côté grotesque, faisant ainsi penser à la danse chancelante d'une sorte d'épouvantail mécanique à 3 pattes, mais plus de densité ne m'aurait pas déplu).
Un disque sympa qui contient des idées intéressantes, mais il n'est pas essentiel... Peut être à considérer comme le maillon d'une chaîne qui nous mènera vers quelques chefs d’œuvres, une fois le style "Black indus" ayant assez évolué…
Decembre 2007

ALICE COOPER - "The eyes of..." CD. 2003.

Après plusieurs albums de métal "moderne" pas très enthousiasmants et plutôt forcés qu'autre chose, ALICE COOPER revient à un style plus proche de ce qu'il faisait au milieu des années 70s. C'est plus rock'n roll, plus garage (Quoique bien produit), presque du hard rock par moments... On revoit parfois un groupe de rock'n roll écumant les bars et n'hésitant pas à réquisitionner l'orchestre local pour quelques titres (Cuivres, piano bar...).

Malheureusement on ne retrouve pas le côté sombre du Alice d'antan (Qu'il avait ressorti en 1994, à l'occasion de "The last temptation") et certains moments de rock (Tentés aux glam 70's) auraient un côté trop joyeux pour les amateurs du Alice Cooper avec deux "O" (Pour ne pas dire autre chose). Le chant de Vincent Furner est toujours proche du grain qu'il avait antan, d'ailleurs c'est surprenant.
L'album contient 13 morceaux, on a droit à de bonnes choses (Refrains accrocheurs, riffs assez bien sentis) et de moins bonnes (Morceaux trop classiques, manque de surprise ou de réelle implication personnelle des musiciens (De session?).
Cette livraison 2003 de Alice se situe à des années lumières de son côté touche-à-tout des 70's, mais est encore plus loin des influences modernes qui ne lui convenaient pas... Un album assez honnête qui pourrait plaire aux fans du style, même si ce n'est pas l'Eldorado et que les pépites d'or gisent en nombre plus important dans d'autres mines d'or plus récentes... Un peu moins d'eau dans le whisky aurait fortifié le goût, mais pour une sorte de retours aux sources de l'arôme c'est déjà pas trop mal... Ca se laisse écouter tranquillement.

Decembre 2007

DAVID BOWIE - "Reality" CD. 2003.




Cet album est relativement proche de "Hours", mais l'état d'esprit semble plus ouvert vers l'extérieur, plus "frais", comme un essai sur la petite histoire d'un citoyen sage, mais néanmoins pas dénué de rêveries ou d'imagination restant ancrées dans la société. David Bowie évolue ici dans une pop assez légère, dont les petites qualités ne se situent pas dans l'intensité émotionnelle, mais plutôt un certain savoir-faire donnant des morceaux qui sonne globalement bien, des sons et effets convenant aux titres et une petite fraîcheur sympa.

J'ai l'impression que certains titres bien partis ne sont pas aboutis, comme si les musiciens s'étaient un peu pressés durant la composition.
Les morceaux sympas que j'en retire: "Never get hold" et son refrain me faisant penser à une fontaine de vie intarissable; "The loneliest guy" sonnant comme la complainte d'un être enfermé et déprimé ou "Looking for water" et son refrain amusant.
Malheureusement, l'histoire du citoyen modèle (Que certains appelleraient également "Geek" vu le côté assez léger de l'ensemble, rappelant une ambiance Internet bien propre) ne dure pas la totalité de l'album, mais un peu moins de la moitié. Le reste des morceaux ne suit pas vraiment le même style et donne un peu une impression de fourre tout, de chutes de studios qui sont globalement moins "marquantes" ou travaillées (Quoique "Try some, buy some" partait en bonne voie et que "Reality" est assez rock'n roll tout en retrouvant une façon de chanter assez tragique).
"Reality" est un album presque anecdotique dans la discographie de Bowie qui a enregistré des choses bien plus intenses, mais une écoute assez répétée m'a fait apprécier plusieurs morceaux qui correspondaient bien à ce que je ressentais durant un long CDD, donc voilà...

Decembre 2007

PLACEBO EFFECT - "Galleries of pain" CD. 1992.

Tous les remèdes et plaisirs proposés par la société n'auraient donc qu'un effet placebo, n'arrivant jamais à apaiser voir à satisfaire le mal-être profond ou crises antisociales psychopathes aiguës... "Comment survivre? Comment survivre?" Se sont peut-être demandés les membres de ce projet obscur sympathique. Ils en seraient arrivés à lentement créer leur propre groupe, qui même s'il a eu une durée de vie relativement courte, aura quand même réussi à signer sur Danse Macabre et sortir 3 albums.

Le disque dont nous allons analyser les effluves est le deuxième, il proposait une électro indus ambiancée, un peu comme si le SKINNY PUPPY de la grande époque calmait radicalement ses pulsions schizophrènes en rencontrant TRISOMIE 21, et gardait quelques souvenirs des tous premiers FRONT LINE ASSEMBLY.
En effet l'ensemble n'est pas particulièrement torturé, mais plutôt sombre, avec une petite touche gothique. L'ambiance n'est pas froide, elle réchauffe et rassurerait presque... Même quand le vocaliste se veux plus agressif via le biais de vocaux saturés à la Skinny Puppy, le rendu reste cool... Peut-être à cause d'influences plus softs et moins déglinguées qui vont chercher dans les 80's et ses cold wave, dark wave... ou emballent le tout dans des synthés de type "choir" qui ne sonnent pas agressifs.
Il y a des points négatifs, comme le rythme trop linéaire sur la durée d'un morceau (Même si les samples et synthétiseurs sont variés, eux, un peu de diversité rythmique en plus aurait été bienvenue), certains synthés ou samples améliorables (Comme un échantillon de classique utilisé par LAIBACH six ans plus tôt...)... Ca semble assez évident que PLACEBO EFFECT n'étaient pas des techniciens acharnés ou des génies du séquenceur, d'un point de vue objectif il n'y a rien de "Over the top"... Mais voilà, ce disque se laisse écouter tranquillement, et l'ambiance qui s'en dégage fait du bien! Sans se prendre la tête sur des comparaisons avec les géniteurs du style ou des qualités techniques, il y a de quoi passer de bons moments d'embaumements. Un groupe cool pour les gros fans d'électro indus qui auraient besoin de produits de substitution moins puissants, afin de ne plus trop péter les plombs ;-)

Décembre 2007