20/08/2008

DIE FORM/ ASMUS TIETCHENS - "Face to face vol.1" LP. 1988.

C'est déjà bien plus intéressant et proche du délire que le MCD de "remixs" de 1999 chroniqué ailleurs sur ce site... Ici DIE FORM nous proposaient 4 pistes enrobées sous le nom global de "Animal instinct"... Tout débute par des bruitages et ambiances un peu expérimentales du style "Je vais te faire peur": Bruits souterrains, crissements de portes, samples non identifiés... Puis ça devient plus industriel: Une machine répète inlassablement son bruit qui devient obsédant et nous rappelle certains vieux LAIBACH. Dans le style, j'ai entendu plein de choses sorties depuis, c'était assez souvent aussi bien voir mieux, mais ça reste correct (Et vu les moyens de l'époque...). Ensuite nous voilà dans un EBM bien hyper-actif et aux rythmes qui changent sans arrêt: C'est la fête des nerfs sensibles, les portes en acier grincent à souhait et le métal crisse avec plaisir. On ne s'ennuie pas, c'est presque amusant.
Enfin ils ont du se dire que faire autant danser l'auditeur n'était pas sérieux, et qu'ils se devaient de lui remettre la tête dans des lieux plus souterrains ou les sons restent moins facilement identifiables... Alors, je me laisse imaginer les sous-sols d'un ancien abattoir ou les fantômes des cochons se vengent avec leurs cris ralentis (Qui font un peu drone sur les bords): "Non! Propriétaire de ce nouvel appartement! Les cochons veillent et tu ne dormiras pas!"... Ils mettent même en route les anciennes machines à découper le gras et font péter les durites des polaroïdes, pour nous faire plonger dans un petit délire pas si loin de NINE INCH NAILS (6 ans avant que le fameux "The downward spiral" sorte... Ils sont forts ces cochons). Et pour conclure, petit détour dans l'usine du coin pour quelques rythmes métalliques, histoire de bien se réveiller...


L'autre face du disque est moins porcine, plus abstraite. Suivant les époques ce style pourrait prendre quelques qualificatifs divers comme "Drone", "Ambiant", "Expérimental", "Musique mathématique"... Ca se laisse écouter, et l'aide de quelques trucs verts qui se fument doit aider à rentrer dans cet amas de sons répétitifs en constante variation... Mais bon, suivant l'humeur ça sera un peu trop space, conceptuel ou "amusical" pour moi... Comme je ne connais pas énormément ces types de musique, j'en profite pour traduire un petit passage du site DISCOGS qui sera sûrement plus précis: "Tietchens est un musicien électronique allemand qui cherche à faire la "musique absolue" en passant par un processus quasi mathématique d'exercices formels rigides. Il se spécialise dans les patterns irrégulières de l'abstraction sonore qui sont suspendues en drones gris afin de créer des textures froides de vide...".

DIE FORM - "Rain of blood" MCD. 1999

Sans être un gros connaisseur du passé discographique de DIE FORM, je peux dire sans trop de risques que leurs antécédents sont plus intéressants que ce "Rain of blood"... Mais ou est le problème me direz vous? Sûrement dans le fait que le groupe délaisse un peu le travail de son dark electro au point de tomber assez souvent dans une dark techno simple, voir simpliste... Rythmes simplets et binaires, sons pas forcément adéquats (Grosse caisse techno trop ronde, caisse claire qui faire "crack" comme dans les hits dance de 1996) ou travail des samples qui me semblent bien bof... Ca vient peut-être du fait que ce MCD semble composé de 'remixs' ou versions retravaillées (Il y a trois versions "numéro 2" et un remix "Download version"), mais le résultat est là: La moitié des titres me gave... Entre l'impression de "tuning pour gothiques" sur deux pistes et la chute dans le cliché KRAFTWERK en moins bien sur deux autres, il ne reste déjà plus que 2 pistes... Mais heureusement elles passent mieux: Soit "Rain of blood" (Dark electro correct, un peu comme un DAS ICH en vacances, avec un chant féminin qui rend pas mal) et "La jeune fille et la mort 2" (Qui débute en symphonique/ Orchestral à la ELEND pour muter en dark electro avec des nappes à l'esprit typiquement 80's).
Ce n'est pas un disque que j'aurais trop envie de réécouter... Le groupe semble ici trop souvent tomber dans la facilité de l'electro techno "easy listening", alors qu'il savent faire des choses plus intéressantes avec le dark electro ou les influs gothiques 80s... Conclusion: Evitez les disques de remixs de DIE FORM et écoutez plutôt leurs vrais albums, ils contiendront sûrement les bonnes versions des morceaux et pas des bidouillages avec 3 fois moins de saveur...

14/08/2008

NEVERMORE - "Nevermore" CD. 1994.

A cette époque on commençait à ressentir une évolution du Heavy metal qui prenait dans certains cas une approche plus moderne, jetait aux orties les excès et dérives du passé (Plus de paillettes, plus de star-system, plus d'amusement trop puéril ou de musique relayée au second plan...). Certains ont du réfléchir au sens initial de "Heavy metal" et se dire que ce c'était pas une musique de plaisantin et qu'il y a bien plus important que de faire les cons... Ainsi ce premier album de NEVERMORE offre avec puissance et lourdeur une vision adulte d'un monde dur, ressenti avec douleur... On voyage dans les ressentis personnels profonds du groupe, donc l'ambiance est sombre.Les musiciens savent jouer; Certains riffs sont quand même à un certain niveau, tout comme des parties solos qui foudroieraient presque... Mais le groupe utilise son bagage au profit d'une musique jamais démonstrative qui reste globalement variée. (Il y a par exemple quelques titres plus rapides, presque influencés thrash metal, qui bottent le cul à l'aide de riffs excellents).Les vocaux sont lyriques, chantés mais puissants, avec variété et personnalité... Aucun ne sonne niais ou surfait, et certains sont vraiment excellents...Certains thèmes me rappellent le METALLICA d'avant la prostitution au dieu dollar, alors que KING DIAMOND semble avoir été une forte influence à plusieurs niveaux, mais c'est bien digéré... Certains passages lourds sont peut être un peu trop communs quand on y réfléchit...NEVERMORE nous a sorti un premier album qui pouvait déjà faire pas mal d'envieux: Aucun titre n'est mauvais, certains sont terribles, et l'ensemble passe tout seul... Ce fut sûrement l'album le plus personnel du groupe (Comprendre personnel dans l'ambiance et l'état d'esprit). Un fan de heavy puissant et tragique passerait à côté de quelque chose...On notera qu'il leur aura fallu plus qu'une paire d'années de travail et d'acharnement pour arriver à leur niveau de reconnaissance actuel... Le public ne semblait bizarrement pas trop concerné...
Novembre 2007

MELEK THA - "Perfect world eradication" CD. 2003.

MELEK THA est un nom assez reconnu dans la scène industrielle, le projet ayant sorti une quantité assez impressionnante de musique depuis ses débuts (Qui remontent quand même à plusieurs années avant l’avènement d'Internet). D'après les échos et les articles que j'avais lus dans la presse métal "Spécialisée", ce projet aurait tout d'inquiétant, voir d'effrayant et mettrait grandement en danger notre santé mentale... Ca tombe bien, un peu de remue-ménage dans un cerveau trop engourdis ne ferait pas de mal...

