28/12/2009

KILLING JOKE; INTERVIEW JUILLET 1996. RAGE N°19





Un studio dans le sud de Londres. Killing Joke s'y exerce en vue de la tournée "Democracy". Une salle de répète métamorphosée pour l'occasion. Tapis orientaux, coussins, lumière tamisée, éclairage aux cierges, odeur de marijuana, ambiance d'exorcisme. L'univers Killing Joke refaçonné par un roadie dont l'unique travail est de redécorer les loges. Jaz Coleman roule un énième pétard assis en tailleur au milieu de la pièce. On ne pose pas de questions au chanteur. C'est lui qui parle. Monologue au goût de thé et de pétard sous l'oeil amusé du toujours nonchalant Geordie.


"Cette année est importante pour nous. Killing Joke va avoir 18 ans. L'idée la plus difficile à faire passer au public est que KJ ne se résume pas à un simple groupe de rock. KJ a démarré comme un moyen d'études. C'était l'occasion pour nous d'expérimenter, de vivre de nouvelles aventures. KJ nous a servi de clé, de passepartout. De KJ est né de nombreuses passions. Paul (Fergusen, batteur de la première époque) vit aujourd'hui à Porto Rico. Il modèle des sculptures qu'il vend à travers le monde. Youth (basse, absent de la tournée pour cause de contrats d'enregistrements à terminer) est devenu un des meilleurs producteurs et remixeurs du monde (de Crowded House à Faith No More). Geordie est également producteur (Pygmy Love Circus) et développe de grandes idées architecturales. Je travaille avec l'orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande et je vais prochainement enregistrer une pièce symphonique de 120 musiciens avec Philip Glass. Tout ça, c'est Killing Joke. Le groupe n'est que la partie visible de notre édifice. "









I HAD A DREAM"Ce sont les rêveurs qui ont construit le monde. Ce sont eux qui ont aidé notre civilisation à se développer. La société actuelle semble l'avoir oublié. Les étudiants s'enferment dans leur université avec des livres d'économie, de commerce, de gestion. Je n'ai pas de diplôme mais j'ai un savoir plus vaste que mon frère, qui est professeur de physique quantique à l'université de Princeton. Il faut apprendre sans arrêt, s'enrichir intellectuellement, c'est un devoir moral. C'est l'attitude que KJ a décidé d'adopter. Voyager est la meilleure forme d'éducation possible. Et à nous quatre, nous avons parcouru une grande partie de la planète. " Jaz est une mine d'informations, une espèce d'encyclopédie vivante, un bibliothécaire du troisième millénaire obsédé par un désir de connaissance totale. Des études entreprises en Islande, au Moyen-Orient, en exRDA, en Russie, au Caire ... "J'ai fini ma première symphonie au bout de 10 ans. Je l'ai commencée en Islande et finie en Nouvelle-zélande. L'entendre jouée par un véritable orchestre symphonique a été un accomplissement. Les rêves se réalisent si on le veut véritablement. Napoléon a dit un jour: "Méfiez vous de l'homme qui rêve les yeux ouverts. " C'est un principe qu'utilisait Salvador Dali et que nous reprenons aujourd'hui. Notre but est que chacun des membres du groupe puisse, à la fin de sa vie, citer trois succès personnels. KJ est une expérience dans l'accomplissement des rêves. On invite les gens à s'épanouir, à se découvrir artistiquement et intellectuellement. Tout le monde devrait être capable de faire de la musique ou d'écrire. C'est l'idée même de la Renaissance. Nous tenons à notre patrimoine européen. Il faut réinstaurer une identité européenne, faire de notre culture underground la vraie culture. "
Passionné par son discours, Jaz l'interprète, le vit. Tour à tour bouffon, philosophe, révolutionnaire, il insiste sur ses multiples personnalités. "L'une d'entre elles est le Black Jester (le bouffon). Il est mon système de défense. C'est celui qui se faisait traiter de paki (Jaz est mi-indien, mi-anglais) lorsqu'il allait à l'école. De lui provient ma haine, ma rage. KJ lui sert de thérapie. La deuxième est le joueur d'ocarina. L'ocarina a été mon premier instrument. Je devais avoir 4 ans lorsque je l'ai eu. J'étais à Barcelone et je me suis tout de suite mis à en jouer dans la rue. Les gens me lancaient des pièces. J'ai vite compris où résidait mon futur (rires). Ce personnage est innocent, spirituel. Puis il y a ma sexualité. IProportionnellement à la quantité d'herbe absorbée, le discours du chanteur rebondit dans tous les sens passant de l'existence de Dieu à des recettes de cuisine de poisson à la bière. Un discours empreint d'une logique et d'un raisonnement qui n'appartiennent Qu'à son auteur. Finalement, le groupe se décide à répéter. Dans une pénombre presque totale, Jaz, parfois trop stone pour chanter, tente tant bien que mal de jouer au chef d'orchestre. Une dizaine de morceaux plus loin, lessivé, KJ remet la suite au lendemain. Pour Jaz, plus de problèmes métaphysiques. Une seule question reste en course : "Qui s'occupe d'acheter l'herbe demain ?"
Punk un jour. Punk toujours.