Sur cet album, le concept semble être l’effacement total de toute trace d'humanité, via un voyage dans l'intérieur de notre planète, dans ses zones les plus biologiquement "actives". On pourrait dés lors s'attendre à quelque chose d'apocalyptique, explosif et totalement destructeur... Mais la civilisation ne semble pas déranger le procréateur dans des proportions intenses: Le rendu est plus hypnotique, dépouillé, assez calme.Je pourrais qualifier le style d'ambiant relativement noisy, avec quelques touches industrielles et une tendance pour le drone.

Les sons utilisés donnent par moment des textures de voyage dans les souterrains, dans l'infiniment petit, ou on pourrait imaginer que même les particules à la base de la vie seraient annihilées. Certaines nappes répétitives donnent un petit goût rituel à l'ensemble, nous emmenant vers quelques cavités infernales minutieusement cachées par de grands prêtres sectaires, afin d'y immoler leurs innocentes victimes une fois les entités astrales correctement alignées... On s'imagine dans d'anciennes villes souterraines oubliées, et pourtant situées exactement en dessous d’implantations urbaines actuelles... On touche alors à quelques manivelles qui remettent en route d'anciennes machineries... Dégrippage lent et grinçant de dizaines d'années de rouille... Siphonnage de cuves macérant avec amour… Remontée lente des eaux sinueuses de la purification... Les bouches d'égouts vous mèneront à votre perte, sociétés occultant votre passé primitif!

Trèves d'interprétation personnelle et d'imaginaire un peu forcé; A un niveau strictement musical je suis assez surpris par le dépouillement de l'ensemble: Le travail sonore n'est pas très dense ou étoffé, le projet se contentant souvent de superposer quelques vocaux et samples sur une boucle noise industrielle ou un bouillon sonore noise relativement relaxant... On reste quand même un certain moment sur ces "boucles" qui, même si elles restent relativement propices au développement de l'imaginaire, finissent pas prendre un goût de répétition... Plus de dynamisme et de surprise dans les structures ou l'utilisation des samples aurait été un plus indéniable... (Il faut le dire, parfois on s'ennuie!). Je ne suis pas convaincu que l'ensemble atteigne des niveaux émotionnels très intenses: Même s'il y a une petite ambiance ou un esprit dans la plupart des moments, les indicateurs ne sont jamais arrivés proches du rouge ou de l'orange...

C'est un album moyen, qui m'a fait son petit effet durant les premières écoutes (S'étant déroulées dans des conditions optimales de réceptivité), mais je craind bien que "Perfect world eradication" n’entraîne pas l'auditeur de force dans des méandres hallucinatoires, à moins que le sujet ne le veuille vraiment ou ne déclenche certaines réactions à l'aide de substances... Il pourrait faire office de parfait fond sonore pour des soirées mystico-occultes; Mais tellement de choses ont été et sont encore faites dans ce style que je me demande qui pourrait vraiment accrocher, comme harponné par le point "G"... A réserver aux fans d'immersion et aux junkies de Dark ambiant qui ne peuvent vivre sans leur nouvel album quotidien coupé à la fumette...Je suis assez déçu par MELEK THA; Pour un projet aussi "connu" on pourrait s'attendre à quelque chose de plus puissant et personnel... Peut être que d'anciens albums seraient plus retournants...
Septembre 2007

LITTLE GIANT DRUG - "Prismcast" CD. 2000.

Certains membres de NAPALM DEATH sont connus pour leurs multiples projets parallèles explorants des styles musicaux assez éclectiques. LITTLE GIANT DRUG est un des moins connus au sein de la scène métal, probablement car le style de musique n'a rien d'extrême ou de sombre.

Plutôt qu'un projet parallèle, L.G.D. semble être le groupe de deux musiciens auxquels sont venus se joindre Mitch Harris (2 ème guitare) et Shane Embury (Basse), afin de proposer trois quarts d'heure d'une musique lorgnant fortement vers un rock alternatif assez aérien, presque pop dans ses moments les plus calmes.

Le style est relativement proche des SMASHING PUMPKINS, on est à des années lumières de NAPALM DEATH, mais on reconnaîtrait presque certaines guitares aériennes (Pouvant sonner comme le plus soft et plus léger de GODFLESH) qui apparaissaient sous une forme plus puissantes dans les compos métal extrême de Mitch Harris à cette époque... Il y a aussi quelques rythmes groovy presque Hardcore et certains réflexes de composition qui restent perceptibles... Mais ces éléments restent minoritaires à la vue de l'ensemble qui évolue entre des climats rock alternatif, pop indie, grungy très calme... L'ensemble reste léger et dégage une ambiance positive (Lorgnant presque vers la béatitude par moments). Le côté aérien est reposant.Je pourrais citer quelques groupes comme HELMET (Le plus calme de "Betty"), mais l'ensemble a quand même une approche beaucoup plus "Rock pop", notamment pour les vocaux chantés de façon claire (Ne sonnant d'ailleurs pas toujours très bien).Je regrette le son de batterie triggé et un peu trop claquant qui ne colle pas au style.

"Prismcast" est un album plutôt bien construit, qui se tient et dégage une petite ambiance sympa, mais il manque à la plupart des morceaux quelques chose de génial, marquant, ou d'émotionnel qui tente de nous retourner... C'est en ce sens que LITTLE GIANT DRUG ressemblerait plus à un projet parallèle, qu'un groupe composé de musiciens totalement investis."Prismcast" pourrait être intéressant pour les fans de NAPALM DEATH, ou les gros fans du style, mais il le sera sûrement moins pour les autres...
Septembre 2006

IRON MAIDEN - "A real dead one" CD. 1993.

1994, le métal commence à partir en couille alors que je viens de le découvrir! Heureusement certains anciens tiennent bon et continuent de sortir des bons disques qui ressemblent à quelque chose qu'on a envie d'écouter.Je crois que c'est avec "A real dead one" que j'ai découvert IRON MAIDEN, la pochette attirait vachement l'attention et je m'attendais à un truc qui déchire! Ne pas l'acheter aurait été difficile...Play. La foule hurle, et c'est parti pour "The number of the beast"! Directement l'ambiance rouge et brûlante explose, passionne et reste présente quasiment tout le long... Le groupe avait le don de retranscrire des sentiments et émotions connus de tous, qui accrochent rapidement, de façon instinctive sans intervention du cerveau... Le truc vraiment passionnant! Le disque enchaîne morceaux entraînants et bien burnés à la suite, il n'y a quasiment que des hits épiques qui fonctionnent directement, c'était le mélange parfait pour accrocher directement un mec à peine âgé de 14 ans.Guitares entraînantes, polyphoniques, mélodiques mais énergiques, morceaux aux structures assez complexes (Du moins plus que le hard ou le heavy classiques) avec de nombreuses feintes, breaks et changements qui rendent le tout plus vivant, avec des rythmes cools, un chant à la fois lyrique et assez puissant, une basse cool qui ne suis pas exclusivement les guitares (Si c'est pas l'inverse)... Enfin partir dans l'analyse d'un groupe comme ça serait un peu vain comme on connaît quasiment tous (J'espère!)... Mais à la réécoute attentive, je suis quand même assez surpris par ce qu'on s'est habitués à écouter avec les sorties actuelles, alors qu'il existe déjà des disques incroyablement mieux foutus à tous les niveaux... J'en reviens pas! (Une bonne partie des groupes de métal "originaux" actuels ne proposent pas grand chose de plus que quelques variations, adaptations ou mises à jour de thèmes et idées qui ont déjà passé la majorité... La scène métal serait-elle condamnée à s'auto-aveugler pour mieux se surprendre?)Certains préfèrent "Live after death" voir "A real live one" car le son est meilleur, ou pour d'autres raisons pas toujours très intéressantes, moi c'est "A real dead one" qui m'a botté et me botte encore le cul, car il contient surtout des morceaux des premiers albums, basés sur l’énergie et que ça transpire! On s'en fout que le son ne soit pas parfait, ce qui compte c'est l’énergie qui en ressort et la participation du public (Parfois frissonnante). Et après tout, pour avoir un son parfait il vous reste les albums studios...Pendant une longue paire d'années j'ai préféré le NWOBHM, et particulièrement IRON MAIDEN, a la plupart du Hard rock ou du heavy metal classiques car le style était beaucoup plus développé, riche, varié, à fleure de peau... Moins terne dans certains cas, ou moins répétitif (Le hard 70s à tendances bluesy ne savait plus que se bouffer la queue à une époque)... Puis les goûts changent un peu, voir beaucoup...Si seulement quelqu'un pouvait passer et album en boucle à la radio... Je suis sur que ça décrasserait une bonne série d'oreilles! Que de nombreux fans boycotteraient tout ce qu'on ose leur vendre comme du "métal trop bien, original, révélation et blah blah"... IRON MAIDEN c'est excellent, mangez-en!! En plus le groupe existe encore et ce qu'ils font actuellement est plutôt pas mal, même si c'est plus aussi bien...
Mars 2008

GODFLESH - "Streetcleaner" CD. 1989.

Bienvenue dans le deuxième album d'un musicien (J. Broadrick) plongé dans un monde dépressif, chaotique et urbain, qui a rapidement crée son propre style déshumanisé, mécanique, corrosif et tourmenté. C'est simple, avant GODFLESH, peu de groupes utilisaient ce type de guitares dissonantes, de riffs si mécaniques, et il a fallu plus qu'une paire d'années pour que le style de GxFx soit vraiment compris, émulé et qu'il transparaisse vraiment dans de nombreux enregistrements.Cet album de GODFLESH, le «nettoyeur de rues», est un des plus chaotiques, destructeurs, presque dans un esprit cyberpunk ou tout brûle, ou les fondements de notre société partent en éclats (La pochette convient très bien d'ailleurs).Le style du groupe est basé sur les guitares, le côté industriel transparaissant dans les rythmes machinaux, les guitares jouées de façons mécaniques, robotisées, déchirées, dans les vocaux déshumanises et dans l'ambiance corrosive.On passe aussi bien de l'envie explosive de tout faire péter, à de l'hallucination presque démentielle sur la société actuelle, de la profonde dépression, à de la torture corrosive pure et simple.C'est un des albums de GODFLESH les plus proches du métal extrême (Dans l'ambiance et l'état d'esprit) qui serait peut-être le meilleur afin qu'un gros amateur de métal fasse une première approche.Par la suite, le groupe a évolué d'album en album, en passant par du plus froid et déshumanisé, prenant une approche plus lourde teintée d’électronique, en faisant un détour par l’hôpital psychiatrique…GODFLESH n'est jamais resté statique et figé dans le temps... Un bon exemple serait le split assez récent du groupe, Justin Broadrick partant former JESU afin de jouer un style beaucoup plus calme, (anormalement?) très détendu et peut-être plus aérien.Ecouter plusieurs albums de GODFLESH serait presque impératif pour comprendre d'ou vient le métal actuel, au sens large. Ecoutez les originaux, pas les copies.
Juin 2006

FRONT LINE ASSEMBLY - "Millenium" CD. 1994.

Alors que FRONT LINE ASSEMBLY avaient déjà sorti plusieurs excellents albums d'éléctro indus, et auraient pu la jouer tranquille comme pas mal de groupes commençant à avoir un succès réel, ils en remettent une couche en accueillant l'élément guitare dans leurs morceaux impressionants.La particularité de cet album est d'avoir des guitares souvent bien présentes, soi sous forme de samples (METALLICA, PANTERA, SEPULTURA) soit en empruntant les services de plusieurs guitaristes (Dont Devin Townsend); et le groupe ne se contente pas de nos faire une sorte de vague remix electro rock metal, ils nous ont rebâtit des nouveaux morceaux autour de ces guitares mécaniques, et le résultat est doublement excellent!On passe de l'éléctro indus sombre excellente, à de l'industriel plus guerrier, parfois tribal; on baigne dans des visions presque hallucinées et dans un futur apocalyptique (L'expression "Cyber punk" n'a pas si souvent bien collé). C’est un bon résumé intense de tout ce qui me botte dans le métal indus et l’indus electro!Quelques morceaux plus calmes permettent à l'ensemble de gagner une diversité appréciable pour des écoutes en boucle.Je vois franchement très peu de choses à reprocher à cet album... A part (En pinaillant) quelques passages un peu mous, des vocaux rapés pas transcendants sur un morceau... Et une deuxième partie d'album un peu moins intense... Vraiment très peu de reproches, on touche à l'excellent de A à Z! Achètes le ou créves!
Aoui 2006

FOETUS - "Gash" CD. 1995.

Le membre principal de FOETUS, J.G. Thirlwell, évoluant dans de nombreux projets plus ou moins déjantés, faisant régulièrement des remixs, il est assez productif... De quoi faire peur au potentiel auditeur quant à la qualité moyenne de l'ensemble, celle-ci rimant rarement avec qualité... Mais "Gash" est pas mal. Fan d'indus métallique "old school", télécharges le, c'est pas mal!

Une des particularités de FOETUS est de jouer un métal indus assez déjanté dans l'esprit, mais d'une façon pas aussi disjonctée et déchirée que certains groupes d'indus plus extrêmes ou introspectifs, l'approche ici serait une sorte de mélange entre une folie rock'n roll et une extravagance propre à certains groupes d'indus (voir de goth de la première vague).On notera que le triturateur de sons s'amuse à inclure dans ses morceaux divers samples assez bizarroïdes pour du métal indus, ce qui apporte un petit plus au côté "déjanté", ou volontairement kitsch pour mieux provoquer... On peut retrouver de l'harmonica, des instruments à vent, de vieilles guitares sèches bluesy foireuses, des sitars...

Le morceau marquant de l'album est sans aucun doute "Mighty whity": Un bon titre métal indus à la MINISTRY, avec un sample basique, entêtant, m'évoquant un début de folie bien concret et ancré dans la société (Comme résultant d'une overdose de stress "mondain", ou accumulation forcée d'une multitude de choses complètement inutiles), les gros coups d'instruments à vent à la LAIBACH (1ère époque) donne une impression de puissance pré-apocalyptique (comme si tout allait péter dans la seconde), et l'ajout de saxos est le bienvenu. Un super morceau que je me suis plusieurs fois amusé à passer en boucle! héhé

"Hammer falls foetus" sonne comme du NINE INCH NAILS (des débuts), fornicant avec un DEVIN TOWNSEND assez délirant dans un harem indien ou les sitars seraient présentes à foison. Avec là aussi quelques saxos sympathiques.

"Verklemmt" est plutôt moyen, mais pas mal: une sorte de NINE INCH NAILS (des débuts) pour le côté accords de guitare en avant avec un chant typé "Hit rock/ radio friendly", quelques touches de vieux PITCH SHIFTER et quelques rythmes plus dansants.