BLINDTEST:Glen Brenca "Symphony N°1"J.C.- J'aime l'atmosphère et la puissance qui se dégagent mais j'ai besoin de plus : quelque chose de plus musical qui pousse à bout toutes mes émotions. C'est ce qu'il faut pour que la musique change la vie des gens.
The Clash "White riot"J.C. - On répétait dans le même local qu'eux à nos débuts et on ne les aimait pas du tout parce que pour nous, c'était des fossoyeurs du punk. Et récemment, j'ai croisé Joe Strummer dans un bar. Après tant d'années, il est resté un type vraiment bien alors qu'il a dû subir une pression énorme et le revers de la médaille. De quoi finir dans l'alcool, les drogues ou la religion.
John Coltrane "Olé"J.C.- Là, il y a une vraie émotion. Je n'aime pas la musique faite avec des ordinateurs. Je suis un vieux schnock. Je n'aime pas tout ce que fait Youth, par exemple. Mais il a beaucoup d'imagination. C'est sans doute le meilleur sur la scène dance. Dès le début de Killing Joke, c'est lui qui amenait le groove, la chaleur, le sexe.
Cypress Hill "Insane in the brain"J.C. - Je n'aime pas les groupes qui ne font que parler d'eux mêmes. C'est tellement limité! Et puis, le rap ne fait pas partie de ma culture, je ne peux pas m'y identifier.
Dead Kennedys "At my job"J.C.- Ça ne me touche pas trop. Je connais mieux leurs débuts. Jello Biafra est fantastique, très concemé par ses proches. Mais le punk américain n'avait ni racines ni fondements. Beaucoup n'étaient là que pour choquer. Comme Rollins qui, lorsqu'il était dans Black Flag, disait que Charles Manson était un type bien. Il y avait plus de coeur dans la scène anglaise.
Foetus "Free James Brown"J.C.- L'accent américain me crispe. Avec le punk anglais, pour la première fois depuis longtemps, les chanteurs n'avaient plus honte de leur accent. La plupart des groupes ont été influencés par le blues alors que Killing Joke était un groupe européen.
Gnawa Music Of Marrakesh "Baba l'rouami''J.C.- J'adore cette musique. Elle possède tout ce que nous avons perdu en Occident.
Kraftwerk "Radloactivity"J.C.- J'aime beaucoup Kraftwerk. Il y a vraiment une identité européenne et un renouvellement dont les Américains sont incapables. La scène allemande de cette époque est d'une richesse incomparable. L'Europe est une terre de compositeurs et l'Amérique un rocher aride.
Nirvana "Come as Vou are"J.C.- Bah, que puis-je dire? C'est note pour note "Eightees", un de nos morceaux.
The Orb "Valley"J.C. -C'est un peu chiant.
- C'est The Orb, Youth y participa au début.
J.C.- Ça devait être mieux à l'époque, alors.
Prong "Prove vou wrong"J.C.-Ah ! Le groupe dans lequel joue notre ancien bassiste! Du white thrash ! Du métal américain ! Quelle bêtise !


NAPALMED/ MERZBOW: "Crash of the titans" Split CD. 2001.










Des pubs et chroniques relatives à cet album commun ont couramment circulé dans l'underground grind/ métal extrême il y a quelques années, ce split CD semble même y être devenu assez "culte"... Peut-être car "NAPAL MED", le label du projet "NAPALMED" (Oui, c'est le même nom avec un espace de différence), y a toujours été actif avec pas mal de flyers ou de contacts… Apparemment le travail ça finit parfois par payer...
MERZBOW joue ici un harsh noise abrasif assez dynamique et un peu industriel. Les tubes de saturation sont poussés à fond, ce qui donne pas mal de puissance aux sons bruitistes qui varient en fréquences et se voient coller quelques boucles industrielles old school (Sur la 1ère piste) pour accroître le sentiment de stress et d'agression (Qui est plus tendu et élongué sur la 2ème piste). Pas mal de projets ont refait le même depuis (Une grosse partie des gimmicks actuels du style sont d'ailleurs présents) mais ça fait toujours son effet, il y a quelque chose de plus que la moyenne, et simplement quelque chose.
Pour NAPALMED, je n'ai jamais été fan et les derniers enregistrements CDr dans le style "vite éjaculé" m'ont quasiment dégoutté... Ce qu'ils proposaient ici était un peu mieux, c'était plus bruitiste et le spectre sonore était un peu plus remplis (Par du bruit, donc), mais hormis le fait de faire du bruit ou de l’expérimentation je ne vois pas trop l’intérêt de leurs pistes, rien ne m'accroche ou n’agresse particulièrement... A réserver aux fans de noise, donc.
Une particularité du split est d'alterner les pistes des deux projets (Un bout de NAPALMED, puis un bout de MERZBOW etc), ce qui pourrait aussi bien plaire que déplaire... Dans mon cas, ça permet de mieux faire passer les parties de NAPALMED, en les transformant en interludes préparant à celles de MERZBOW qui contiennent le plus gros de l’intérêt.
Un CD bien sympa qui contient autant de bonnes choses que de trucs dubitatifs. Même si ce n'est pas le Pérou, au moins on ne risque pas de tomber dans le gouffre qualitatif sans fond des démos noise que je reçois parfois... DARTY, le contrat de confiance : C’est pas de la grosse daube.