Certains moments donnent une impression de vieux indus un peu foireux (Comme tous styles, l'indus vieilli... surtout quand son efficacité est basée sur les samples...) mais dans l'ensemble ça reste correct pour le fan.Cet album me donne un peu l'impression d'un mec qui a voulu s'amuser avec certains clichés rock pour les défragmenter, ou en faire ressortir toute la niaiserie.

"Gash" contient autant de moins bon que de bon, des expérimentations bizarroïdes, des trucs assez moyens, voir presque ennuyeux, mais aussi plusieurs morceaux valant leurs lots de cacahuètes au cyanure qui risquent de plaire aux fans d'Indus métal ayant un sens de l'humour assez disjoncté.
Juillet 2006

DIE KRUPPS - "Metall maschinen musik" CD. 1991.

Pour de nombreux métalleux, DIE KRUPPS garde l'image d'un groupe métal indus assez dur, assez puissant, qui a au passage de ses expérimentations retraffiqué des morceaux de METALLICA... Mais peu semblent connaître la première période du groupe qui n'avait rien de métal ou de vraiment industriel...Cette compilation, une sorte de rétrospective, fait donc office de surprise au sein de mes oreilles qui espéraient quelque chose de dur, froid, et fortement mécanique (A l'image du côté industriel de base auquel fait fortement penser leur nom, qui fut dérobé à une famille de patrons industriels allemands, les Krupps...).Une partie des morceaux évolue simplement dans l'EBM, suivant un style proche des premiers FRONT 242 en moins touffus, plus simple... On est donc pas si éloigné de la techno. La production est fine, assez froide, et ça fonctionne plutôt pas mal.Une autre partie des titres évolue dans la pop électronique rappelant le KRAFTWERK de la période "The man machine", du DEPECHE MODE (Avec une petite touche darkwave)... Ou sonnant vraiment kitsch dans la pire des positions (Aïe Aïe).J'ai globalement un avis mitigé quant à cette rétrospective: Les morceaux vraiment EBM sont pas mal, certains titres pop électronique sont Ok grâce à leur petit côté robotique ou relativement noir, mais d'autres plus pop ont du mal à passer (Aïe)... Sans parler de thèmes ou choix de sons qui ont vieilli en congélation instantanée et sonnent presque marrants (L'album "Entering the arena" semble à éviter).D'après les infos que j'ai pu glaner, le groupe aurait été important au niveau national, sans être particulièrement révolutionnaire ou inspiré de façon géniale. Je dirais que cette compilation me donne l'impression d'un groupe de seconde zone qui faisait les choses plutôt bien, mais avec une fixation sur la "gloire", le "succès" qui les faisait tomber dans des tunnels assez douteux (Aïe Aïe Aïe)
Novembre 2007

DANZIG - "Thrall-Demonsweatlive" MCD. 1993.

Ce MCD m'avait fait découvrir DANZIG à l'époque, la pochette efficace de Bisley ayant pas mal aidé à attirer mon attention. Il est composé d'une "face" studio (Thrall) et d’une "face" live (Demonsweatlive), contenant respectivement 3 et 4 morceaux.
Les titres studios (2 originaux et une reprise) sont dans le style habituel des premiers albums de DANZIG: Une sorte de hard rock sombre assez simple, avec des touches blues, rock'n roll (dans les gammes) et les vocaux de Glen Danzig apportant pas mal de personnalité à l'ensemble: Le petit colosse sur patte, ou boule de muscle pour les intimes, a un chant assez profond, il n'hésite pas à gueuler, à "vocaliser", et se retrouve assez souvent dans des sentiers croonesques proches de Jim morisson.L'ambiance globale qui ressort des albums de DANZIG est assez noire, évoquant des sentiments comme le blues, la rumination, le broyage de noir, mais sans jamais tomber dans l'extrême.Leur musique est assez basique, un peu comme une sorte d'AC/DC en plus noir et un peu plus dur, c'est d'ailleurs assez étonnant de pouvoir faire quelque chose de si simple qui fonctionne (Peut-être en grande partie grâce aux vocaux).
Les morceaux live montrent une facette de DANZIG qui n'apparaissait pas sur leurs premiers albums plus froids, presque cliniques, comme des statues de pierre dont des nuages de carbone presque rock'n roll s'échapperaient à foison... Le tout est ici plus énergique, on sent que ça transpire, Glen Danzig pousse encore un peu plus sur ses cordes vocales, et le hard rock du groupe prendrait presque une tête cornue de heavy metal teigneux.Le choix de ces morceaux live est plutôt bon; "Snakes of christ" et "Am I demon" sont des morceaux de hard efficaces, "Sistinas", moins évident pour le hardos, est une sorte de ballade permettant de faire ressortir le côté crooner (Le petit truc sympa est là, dans le vocaux, mais il faut encore apprécier...), et "Mother" était le "Hit" qui a permis au groupe de toucher un peu plus que des fans de hard/ heavy convaincus. (Le côté crooner du heavy me fait assez délirer sur ce morceau).
C'est un bon petit MCD qui serait pas mal pour découvrir le groupe, et qui a sûrement bien fait son travail d'encas tout à fait correct à l'époque.
Aout 2006

CUT THE NAVEL STRING - "Takis" CD. 1995.

A cette époque, la presse métal classait par défaut tous les groupes étant un peu tordus et novateurs dans la case "Indus", il y a des chances que si "Takis" était sorti en 2006, CUT THE NAVEL STRING se serait retrouvés dans un tiroir hardcore chaotique, voir neocore truc machin...Leur style n'est pas définissable en trois mots. Ils proposaient un mélange d'influences venant d'horizons assez différents.Ils n'avaient rien d'industriel dans la forme (aucune machine n'étant présente ici) mais dans la façon de jouer les riffs (parfois machinaux, déstructurés, chaotiques dépressifs), dans l'ambiance globale et dans un jeu de batterie parfois simpliste (qui ne proposait pas toujours ce à quoi on aurait pu s'attendre).Suivant les morceaux, le style évoluait aussi bien de l'industriel métallique, à du rock presque noise, de la new wave dark des années 80, une sorte de hardcore chaotique... Et on pense entre autres à des groupes comme PITCH SHIFTER ("Desensitized"), KILLING JOKE, un zest de GODFLESH (En beaucoup moins torturé quand même), du NO ONE IS INNOCENT du 1er album (qui aurait mangé un truc bien toxique et pas catholique), voir du VOIVOD (pour les riffs dissonants les plus thrashy)...Certaines expérimentations ont un peu vieilli, et ne sonnent plus très bien en 2006; quelques passages d'arpèges d'ambiance sombre traînent un peu en longueur... mais l'ensemble reste cohérent et appréciable... il suffit de se mettre en conditions, ce qui demande seulement l'écoute de quelques morceaux.CUT THE NAVEL STRING restait bien un groupe de "rock" avec une approche industrielle, un groupe qui n'était pas totalement engouffré, aspiré par le chaos et un feeling dépressif déshumanisé et destructeur. Le tout reste quand même relativement humain, et le carcan "rock" n'avait pas vraiment explosé (on peut le ressentir sur certaines parties de chant, de guitare, le jeu de batterie etc...). Dommage que le groupe ait arrêté après cet album, car suivre leur évolution aurait pu être intéressant... J'ai comme le pressentiment qu'ils auraient pu devenir plus abstraits, plus intenses, et vraiment faire peur à l'auditeur.Néanmoins, il en reste un bon album assez varié, avec une bonne ambiance et un côté chaotique plaisant. Plutôt à conseiller pour les fans du style, même si tout n'est pas accrocheur.

Mai 2006

LAIBACH - "M.B. December 21, 1984" CD. 1997.

Pour aborder ce disque dans les meilleures conditions, il faut peut-être oublier ce qu'on connaît des multiples facettes de LAIBACH: On plonge dans leurs premières années, les plus embaumées d'urgence et peut-être les plus militantes... On plonge dans trois enregistrements concerts de 1984 et 1985 qui eurent alors des goûts d'illégalité et d'interdiction, et qui montrent le groupe sous une de ses facettes les plus brutes et primaires...

Désinscris la folk, effaces l'indus metal, déprogrammes l'electro indus. Il y a peu de sampling, de rythmes "dansants" ou de mélodies accrocheuses. Musicalement on est plongé dans un industriel au sens quasi originel du terme: Primaire, martial, tantôt expérimental, tantôt bruitiste, sur lequel vient se greffer une clarinette improvisée qui donne un côté plus fou et instantané à l'ensemble. Il se dégage un chaos et une détresse frénétique assez impressionnants, le groupe est ici moins froid et calculé que par la suite, c'est plus brut agressif, la corrosion et la rouille acide deviennent des éléments dominants... On pense à un régiment qui marche parfaitement en rythme, à une usine complètement déglinguée qui continue de tourner malgré tout, à d'imposantes machines industrielles qui broient du métal et de l'humain...

Le livret remet en place de façon assez détaillée le contexte de l'époque: L’utilisation due nom LAIBACH était interdit en Slovénie et en toute la Yougoslavie, le groupe étant considéré comme trop politiquement provocant et utilisait illégalement la traduction allemande du nom de la capitale slovène (Ljubljana… Imaginez les réactions des élus locaux de votre ville, face à un groupe très provocant, proférant les pires insanités et pires horreurs, qui porterait le nom de cette même ville… Le résultat serait dans le même ordre, sauf qu’il y a 25 ans la liberté d’expression était moins large et que l’Europe de l’Est c’était vachement plus dur… Scandale sanglant et tentative de putsch dans les sous-vêtements!!). Afin de détourner l'interdiction légale et de pouvoir s'exprimer, le groupe décida de faire un concert de façon anonyme, en placardant des affiches sur lesquelles ne figuraient aucune indication autre que date, heure, lieu de l'événement ainsi qu'un logo ambigu en forme de croix... Heureusement les personnes concernées comprirent le message.

Ces enregistrements sont peut-être à prendre comme des documents de par leurs côtés assez dépouillés et "chaotiques", mais ils sont quand même appréciables et dégagent beaucoup plus de noirceur, de mal être et de rébellion que 95% de la scène underground actuelle... Ce n'était peut-être pas seulement une question d'inspiration, mais aussi de contexte social et politique cloisonnés, étriqués et suffoquants poussant les individus dans des sommets de rébellion... Vouloir reproduire ces sentiments profonds et pensées militantes dans un autre contexte serait en quelques sortes vain... En tous les cas les enregistrements "documentaires" restent présents, et font toujours leur effet quand l'emmurement est trop fort.

DIESELKOPF - "Dieselkopf" CDr. 2006.

Tiens une démo Métal indus dont le principal instigateur ne cache pas son goût pour le métal indus d'il y a une quinzaine d'années, tout en ajoutant quelques influences plus actuelles qui ne sont pas malvenues.

Ca débute par un premier titre ("Godman") me plaisant moyennement: Il est bâti autour d'un riff de guitare assez groovy mais aussi trop simple pour m'interpeller, en gros ça sonne comme du "Filth pig" de MINISTRY et comme je n'aime pas cet album... Heureusement ce morceau contient environ 60% d'autres éléments puisants dans des albums de MINISTRY un peu plus burnés: Les vocaux trafiqués ou certains breaks un peu plus percutants... C'est un titre "moyen moins" en ce qui me concerne.

Puis vient le 2ème morceau ("Walldrive") à l'intro plus synthétique et typique des débuts de NIN, qui voit apparaître un sample assez pur m'évoquant un mélange de trip hop et de jeux vidéos (Un peu comme sur certains trucs récents de KMFDM) pour par la suite prendre un goût de KILLING JOKE ("Pandemonium") avec les vocaux dégageant une certaine souffrance un peu hallucinée. Ce titre est un peu simple à mon goût, impression qui vient peut-être du rythme mid-tempo un peu "usé", mais en ajoutant quelques variations supplémentaires il y aurait de quoi booster l'effet. Globalement ce titre est pas mal, de part le côté jeu vidéo épuré et pour les vocaux assez torturés, un des mieux de ce CDr...

La troisième piste ("Hollowman") est typique de MINISTRY: Indus metal à vocaux distordus sous acide avec un refrain assez efficace et un petit côté punk.
Rien de neuf, mais dans le style ça se tient, c'est relativement percutant et ça fonctionnerait pas mal en boites...

Enfin le dernier titre ("Rickys hand") qui continue un peu dans le délire jeu vidéo du 2ème, prend une tournure plus dark electro des bons jours qui se verrait affecter un rythme de batterie assez enthousiaste (Un peu comme sur les premiers IRON MAIDEN... Oui c'est une comparaison qui peut sembler déplacée, mais qui colle parfaitement à l'impression de chevauchée héroïque... Puis le riff de guitare lyrique apparaissant après fait typiquement MAIDEN). Globalement ce titre n'est pas mauvais, mais il fait un peu trop "joyeux" à mon goût, j'aurais préféré un emballage un peu plus mécanique ou rythmiquement plus dur...

Globalement c'est une démo qui me semble assez honnête; Même si je n'aime pas tous les morceaux ou tous les éléments musicaux, DIESELKOPF montre qu'il a des bonnes idées ici et là... Reste à voir s'il y a encore un public pour ce style de metal indus cuisiné dans de vieilles casseroles, car DIESELKOPF n'est pas particulièrement aventureux quand il aborde des influences plus modernes...

BUDDHIST ON FIRE - "1945-Yama welcomes the dead of hiroshima". CDr.

Cette fois ci, le noise ne prend pas une des tournures les plus brutales et explosives qu'on connaisse. Non, ton petit corps castré ne sera pas gravement endommagé par des explosions stridentes ou déchirures orgasmiques de tôles automobiles, ça serait même plutôt le contraire comme ce CDr des "Bouddhistes en flammes" est assez reposant, il nous emmène quelque part dans les sous-sols d'un terrain radioactif pas encore trop dévitalisé. On reste relativement en surface, ce qui expliquerait peut être le pourquoi du bouillon noise restant assez calme (M'étonnerait que ça soit les laves du centre de la terre, c'est pas assez tourmenté), et on entend quelques explosions qui doivent venir du dessus, quelques rythmes assez mécaniques qui pourraient bien manifester la présence d'une usine de triage, et les oscillographes assez insistants pourraient bien venir des chercheurs qui scrutent le sol avec leurs vieux appareils pourris récupérés chez les Russes (Si ce ne sont pas des extra terrestres tout droit venus de films des années 50-60s?)... Tiens, vers la fin ça s’énerve un peu et les spermatozoïdes de la radioactivité tentent de vous bouffer la conscience, comme si votre cerveau était un gros ovule juteux qui n’attendait que ça, mais malheureusement pour ces petits inséminateurs bouddhistes, notre conscience a déjà été violée par des sonorités bien plus inquisitrices et insistantes… Donc ils se calment et le bouillon reprend son court pour une dizaine de minutes…
Quoi dire d'autre? J'arrive à écouter une partie de ce CDr sans m'ennuyer, mais il est assez répétitif et j'aurais aimé un peu plus de dynamique ou de changements (Si on ne considère pas le bouillon noise comme un changement constant, bien sur)... Se faire la durée de presque une heure c'était un peu dur quand même, mais je ne serais pas étonné que certains fans du style trouvent "Buddhist on fire" pas mal, sans en faire des folies...