COMFORTER INC: "Faustrecht" CDr. 2002.










Cet enregistrement n'évolue pas exactement dans le style habituel de COMFORTER (S'il y en a bien un, car les CDr écoutés sont assez différents... Harsh noise, Cut up noise, ambiant noise...). On est ici face à un gigantesque collage de micro-sons plus extrêmes les uns que les autres: Explosions, crissements, cris, bruits métalliques ou harsh noise classique (Le tout passant dans une saturation plus ou moins épaisse) qui donnent une impression de perpétuel changement dans l'agression noise-technique.
On pourrait croire au début que la répétition va être très présente, mais le manipulateur se cachant derrière ce projet obscur sait varier les sons et les façons de nous péter le crâne, nous aidant ainsi à entrer dans ce maelström bruyant: On a l'impression de pauses et de relances, de moments de ralentissements du mini vaisseau kamikaze qui n'a de cesse de chercher de nouvelles portes pour mieux entrer dans le crâne... Il fonce, percute la peau, réfléchi pour trouver d'autres angles d'approche, puis rebourrine contre l'enveloppe charnelle, se prend dans les poils, dérape, remoleste la peau brutalement, avant de glisser dangereusement dans un lac de transpiration, puis recommence son insistante insurrection, indéfiniment... Un peu comme un virus vachement vorace qui va tout tenter pour trouver le bon pore ou la petite blessure par laquelle t'infecter avec son tétanos belliqueux.
La logique et la construction pourraient rappeler certains groupes noisecore ou grindcore pour le côté abrupt, plein d'aplomb et de multiples changements tordus... En analysant le contenu comme une succession de multiples morceaux de quelques secondes, mon cerveau y verrait aussi un parallèle avec ces deux styles, mais c'est peut-être une interprétation personnelle.
On est pas loin des styles de musique les plus extrêmes actuellement, vraiment pas loin...
Cet enregistrement d'une durée totale approchant les 45 minutes a du prendre un sacré bout de temps avant d'être concrétisé, surtout que ce n'est pas n'importe quoi et qu'il y a une certaine tension sur la longueur...
"Faustrecht" est assez abouti, il butte pas mal est fonctionne à mes yeux mieux qu'une bonne partie du noise/ harsh noise underground actuel... Maintenant je ne peux pas vraiment dire qu'un passage m'ait réellement marqué ou touché dans l'âme, c'est plus dans l’agression et le côté impressionnant d'une certaine maîtrise et du travail accompli... Et c'est déjà pas mal!... Une interview a été envoyée au créateur du projet, reste à attendre qu'il ait le temps de répondre...

FEAR FACTORY: Interview janvier 1995. RAGE N° 10.





Fear Factory n'est plus un groupe de death metal. Si Ie premier opus, "Soul Of A New Machine", en avait Ie coté rauque, Ie second, "Fear Is The Mind Killer" (avec Front Line Assembly), tendait vers I'indus techno. Produit par Colin Richardson (precedents FF, Machine Head, Napalm Death... ), Ie troisieme Lp, "Demanufacture", dimension cyberpunk oblige, est dedié à "Blade Runner". Replica s'echappe des enceintes hi-tech du studio Withfield: Prong n'aurait pas pu mieux faire ... Entretien avec Burt qui, avec son allure d'ado califomien, ses tattoos de Current 93 (son groupe fetiche), et sa gueule d'ange, ne ressemble en rien à !'image que je me faisais du chanteur de Fear Factory...


" L 'enregistrement a commence en septembre à Chicago, au Trax Studio, Ie havre de Ministry, RevCo et de tous les groupes indus. Mais ça ne convenait pas a notre format... Nous sommes donc partis à Albany, puis à Woodstock, où tout a été enregistré. Nous voulions prendre notre temps pour réaliser un album parfait Bon Jovi était en studio en même temps que nous, ainsi que Faith Nor More, nos potes. "
Bill Gould avait d'ailleurs produit votre première démo ...
Il avait fait du très bon boulot! Nous reprenons un titre de cette démo, Concrete, qui sera la face B d'un prochain single. Faith No More nous a beaucoup aidés, avant même le premier album. Ils portaient notre tee-shirt sur la vidéo de Midlife Crisis, ce qui nous a donné un sérieux coup de pouce! Ce sont des mecs très chouettes et d'excellents musiciens.
Il y a eu le tandem avec Front Line Assembly, et Dino (le guitariste), qui a joué surWorld of Shit, le morceau le plus indus-techno de l'album de Nailbomb : est-ce une orientationque vous comptez poursuivre?
Ça s'est très bien passé, mais je ne pense pas que nous le referons. J'aime beaucoup Scorn ou Godflesh et, de plus en plus, la transe et les musiques de rave,! Il y a trois termes que ne veux plus entendre à notre sujet: death, grind et industriel. Appelons plutôt ça du "metal futuriste"... !
Ou la nouvelle bande-son de "Blade Runner" ...
Oui ! C'est mon film préféré, et c'est l'ambiance de l'album ! C'est presque un album concept. Tous les morceaux racontent une histoire différente qu'une même personne aurait pu vivre. Des tranches de vie, si tu veux. .. C'est de la réalité virtuelle! Il y a un côté résolument technique aussi ... Nous avons travaillé très dur pour que tout soit ultra-précis : rythmiques, titres, textes, et le rythme des textes sur la musique. Nous allons promouvoir cet album comme la "soundtrack for survival". J'ai trouvé plein de titres dans "Zenith'; un manuel américain des années 40 sur les procédés de la télévision.