INDUSTRIALNOISEMACHINE - "Goremerzbow" CDr. 2006.

Allez hop, une merde de plus. Y'en a qui font chier à se sentir obligés de sortir tous leurs projets parallèles les plus pourris...
Collectionnant des morceaux généralement moins longs qu'une minute, le projet "Industrialnoisemachine" (Vous remarquerez le nom tres inspiré) joue une sorte de fourre-tout éléctro-sample-extrême ou finalement peu de choses ont été fourrées... Je m'explique: Ce CDr sonne comme une "collection" de petites "improvisations" ou plutôt essais de début de morceaux collés à la suite... Allez je fais un petit essai de batterie goregrind, j'y colle 2-3 samples... Je garde!... Tiens et si je faisais un peu le mystique, je mets des vocaux de femme qui crie, un sample relativement noise qui part de gauche à droite... Je garde!... Tiens je suis d'humeur porcine, je grogne un peu dans le micro... Je met des samples de criquets pour donner de la profondeur... Je garde!... Tiens, le film a la TV était assez énergique, je me sents tout groovy, je programme un rythme drum'n bass, y colle quelques samples... C'est pas hyper carré, mais c'est pas grave, je suis fan de NAPALMED donc je garde! Tiens les morceaux de drum'n bass/ jungle à la fin ont l'air un peu mieux car un peu plus travaillés, mais bon c'est trop tard...
Voilà, en gros c'est tout ce qu'a à offrir ce CDr, voir un peu plus ou un peu moins suivant les affinités musicales ou extra-musicales... De là à y trouver de l’intérêt à un niveau strictement musical, faudrait pas abuser...

12/08/2008

SCORDATURA - "Pretty in a harsh way" MCDr. 2006.

Scordatura nous sort tous les éléments du harsh noise actuel: crépitements, saturations diverses et variées, larsens, ondulateurs qui partent en couille, bruits de téléphones, moments sursaturés assez puissants et autres... A la différence que ça change un peu plus souvent que chez ses voisins ayant tendance à rester assez longtemps sur le même trip... Ici ça fait un peu collection de nombreuses parties collées à la suite; Je n'ai pas saisi de cohérence spéciale, hormis le fait que ça s’enchaîne correctement.Certains moments sont pas mal, je pense aux trucs sursaturés assez puissants ou à certains effets qui pètent pas mal, alors que d'autres ne me font aucune impression d'utilité (Trop expérimental, ou trop vide)... Dommage qu'il ne développe pas plus certaines idées, car il y a des choses apparemment en bonne voie, comme par exemple sur le 3ème titre qui donne des petites impressions de descente dans une voiture endommagée qui se cabosserait le long d'une pente endommagée...Disons que globalement je ne suis pas spécialement impressionné; les trucs intéressants doivent être trop dilués au milieu du reste... Bien sur, il y a pire et ça reste écoutable, ça change souvent donc on ne s'ennuie pas vraiment, mais Scordatura a le potentiel pour faire mieux...

NOISEWERRRRK - "Amok" MCDr. 2007.

C'est une impression ou le niveau du harsh noise troqué sur format CDr baisse un peu plus chaque jour, au point qu'on en arrive à des gouffres de non-créativité?Du moins, ce que j'ai reçu dernièrement ne donne pas envie de chercher plus loin... Et je dois retourner plusieurs mois en arrière, dans mes piles poussiéreuses, pour trouver quelque chose de plus potable...NOISEWERRRRK pratique un noise classique, dont le but est une certaine "puissance", un remplissage sonore qui n'arrive ici néanmoins jamais à l'ultra saturation ou la violence complètement gratuite, car le style n'est pas explosif ou torturant, mais vise plutôt la création d'ambiances froides, concrètes, assez désertes, assez "lo fi" dans l'esprit sans l'être vraiment dans la forme, voir indus noise pour le dernier titre. Ca se laisse écouter, la dynamique de l'ensemble étant satisfaisante, mais rien de spécial ne marque l'auditeur pour la pousser à revenir... A part peut-être le dernier morceau plus old school qui est un peu hypnotique.

FLIGHT - "16" CD. 1998.

J'avoue que je vais encore me fourvoyer dans des mollasseries à l’intérêt un peu douteux, mais il y a si peu de visiteurs francophones sur ce site que je peux bien laisser couler un peu d'inutilité... De toutes façons le gros des visiteurs qui n'y comprennent rien ne verront pas la différence!Alors FLIGHT a tout du groupe de mecs en fin d'adolescence qui continuent de se la jouer pépère, et comme on est pas très loin du grunge, les influences enfumées se sentent encore... L'auditeur se croirait un peu dans le deuxième PEARL JAM, le 1er STONE TEMPLE PILOTS (Et non la suite!), c'est cool, tranquille, presque gentil de nonchalance, peinard... Celui qui écoute pourrait aussi se sentir un peu dans du LED ZEPPELIN, voir du URGE OVERKILL, mais c'est moins flagrant sur le gros de l'album. FLIGHT étaient peut être un peu portés fumette (Ca se sentirait dans certaines ambiances et états d'esprits un peu "flight") mais sans être défoncé au point de faire vrombir le riff qui plaque au sol... FLIGHT emballe tranquillement, comme une douce mousseline lumineuse, presque ensoleillée... Mais comme souvent avec les purées qui n'osent pas la singularité, il manque les gros morceaux de la purée de grand-mère qui t'explosent à la gueule et contiennent tellement de saveurs insoupçonnées que tu es obligé d'y revenir... Ici non, pas spécialement, mais l'effet mousseline est quand même assez sympathique: Tu t'assois, tu ralentis, tu écoutes, tu arrêtes de trop penser... Oh, on se croirait presque revenus à nos 16 ans :-) Puis bon, ça sonne pas mal et certains titres ressortent un peu de l'ensemble du disque... Verdict culinaire: Ce CD on y revient de temps en temps, sans crainte, mais également sans passion folle...

AREA - "Crac!"CD. 1990.

Vindjuss! Ca c'est du prog comme j'aime bien, avec la batterie qui fait tic tac tic tic tatata, avec la basse qui vrombit et se dandine comme une danseuse du ventre, avec un vocaliste qui sait chanter, et qui ne chante pas qu'avec sa tête... Et avec des musiciens qui savent jouer et se servent de leurs instruments dans le bon sens (Tant qu'à faire ça peut servir!) Sans oublier un sens de la mélodie accrocheuse qui remonte le futal jusqu'à la bonne hauteur pour te permettre de danser la zoubida sur la table de la cuisine sans que le futal ne traine dans les tartines de mayonnaise! Alors le premier titre trés arabisant butte, les mélodies sont classes et les variations sont cools.Le deuxième titre part dans des vois plus prog classiques, dans un thème plus nocturne et légèrement dissonant, avec technique, finesse et feeling. Le 4ème titre, au milieu d'un délire prog qui te parlent, déglingue quasiment le piano, puis les cordes aiguës de la guitare dans une course folle de notes assez dissonantes (Mais pas vulgairement "aléatoires", ce mot fourre tout que certains chroniqueurs aiment balancer précocement)... Pour avoir mon descriptif express de chaque titre, merci de passer par la version payante et de cotiser 20 euros par mois! (Comme je fais 4 chroniques par mois, ça fait cher le mot lol).J'aime la capacité d'AREA à inclure des éléments plus "pops" (Oh, le méchant mot) au milieu de leurs déferlantes de technique à 3 pattes sautillantes, des éléments tous simples qui relancent la boule dans le flipper et leur font atteindre le maximum de points, dans les bumpers tout en haut (Ceux qu'on ne voit même pas, vue d'en bas): Il y a du chant limite populaire, mais pas sans burnes, des plaquages d'accords qui ravivent la peinture de tes murs qui s’effritent, des mélodies d'apparences simples qui font (Tressaillir les) mouche(s)... En plus ils chantent en italien, et n'en ont rien à foutre! CRAC! BOOM! HUE!AREA ça déglingue bien plus que pas mal de groupes de prog plus connus qui sont presque devenus experts dans les méthodes savantes de l'ennui... Ici c'est chaud, plein de feeling, varié, ils s'éclatent grave... Et on ne s'ennuie pas souvent, ou jamais?