La religion est un autre thème qui revient très souvent dans tes textes.
Toutes les religions pratiquent l'intimidation : "Si tu ne crois pas en ce dieu, tu brûleras en enfer, etc. " Le pire, c'est que beaucoup de gens ne croient en rien d'autre! Notre génération est la première à mener ce genre de vie que nous menons. Ce n'est même plus la "générertion X", c'est un terme cliché. Tu fais partie de la génération avec laquelle tu es né et en laquelle tu crois. C'est de ça que parle le morceau Self Bias Resistor. .. Encore un terme technique : c'est une composante des ordinateurs et des TV qui régule le flot d'électricité. C'est aussi le titre le plus positif de l'album, où /'idée est de se battre pour son individualité.
Le monde d'aujourd'hui, dans ses aspects les plus négatifs (oppression, conformisme, système judiciaire inadapté ... ), revient aussi régulièrement, ainsi que toute la culture science-fiction/ cyberpunk.
Toujours la réalité virtuelle! C'est ce que devient notre société. Les ordinateurs génèrent de fausses images qui camouflent la réalité. Il suffit de prendre l'exemple des gouvernements ou des médias, qui passent leur temps à nous mentir. "Demanufacture'; le titre de l'album, est aussi celui d'un morceau inspiré du film "Chute Libre" , l'histoire d'un mec qui pète les plombs, qui essaie de survivre et d'être différent C'est l'idée générale de l'album. Survival !
Tous les titres, ou presque, font référence à un bouquin ou à un film.
Replica sort tout droit de "Blade Runner" ... un clin d'oeil aux répliquants. H.K. (Hunted Killer) se rapporte à "Terminator". Certains films ont une influence majeure sur Fear Factory : "Scanners'; "Alien'; "Au delà du réel" ou "Closed Land"; un chef-d'oeuvre! Il s'agit d'un huisclos, l'histoire d'une femme séquestrée et violentée parce qu'elle est "subversive". Elle n'écrit que des contes pour enfants, mais les autorités lui reprochent de contaminer l'esprit des écoliers: ses histoires seraient un éloge de l'individualisme ... C'est un thème qui m'intéresse fortement.
Nick Cave est une autre de tes sources d'inspiration.
C'est un dieu ! De "Birthday Party" à nos jours, Nick Cave est ma lumière (rires). J'ai tous ses disques et ses bouquins, j'ai la bande-son de "Ghost Of The Civil Dead'; mais je n'ai toujours pas vu le film ; je le cherche partout et ça me rend dingue!
Les textes et les ambiances de Fear Factory peuvent sembler très noirs et désespérés. Il est facile d'être mal compris par son public et c'est souvent le cas, surtout dans la scène metal. Est-ce une de tes préoccupations?
J'y pense souvent Je ne veux en aucun cas promouvoir le suicide ou le crime. J'essaie d'être le plus clair possible. Si je dois être agrafé sur l'aspect politique de Fear Factory, que ce soit pour les bonnes raisons. Je ne veux surtout pas être pris pour un fasciste, par exemple. Les gens décortiquent tes propos, et pas mal de mômes sont très influencés par les textes des groupes. C'est pourquoi je n'irais jamais promouvoir les drogues ; je suis le premier à en prendre de temps à autre, mais je suis complètement contre l'héroïne. Si mes textes doivent avoir une influence, autant que ce soit une "bonne" influence. Qui incite à ne pas se conformer, à raisonner en termes d'individu. A piocher du savoir un peu partout pour se créer ses propres croyances. "

CORONER: INTERVIEW 1992. HARD ROCK MAGAZINE.







A L'OCCASION DE LEUR TOURNÉE EUROPÉENNE QUI PASSERA PROCHAINEMENT PAR LA FRANCE, LES HELVETES DE CORONER FONT LE POINT SUR LEUR CARRIÈRE - EN PROGRESSION - ET LEUR ÉVOLUTION MUSICALE POUR HARDROCK MAGAZINE. SÛR, LES MAÎTRES DU TECHNO-THRASH N'ONT PAS FINI DE NOUS ÉTONNER ET DE NOUS SÉDUIRE...
S'il semble avoir moins déchaîné d'enthousiasme en France que son prédécesseur direct "No More Color", "Mental Vortex", le quatrième album studio des Suisses de Coroner n'en a pas moins relancé la carrière du techno-trio en Allemagne et en Hollande notamment. L'explication paraît limpide, les Helvètes ont su convaincre un nouveau public en tournant en octobre en Europe du Nord, partageant l'affiche avec les très controversés Mekong Delta. Leur passage en France initialement prévu pour novembre 1991 fut, hélas pour tout le monde, remis en question par une offre alléchante de tournée américaine émanant des new-yorkais de Nuclear Assault. Après un séjour des plus hasardeux sur le territoire des States et juste avant que Coroner ne vienne enfin rendre justice à ses supporters français (A partir du 25 février avec No Return), Hard-RockMagazine s'est infiltré dans la maison de campagne du batteur Marquis Marky pour stimuler le tempérament d'un groupe qu'on pouvait croire en perte de vitesse. On est vraiment loin du compte car malgré de sévères accrocs avec leur maison de disques Noise Records, "Mental Vortex" s'avère la plus belle réussite commerciale de Coroner à ce jour...








TOURNÉE US MOUVEMENTIE...
Hard-Rock Magazine: Que s'est-iI donc passé en première partie de Nuclear Assault aux Etats-Unis?
Marquis Marky: Au départ, c'était vraiment une excellente opportunité mais alors que les dix premières dates se sont bien déroulées, Nuclear Assault a dû laisser tomber car son label l'a complètement abandonné sur le plan financier. C'était un peu dur pour nous de rentrer alors on a tenté d'honorer seuls quelques dates sur la Côte Ouest, à Phoenix et en Floride notamment, avec tous les risques que ça pouvait comporter. On a choisi des premières parties au coup par coup, en invitant les groupes que nous avions pu rencontrer en Floride lors de nos enregistrements au Morrisound, Atheist par exemple...

Vous avez réussi à vous en tirer de cette façon?
Pas vraiment, on a connu d'autres galères plus ou moins liées à ce changement de programme. A Orlando, on devait jouer avec... Euh, tu sais, ce groupe satanique qui se marque des croix au fer rouge... Deicide. La veille, un type nommé JJ Allen s'était produit dans le club en question et la police est venue l'arrêter, en interdisant d'y organiser des concerts. C'est un type complètement cinglé, qui jette de la vraie merde sur le public, qui casse les paires de Iunettes des spectateurs du premier rang et qui généralement finit tous ses concerts en prison. Il prétend être le dernier punk encore en activité. Je veux bien le croire!

NOUVEAU CHAMP D'ACTION
Après Watchtower en 1990, vous avez partagé l'affiche avec Mekong Delta. Coroner se sent-il toujours aussi proche de cette vague techno-thrash?
Difficile à dire, les étiquettes sont par nature réductrices. Sur le dernier album, "Mental Vortex", Il parait clair qu'on a cherché à s'éloigner de l'aspect volontairement sophistiqué qui nous caractérisait jusque-là. Je crois qu'on ne peut pas faire toujours la même chose sans s'user ou perdre de la motivation. Notre musique renferme toujours autant d'idées que par le passé mais nous les exploitons d'une manière plus franche, plus directe. En développant cette recherche de la nuance mélodique et des détails à tous prix, tout ce rôle proprement esthétique du thrash, on avait sans doute perdu le sens instinctif du rock. Il nous arrivait d'être mal à l'aise en situation live, tout simplement parce que notre répertoire nous empêchait de faire preuve de spontanéité.












Comment cela s'est-il traduit au niveau de votre public?
Ce qui est clair, c'est que Coroner a pu étendre son champ d'action. Certains fans de heavy-metal ou de thrash plus classique ont enfin pu s'intéresser à nous parce que notre style devenait plus accessible. Heureusement, la fraction la plus fidèle de notre public n'a pas considéré ce changement de cap comme une trahison ou quoi que ce soit. Je crois que c'est un peu le privilège de l'expérience, après avoir fait ses preuves sur plusieurs disques successifs, un groupe a la possibilité de se remettre en question tout en préservant la confiance de ceux qui l'ont suivi jusque-là, voir Metallica. Cette tournée avec Mekong Delta fut réellement riche d'enseignements à notre niveau. La moitié du public était composée des fans de metal traditionnel tandis que l'autre regroupait des musiciens, des curieux ou des gens qui n'avaient au départ absolument rien à voir avec ce type de musique

Justement, vos démêlés avec Noise ne proviennent-ils pas de son incapacité à sortir Coroner du créneau trop restrictif, du heavy-metal?
Exactement. Après quatre albums, nous étions en droit de demander des comptes à notre label. Mis à part les problèmes d'argent qui peuvent exister, on a attaqué Noise sur un problème purement artistique. On a trop tendance, dans les maisons de disques, à considérer un disque comme une boite de savon qu'il suffit de livrer à une chaîne de supermarchés. C'est quelque chose que nous sommes obligés d'accepter à partir du moment où l'on rentre dans le jeu de la production, mais la question est de savoir si le parfum très spécial du savon n'a pas des attraits spécifiques susceptibles d'attirer un autre type de clientèle que les acheteurs traditionnels. Notre musique n'a pas été convenablement exploitée, ils sont habitués à ne travailler que des disques purement heavy-metal comme Running Wild et Kreator et, de ce fait, ont totalement négligé les amateurs de musique industrielle ou, plus simplement, ceux qui apprécient les albums instrumentaux. Je crois sincèrement qu'on avait quelque chose à tenter de ce côté-là.