JUSTIN SULLIVAN - "Navigating by the stars" CD. 2003.

Voilà un projet parallèle d'un membre de NEW MODEL ARMY, ça tombe bien je n'ai jamais accroché à ce groupe... Quand on aime pas l'original, le groupe central sensé concentrer toutes les énergies, autant bien enfoncer le clou et se farcir le projet parallèle rapidement forniqué sur un coin de table, le soir d'une visite en Irlande... Alors voilà, c'est calme, presque du "slooow", avec de la guitare sèche simpliste comme on en trouve à volonté tous les soirs d’été sur toutes les plages... Et l'auditeur s'emmerde car rien ne ressort ou ne semble pouvoir se dégager de ces trucs lents et bien trop simplistes.Ne me faites pas le coup du "C'est trop calme pour toi... Patati patata", j'écoute des choses aussi (Voir plus) calmes qui sont plus fournies en feeling, plus travaillées ou personnelles sans néanmoins en faire des tonnes. Ne vous laissez par avoir par la pochette qui se donnerait quelques airs "Sombres et expérimentaux", les ambiances correspondantes ne répondraient pas à l'appel...Mr Justin S. a beau vouloir se donner des airs de Nick Cave, ça ne prend pas et l'ennui vient de passer sa carte à la pointeuse: C'est l'heure de changer de CD.

SCRAPE - "Screaming in the void" CDr. 2003.

Les échanges par voie postale procurent parfois quelques enregistrements sympas, des choses plus intéressantes que les tonnes d'éjaculations précoces expérimentales qu'on écoute jamais et qu'on a rarement envie d'écouter... J'ai reçu il y a un moment ce CD de SCRAPE qui pratique un electro indus assez "retro", rappelant du FRONT LINE ASSEMBLY, le DAS ICH le plus electro, GGFH, du SKINNY PUPPY (Surtout pour les vocaux) dans une version moins complexe, moins expérimentale et plus "basique". J'aime le côté assez primaire et bas du front qui n'utilise pas 360 degrés d'artifices, se contente de plusieurs beats assez claquants, de quelques synthés rythmiques ou en nappes au son assez froid (Et un peu plus saturés en acide que la moyenne) ou de vocaux assez bizarres.Le style ne sonne donc pas moderne, sans être spécialement rétro (Le groupe ne recherche pas à sonner comme tel, ce sont des influences plus naturelles comme ils n'ont pas commencé en 2002), mais l'utilisation de certains sons nous rappelle qu'on est pas trés loin dans le temps.Il y a un côté décadent rappelant les vieux NIN dans la façon dont la sauce monte, en faisant monter le bruit comme avec des guitares, mais sans en utiliser.Certains thèmes me rappellent un peu OBSZON GESCHOPF, pour faire un lien avec un groupe français proche du côté electro indus techno et bourrin, mais SCRAPE est un peu moins primaire et moins répétitif. Ces canadiens nous proposent un résultat assez brutal et épuré, qui claque globalement bien. On est pas en face d'un joyaux d'electro indus, et certains titres (Dont plusieurs remixs à la fin) sont dispensables à mon avis, mais un certain nombre de morceaux fonctionne bien et passeraient sans aucun problème dans les soirées à thème Electro indus, goth and co.

TAÏ PHONG - "Windows" CD. 1976.

"Jean Jacques Goldman compose toujours les mêmes morceaux. Ennui... Il a écrit 2-3 hits, et depuis il utilise toujours la même formule. Ennui. Ennui".Et si on jetait une oreille à ce qu'il avait fait avant de rencontrer le succès? Oui, avant de partir en solo et de faire une carrière pour plus tard se reconvertir en compositeur de tubes (En gros, il nous refile actuellement ses morceaux sous-couvert d'autres interprètes qui servent de façade héhé), il a fait partie de TAÏ PHONG, un groupe de progressif ayant sorti 3 albums dans les années 70, dont voici le deuxième.En fait, seul le premier morceau de 8:12 minutes est crédité Goldman. Celui-ci évolue dans du prog pas mal foutu, assez frais, fougueux, avec des breaks et enchaînements assez fournis. Je pense à des groupes comme ANGE ou le ALAN STIVELL le plus porté guitares "hard rock", avec un côté presque YES. Le chant est assez amusant, c'est le même que dans les tubes qui suivront quelques années plus tard, mais en plus aigu et un peu plus jeune. "When it's the season" est un morceau pas mal qui passe tout seul.La suite du disque est différente, car plus lente, moins fougueuse, moins prog aussi... Elle évolue globalement dans un style qui me plaît moins. D'un côté il y a des morceaux très lents et calmes qui feraient presque une impression de slow... De l'autre on a des titres de progressifs assez "classiques" qui passent bien sans toutefois trop me surprendre (Peut être qu'ils ne déballent pas assez de technique ou de gros morceaux de vécu?)... Puis le dernier morceau de 9:57 minutes nous montre un groupe inspiré et presque "touché par la grâce", TAÏ PHONG part alors dans des ambiances pures qui semblent comme contemplatives face à un paysage naturel sauvage non perverti par les machines... Surprise!"Windows" est donc un disque que je trouve moyen, mais quand même pas mal. Entre un premier titre bien efficace et un dernier plus dans l'ambiance ou la finesse se trouvent des morceaux plus ou moins cools, qui manquent simplement de dynamique ou de fougue pour moi... Ca serait quand même bête de faire un méchant raccourci en limitant ce groupe à une sorte d'anecdote Goldmanesque, car TAÏ PHONG est à la base le projet de deux frères vietnamiens qui ont composé des choses aussi intéressantes sans apparemment une implication majeure de sa part.

LE REVERS SANGLANT - "Le revers sanglant". K7. 2008.