CORONER ET LES BEATLES
Après avoir fait parler de vous en reprenant « Purple Haze» de Hendrix, vous sortez une vidéo de « I Want You» des Beatles. Vous ne craignez pas d'être devenu un groupe de reprises?
C'est un cas de figure assez bizarre, surtout pour un groupe comme Coroner qui joue un style de musique très personnel. J'étais le seul à ne pas vouloir que cette reprise fasse l'objet de la vidéo que nous devions sortir, j'aurais préféré un vrai titre de Coroner qui puisse montrer qui nous sommes et ce que nous jouons. Mais, c'est le bon côté du trio, la décision est toujours parfaitement démocratique, deux voix contre une, il n'y a jamais ballottage. Après tout, c'est par plaisir que nous avions choisi de reprendre "I Want You" sur l'album. Et certains de nos fans nous ont déclaré avoir acheté l'original après avoir découvert notre reprise. Ça prouve que notre démarche ne fut pas vaine.

Lorsque, entre deux tournées, tu disposes de deux mois comme maintenant, comment occupes-tu ton emploi du temps?
Généralement, on ne se voit pas beaucoup avec Tommy et Ron. Chacun préfère se reposer dans son coin. Pour ma part, je lis beaucoup et je prends quelques notes pour les futurs textes du groupe. J'écoute pas mal de trucs traditionnels, les groupes de la fin des sixties du genre Doors ou Hendrix et voilà. On ne fait pas de trucs exceptionnels, tout est placé sous le signe de la détente et de la relaxation. Ce que j'apprécie le plus en ce moment, ce sont les groupes de Seattle comme Mudhoney, Pearl Jam ou Soundgarden. Et même si Nirvana est trés à la mode aujourd'hui, je persiste à leur trouver un côté absolument génial, authentique et underground. J'aimerais sincèrement qu'on puisse partager l'affiche avec un de ces groupes un jour. Quant à Nirvana, ils sont déjà devenus trop gros pour nous...

MICK HARRIS: INTERVIEW 1998. PEACE WARRIORS Zine #8








+++++++++++++++++++++++++++++++++++JONGLANT TOUR A TOUR ENTRE SA BATTERIE ET SES MACHINES AU SEIN DE DIVERS PROJETS DE NAPALM DEATH A PAINKILLER AUX COTES DE JOHN ZORN ET BILL LASWELL, MICK HARRIS EST SURTOUT RECONNU POUR AVOIR ETE LE FONDATEUR DU GROUPE SCORN. DANS SA MUSIQUE, NOTAMMENT SUR DISQUE, LA VIOLENCE JADIS DEPLOYEE A PEU A PEU LAISSE PLACE A DE PROFONDES NAPPES SONORES PARFOIS AMBlENT OU PLUS DUB, SOUVENT HYPNOTIQUE AVEC DES BOUCLES QUI SE REPETENT, S'ENRICHISSENT, SE GONFLENT, CREANT ALORS UNE MATIERE FLEXIBLE. MICK HARRIS PRIVILEGIE L'ASPECT RYTHMIQUE, JOUANT SUR DE CONSTANTS DECALAGES ET CONTRETEMPS SUR LESQUELS FLOTTENT DES BRUMES DE SAMPLES SOUVENT SOMBRES ET OPPRESSANTES.++++++++++++++++++++++++++++++++++++

A la sortie de chaque nouvel album de Scorn, on découvre une approche musicale différente. Est-ce une constante de l'évolution du groupe?

Je ne m'attache pas à un style précis, mais à une idée. Scorn développe un fil conducteur sur lequel se greffent plein de sens, qu'ils soient complexes ou pas. le travail s'effectue essentiellement sur des changements autour de la palette sonore et du rythme qui évolue d'un disque à l'autre. C'est à ce niveau-là que Scorn a évolué et que les enregistrements se sont plus orientés vers le style de "mixages sonores". L'enregistrement d'un album nous apprend quelque chose de nouveau ce qui nous amène par la suite à procéder autrement, aller vers autre chose naturellement et ainsi de suite, c'est assez simple finalement.
Est-ce peut-être plus effectif, plus productif de procéder de la sorte?
Peut-être je ne sais pas. Je n'écoute pas les anciens albums. Je continue juste à travailler les nouveaux morceaux, à les pousser plus loin pour arriver à une finalité qui me satisfasse!
Auparavant, tu jouais de la batterie avec Napalm Death, et maintenant avec Painkiller. Quelles différences ressens-tu par rapport à ton travail dans Scorn?
Bien sûr, c'est différent, car jouer de la batterie c'est réellement plus physique, alors que l'électronlque c'est quand meme plus mental. Mais je crois que ma façon de travailler avec Scorn, c'est-à-dire programmer des claviers pour créer des rythmes, des matières, des ambiances. est assez semblable de mon approche de la batterie ou de la basse dans une formation.
Sur les anciens albums de Scorn, on pouvait encore entendre des chants des voix, puis à partir d' "Ellipsis'', plus rien!
La ligne de guitare basse et les voix ont disparu lors du départ de Nick Bullen. J'ai aimé travailler avec lui mais je n'ai pas voulu le remplacer au sein de la formation, son départ a ouvert une nouvelle perspective pour Scorn. L'idée était de toujours miser sur les atmosphères, le fait de supprimer les voix et les parties de basses n'avaient aucune influence sur le devenir de Scorn.

Sur scène, tu ne joues pas les titres des premiers albums de Scorn. Est-ce à cause des voix justement?
Non, ce n'est pas à cause de cela. C'est vrai que je pourrais retravailler ces morceaux en faisant des versions concerts, mais je ne vois pas l'intérêt de rejouer des vieux thèmes d'il y a déjà cinq ans.







Un moment en France, on a comparé Scorn et Godflesh. Cela fa-t-it irrité?
Non, pas du tout.
Vois-tu encore Justin Broadrick ?
Non, car en fait il a déménagé à Londres.
Serais-tu prêt à travailler de nouveau avec lui?
Peut-être que cela se produira, je ne sais pas. J'aime la manière dont Justin Broadrick travaille, il apporte ses propres sons. Je préfère ses projets extérieurs à Godflesh. Sur un plan technique. cela reste très bon.
Tu as quitté Ie label "Earache" sur lequel tu as enregistré un certain nombre, de disques, pour aujourd'hui enregistrer sur KK Records. PourquoI ce changement de label?
En fait: j'avais.signé un contrat de cinq ans avec le label ''Earache'', je pensais que Si Je voulais partir, Earache ne serait pas d'accord. Ils m'ont permis de le faire après la sortie de l'album "Logghi Barogghi".
Serais-tu prêt à réenregistrer pour ''Earache''?
Non, je ne le pense pas, ma décision a été définitive.
D'anciens maxis viennent d'être redistribués. Est-ce que cela va se reproduire à l'avenir pour d'autres vieilles productions désormais introuvables?
En effet, quelques maxis sont ressortis sur mon propre label "Possible Records", un autre va bientôt sortir, puis un suivant appelé "Beat" (Quatre titres). Il y a d'autres choses qui sortiront sur ce label, des enregistrements d'autres groupes que l'on retrouve mentionnés sur le catalogue.
Tu as produit le groupe "Sielwolf"?
Non, je ne l'ai pas produit. J'ai travaillé avec eux, ils avaient de bonnes idées. Ils voulaient juste que j'intervienne uniquement au mastering. On a donc réalisé le mixage final ensemble et ils en ont été très contents.
Composer t'apporte-t-il un sentiment d'accomplissement?
Oui, c'est sûr, cela me permet de tout oublier et de me sentir investi dans quelque chose. Après le travail en studio, j'attends les concerts, c'est ce qui se passalt avec Painkiller. En concert, il est possible d'improviser, ce qui explique que Je les préfère.
Une composition doit-elle être impulsive ou bien répond-elle à une structure bien déterminée au préalable?
Entreprendre une composition vient naturellement. J'avance en travaillant à partir d'une idée de base. J'aborde une composition par un son de guitare basse ou par un rythme programmé. C'est le point de départ, un petit quelque chose autour duquel je vais travailler. Je travaille avec un programmateur, donc je ne perds pas trop de temps sur les structures de bases. Mais cela dépend aussi sur quel morceau je travaille, il arrive parfois que je procède totalement différemment.
Te sens-tu influencé par la scène électroacoustique?
Oui, c'est sûr, cela fait partie de mes influences.
Tu sembles également être intéressé par les musiques minimalistes?
Oui, c'est vrai. Mais dans mes compositions, les structures restent simples les rythmes sont la base, ceci dit je trouve intéressant la façon dont certains musiciens travaillent l'électronique. J'essaie de suivre ces scènes autant que je peux. Créer une ambIance à partir d'un seul son, m'a toujours intéressé. Si je travaille actuellement sur l'électronique, c'est aussi par envie de renouveau dans ma musique.
De plus en plus de musiciens sont tentés par la technologie musicale. Qu'en penses-tu?
Cela devient de plus en plus un challenge. Mais c'est aussi plus facile, les machines sont plus performantes, les prix commencent a être abordables et tout cela va très vite. Cela va peut-être renforcer le côté extrême de certaines musiques. J'aime la techno, mais c'est autre chose, ce n'est pas comparable. La scène des musiques électroniques commence tout juste à expérimenter d'autres choses. La techno, elle, sera plus limitée dans le domaine de la recherche.
Tu travailles régulièrement avec Bill laswell. As-tu d'autres projets avec lui?
Oui, probablement. C'est une question de temps. Pour l'instant, nous sommes tous deux très occupés, mais nous restons en contact.
Serais-tu intéressé pour composer la musique d'un film?
Oui, travailler sur la musique d'un film pourrait bien m'intéresser. J'aimerais beaucoup m'investir dans ce genre de choses. La musique électroacoustique serait par exemple tout a fait adéquate pour la musique d'un film.
Quelle expérience gardes-tu en tant que musicien?
J'ai appris seul à jouer de la batterie, je suis totalement autodidacte. Au début, je répétais chez mes parents dans un petit local en dehors pour que cela soit plus pratique. J'ai appris également seul sur le tas tout ce qui touche à l'électronique et l'enregistrement en studio.

ONE LAST WISH: "1986" CD. 1999.