Assez curieux ce projet parallèle, car alors qu'au niveau musique électronique on a actuellement l'impression d'assister à un déballage de CVs très fournis en compétences techniques, LE REVERS SANGLANT propose une démo minimaliste et répétitive. Une sorte d'éléctro militariste à base d'un répétitif roulement de tambour et d'un monologue monocorde de synthétiseur, le tout agrémenté de quelques samples m'évoquant d'anciens films époque noir et blanc.Leur style reste très soft alors que les projets industriels touchant au militariste ont tendance à bien plus appuyer sur le côté claquant de l'affaire, ce qui donnerait un peu l'impression de regarder un documentaire dans un sens...J'ai parfois l'impression d'écouter THE KLINIK, le côté électronique assez "fin" et froid pouvant s'en rapprocher, mais le style est plus basique et on a pas l'impression d'être dans une clinique. Les synthétiseurs sonnant comme du vieux matos me rappellent un peu KRAFTWERK.Je ne cerne pas très bien l'état d'esprit devant s'en dégager, c'est peut-être une vision désolée de juste après un combat dévastateur, alors qu'il ne reste plus rien d'autre que le tambourin... Mais le style est trop dépouillé et minimaliste pour moi... Il y a bien un petit développement de quelques rythmes qui partent juste un peu plus en profondeur, mais c'est trop léger (Ou cérébral) et je ressors des écoutes avec l'impression qu'il ne s'est pas passé grand chose... Faites péter les tripes!Niveau packaging, c'est une cassette noire insérée dans une petite pochette prévue pour ranger un CD, avec encart en carton.

TORTURED BY TURTLES - "Cyber maire" CDr. 2006-2007.

Dans l'esprit assez proche de la trip hop des débuts ou de certains groupes "free" des années 70, Tortured by turtles fait son bricolage musical avec ce qui lui tombe sous la main: Un bout de progressif, un morceau de gruyère fusion, un beat electro/ jungle, un demi-clavier d'orgue Hammond, quelques samples divers et variés... Et c'est parti pour une expérimentation se voulant élastique. Le style est clairement fourre tout, on trouve des éléments variés qui n'étaient pas prévus pour coller à la base, mais cohabitent quand même... Parfois je pense à ONEIDA, GONG, à de la musique d'ascenseur mexicain (!?) voir le 1er BJORK en tirant sur les branches, mais on est pas au même niveau. Le groupe arrive à installer des ambiances, à sortir des idées sympas, mais on a l'impression qu'il manque un truc, qu'ils auraient pu aller plus loin en ajoutant ne serait-ce que quelques éléments un peu plus "fous" ou moins tranquilles. (Par exemple, le chant qui est plus utilisé comme un instrument, un simple élément sonore en plus, n'apporte pas grand chose...). Ca pourrait plaire aux mordus de musique indépendante faite sans prétention, sans "trop" de moyens et avec quand même un minimum de résultat... Mais je suis un peu plus difficile.Cette démo commence à dater un peu, et le groupe a apparemment sorti du neuf depuis, donc comme seule conclusion je dirais que leur musique était à ce moment "Sympa mais sans plus, et à développer".

MAGAZINE - "Secondhand daylight" CD. 1979.

Le fait que MAGAZINE compte l'ex frontman des BUZZCOCKS (Punk rock), la pochette assez nucléaire et le titre de l'album (Lumière du jour d'occasion, ou de seconde main pour être littéral) pourraient laisser entrevoir quelque chose de profondément pessimiste, voir de musicalement extrême... Mais le résultat est différent, sans être particulièrement décevant. Pour essayer d'être clair, je vais parler d'un bon 2/3 a base d'une new wave prenant quelques influences au punk, au rock, ou à quelques groupes de rock gothique des débuts, et d'un tiers restant qui extrait ses sources dans des styles plus éloignés, à l'aide d'un piano, de synthétiseurs, voir d'un saxophone.Le style est évidemment varié, il évolue entre relativement énergique (Voir sale ou "poussiéreux", plus sombre (Mélancolique, lancinant, désabusé), décalé, mais sans tomber dans l’excès.Le chant est parfois presque punk par sa relative extravagance (Je pense à Iggy pop par moments), alors que les vocaux assez malsains ou bizarroïdes feraient plus dans le rock gothique des prémices, mais le chanteur se fait aussi plus soft et devient alors plus new wave.Les synthétiseurs ont des sonorités très typiques de l'époque, et pourraient sonner kitsch, mais ils collent bien au style développé, et de par ce côté "vieux" soulignent un peu certains moments étranges ou décalés en leur apportant un petit côté "hors du temps" (Ceci est une interprétation personnelle).MAGAZINE sait ici faire monter la tension, sans néanmoins exploser ou atteindre des sommets "astraux". "Secondhand daylight" est un album intéressant, avec des moments attirants (Comme le côté desespérado des villes de certaines guitares, une approche assez "glauque" typique du début 80's, des parties de piano, synthé ou saxos assez bien orchestrées, ou éventuellement un son de basse sous chorus à la ENO/ THE CURE...) ou des choses qui me plaisent moins car peut être moins profondes ou "glauques" (Certains moments rock lorgnent vers la pop par exemple) mais qui restent écoutables et ne cassent pas le disque. Ce n'est pas un fourre tout musical génial et complètement tordu, mais bien plus un album assez bien senti et ancré dans son époque.

CORONER - "Mental vortex" CD. 1991.

Après deux albums de thrash technique excellents, après un troisième disque quasiment dans le même style (Mais qui laissait paraître les prémices d'une évolution), la tendance évolutive accélère pour CORONER avec cet enregistrement qui contraste assez avec la déferlante de musicalité qu'on connaissait... Le jeu est ici devenu plus posé, plus réfléchi, moins technique, moins rapide, moins complexe, mais le groupe garde une approche visant la recherche d'originalité, d'inédit, sans perdre ses racines thrash metal.Aux premières écoutes, j'ai eu un peu de mal à me faire à "Mental vortex", son côté biscornu et un peu détaché me rebutait... Mais j'étais peut-être trop jeune, et le groupe prenait dans un sens une approche plus "esthétique" qui demandait peut-être un peu plus de vécu, ou de réfléchi... A force on découvre les attributs et qualités, au fur et à mesure que l'oignon veut bien se libérer de différentes couches de chaire et qu'on s'approche du noyaux, on entend des plans intéressants, des guitares qui sonnent de façon particulière; Il y a des morceaux cools, des riffs bien sentis, des idées "différentes"... Le groupe naviguait dans son monde, mais même s'il n'était alors pas forcément très inspiré, il sonnait comme du CORONER qui fait ce qui lui plaît, et c'est déjà ça... Je me souviens que peu de temps après, ils disaient qu'il est plus difficile de trouver les quelques bonnes notes qui sonnent juste que d'utiliser la technique et d'envoyer une rafale de musicalité...C'est un album que je trouve un peu bancal (Un peu comme un chien à 3 pattes) et qui plairait peut-être plus aux musiciens qui "cherchent à comprendre" (Qui calculent le sens de la feinte ou le but de ce plan) qu'aux auditeurs qui veulent juste ressentir.... Pour ma part, je considère "Mental vortex" comme une étape de l'évolution du groupe, un stade qui leur permettra de sortir leur dernier album... Le dernier enregistrement longue durée, "Grin", qui n'était certes plus technique, ni spécialement rapide, mais respirait de fluidité alors que les morceaux coulaient tous seuls, qu'ils avaient leur personnalité et dégageaient des ambiances (Tantôt aériennes, tantôt brunâtres et plus personnelles... Voir "mécaniques") ou un état d'esprit assez particulier... Pris avec du recul, "Grin" n'est pas trop difficile d’accès, mais à l'époque c'était assez osé, car l'ensemble du death, thrash ou assimilé fonçait tête baissée dans la direction opposée... CORONER est sûrement un des groupes de thrash metal qui a le plus fait "Ce qu'il veut quant il veut" (Inutile de remettre les albums dans leurs contextes, il suffit de savoir qu'ils ont repris les Beattles ou Jimi Hendrix) et on les remercie d'avoir suivi leur propre voie. Nails hurt.