Je n'avais jamais entendu parler de ONE LAST WISH et on entendra sûrement plus jamais leur nom, comme le groupe a splitté peu de temps après son premier concert et cet enregistrement de novembre 1986.
Le style, tu te demande ce que c'est? Et bien c'est simple, du rock alternatif à tendance noisy rappelant le SONIC YOUTH de "Day dream nation" pour ces mélodies légèrement décalées sur cordes flottantes, quoique le contenu est ici moins expérimental et peut être un peu plus rock sur les bords, tout en touchant au plus facile d’accès (Logique comme c'est moins expérimental... Puis il y a bien quelques chœurs plus "pop"). Cet enregistrement contient en quelques sortes le charme et la fraîcheur adolescente que peuvent avoir certains groupes de lycée ou de fac, mais en se tenant musicalement un peu mieux que la moyenne. En fait ça se laisse écouter tout seul, mais parfois j'aimerais qu'ils abusent plus de la corde flottante ou appuient sur le citron de l’expérimentation... Mais je ne regrette pas l'acquisition de ce CD (Prenant une forme de digipack fin) qui m’a à peine coûté un euro (Merci les destockeurs).

DIE SEKTOR: "Scraping The Flesh" Demo CDr. 2004.










Je reste un zest dubitatif et brumeux quand j'entends ce qu'est globalement devenu le dark electro... Très souvent ce qui était alors recherché, épais, complexe voir transcendant est devenu très proche de la techno simple, parfois même d'une sorte de dance dont l'emballage aurait été gothifié et obscurcis sur les bords... Mais pourquoi? Les moyens techniques s'étant fortement simplifiés, pourquoi ne pas essayer d'aller plus loin?

Enfin, commencer cette chronique de DIE SEKTOR de cette façon n'est pas vraiment adéquat, comme ce que propose le groupe n'est pas si dégueulasse... Leur musique se situe entre dark electro relativement classique, et la dark techno/ dance qu'on connaît bien... Pour décrire simplement la chose, disons que la démo pourrait être coupée en deux, entre EBM/ dark electro indus de bonne facture et dark dance techno qui joue sur la simplicité et ne propose rien de spécial...
Bien sur l'emballage est correct: Bonne production, vocaux saturés typiques de l'electro indus, sons corrects quoique pas forcément très extrêmes...
Quand le groupe décolle, on pense au DAS ICH assez accrocheur (Période EBM) ou au FRONT LINE ASSEMBLY de "Civilization" (Donc pas le meilleur, mais quand même pas mal) voir à du WUMPSCUT... Par contre quand il se satisfait de la simplicité, on est dans le rythme "boom boom" classique, les synthétiseurs trance communs voir la dark dance qui sort aussi vite qu'elle est rentrée du conduit auditif (Dans cette catégorie, on pourrait aussi citer un peu de WUMPSCUT). Dommage également que le groupe n’expérimente pas plus sur les samples, car il est ici plus question de programmation et d'une recherche d’efficacité immédiate, que de création d'ambiances tordues épaisses...
Enfin, même si mon avis est assez partagé, je dois souligner le fait que l'ensemble peut s'écouter sans prise de tête (Pas de faute de goût giclante ou de sons mal placés qui gâchent tout) et que le groupe a des passages ou morceaux qui ressortent (Sur les titres "Motionless" ou "Painkiller" par exemple). Alors disons que DIE SEKTOR pourrait plaire à ceux aimant le dark electro/ techno avec zests indus qui ne se prend pas la tête, qui a ses moments plus intenses, mais sans toutefois secouer les bocaux à formol.

DRAINLAND: "Swine" Demo CDr. 2009.










Ragoût de conscience et omelette de cerveau. Cette démo va me permettre d'annihiler les dernières miettes de lucidité résultant du réveillon... C'est parti: Un, deux, trois... Shoot!
Ca commence bien lourd, lent et poudreux comme du vieux EYEHATEGOD mélangé avec d'anciennes reliques de HIS HERO IS GONE, anesthésié, vombrissant, avec une certaine détresse se manifestant dans les cris de souffrance. Tu l'as compris, reste de lecteur mutant et difforme, le style que ces irlandais ont adopté tend vers le hardcore assez chaotique et plein de détresse, mais d'une façon pas spécialement moderne, aussi bien au niveau du style que de l'enregistrement qui fait assez "roots" et pas trafiqué en studio. L'ambiance est assez froide, urbaine et ça sent la poussière.
Certains moments me feraient penser à CROWBAR, car certaines lourdeurs ne sont pas éloignées, mais en fait c'est moins rond et moins métal dans l'approche (Gros son et ambiance plus "peinard" ne sont pas au menu). Difficile par moment de ne pas penser à GODFLESH pour les guitares dissonantes qui partent dans les aigus de la détresse ou dans des choses plus dépressives, c'est ce qui m'avait un peu interpellé à la première écoute post-téléchargeatoire.
Le style est principalement lent, lourd, avec néanmoins quelques petites accélérations et passages plus mid-tempos. C’est pas original mais assez efficace dans le genre.
"Swine" est une démo sympa de Hardcore lourd à tendance dépressive et chaotique qui se tient bien, c'est pas forcément le nirvana des embrumés (Ca reste une démo et ça se sent assez), mais ça laisse aussi espérer pour un futur plus chargé en fumées toxiques bien lourdes qui te pétrifient à la première inspiration. En attendant, on croise les barrettes (lol)