26/06/2011

PITCH SHIFTER - "Desensitized" CD. 1993

Après un premier album ("Industrial") si proche des premiers GODFLESH qu'il avait assez agacé Justin Broadrick, puis un mini CD ("Submit") dont le style devenait plus compressé et plus carré (Dans le sens efficacité), les Anglais de PITCH SHIFTER continuent d'évoluer dans le metal industriel et proposent un deuxième album plus chaud, moins mécanique et froid. Le groupe lache un peu de lest et laisse sa musique respirer, un peu comme si un révélateur avait fait ressortir via leurs pores toute la rouille accumulée dans leurs corps, que celle-ci prenait la forme d'un nuage de poussière brune qui envahit votre chambre... L'atmosphère devient à la fois chargée, toxique et agréable.
Le style reste clairement du métal indus, et c'est toujours assez mécanique (Notamment pour les riffs de guitares, les samples), mais le groupe remplaça la boite à rythme par des pads électroniques qui donnèrent aux rythmes une approche moins froide et plus "tribale" (Entre guillemets car il est plus question d'un côté groovy et d'une certaine fièvre que du "tribal" apparus dans le néo metal quelques années après).
Les guitares haut perchées assez "dépressives" ou hallucinées sont toujours présentes, mais globalement le groupe continue de s’éloigner du style originel de GODFLESH... C'est peut être leur album le plus proche de MINISTRY, pour les guitares assez "thrash" (Même s'il y n'y a pas tellement de passages rapides).
Au moment de sa sortie "Desensitized" était le disque le plus accrocheur et catchy du groupe, car même s'il contient son lot de morceaux plus intérieurs, introspectifs, ou basés sur l'ambiance, on y trouve un nombre assez important de riffs et de parties vocales entrant dans le crâne pour ne pas en sortir si facilement (Tout comme certains samples de voix enregistrées, servant en partie d'introductions aux morceaux ils renforçaient le côté assez "paranoïaque"... Et certains sons de bruits mécaniques typiques du métal indus d'époque sont aussi cools et assez catchy...)
En fait la pochette illustre très bien l'atmosphère du disque. Pour entièrement refléter le contenu j'ajouterais juste une machine un peu rouillée...
Desensibilisé, les machines vous remercient.

DECADES OF CONFUSION FEED THE INSECT #53

En me l'envoyant par la poste, l'éditeur de cette publication l'a décrit comme un "poster zine", mais je me demande si on peut encore parler de fanzine...
C'est en fait un grand poster dépliant (32 x A4) rempli de dessins noir et blanc assez sombres, avec un côté adolescent, assortis d'écrits prenant la forme de poésie (Instinctive?) ou de songes; L'ensemble donnant assez une impression de rêves ou d'univers oniriques mêlés les uns dans les autres... Ca me rappelle un peu certaines pochettes de CATHEDRAL (Pour l'univers, pas pour le graphisme) mais avec une bonne louche de quelque chose de plus "gothique"...
Est-ce censé représenter tout le contenu d'une nuit de rêves? Je ne sais pas... Dans tous les cas je trouve le rendu plutôt pas mal, ce poster ferait une assez bonne décoration pour une pièce "typée" comme un local de répétition.
c/o Justin Duerr, Po Box 13312, Philadelphia, PA19101, USA.
Email: Eulogycontact(a)hotmail.com

NINJA SUSHI Zine #2

Si le ninja est dans le sushi, j’achète!
Si le sushi donne des capacités de ninja, j’achète!
Me voilà face à un petit zine A5 regroupant principalement des dessins de Kapreless. Ils sont humoristiques, c'est sur, et le mot exact serait peut-être "rigolos".
Pour définir le style graphique, je dirais qu'on pourrait y voir un mélange de dessins de presse, et une retransposition du style des pochettes de KMFDM dans un style et un univers plus adolescent, ou "innocent", mais sans faire dans le gribouillage (Tout est bien fini, et défini). J'aime assez le fait que les personnages soient détourés par des traits aussi gros, ça leur donne une grosseur. Les trames utilisées pour remplir certaines zones contiendront des pixels assez gros pour piquer les yeux des plus geek d'entre vous, mais j'aime bien le côté "retro futuriste" que ça apporte... C’est aussi un assez acide, style console fin des années 80… Visuellement c'est assez délirant, sans que les thèmes soient vraiment délirant (C'est plus gentil, plus proche des gros bonhommes en "cubes" (qui sont en fait arrondis), de personnages assez mal dégourdis faisant preuve de bonhomie (Un peu comme dans certains jeux vidéos...). Tout compte fait, je pourrais y voir des affiches de propagande pour des clowns venant du monde parallèle du modem (56 Ko). Rigolo.
c/o Yves Albrechts, Postbus 100, 2000 ANTWERPEN 1, BELGIQUE.

10/06/2011

AMPHETAMINE WOLVERINE BLUES Zine #0

Drogué à la chronique, à croire que le fait d'en écrire dégage une substance spéciale dans le cerveau... Allez, je m'en retape une!
Amphetamine wolverine blues est un fanzine sans pieds ni tentacules, mais avec des entailles et des cicatrices... Rien à voir avec un zine de gros malade suicidaire masochiste comme pourraient l'imaginer certains, ici les cicatrices sont dues aux nombreux coups de ciseaux, car du découpage et du recollage il y en a un paquet: C'est un zine cut'n paste qui reprend des articles, publicités ou illustrations de journaux assez anciens, mais encore frais de par le côté curieux, assez humoristique ou décalé qu'ils peuvent donner... On y voit comment transformer un vinyle endommagé par le soleil en un plateau ou une corbeille de table, on y apprend que les sons audibles à l'oreille accroissent la poussée des plantes, on peut trouver une ancienne pub pour les soutiens gorge (Plutôt années 60) et une autre de même époque qui se veut visionnaire et nous montre que les tondeuses à gazon pourront faire le travail sans intervention humaine... Il y a aussi un article des années 60-70 montrant les "utilités du bruit" comme la faculté de paralyser les petits animaux, de détruire les bactéries ou autres...
C'est assez amusant, contenu dans 16 pages A5, et je l'ai reçu en faisant un échange.
c/o Kami, Po Box 278, Edwardstown SA 5039, Australie.

ATROCITY - "Willenskraft" CD. 1996.

Les métalleux allemands reprennent le style de leur album précédent, "Blut", soit un mélange de Death thrash et de power, mais en le modernisant, le compressant et en travaillant sur l'efficacité. Les morceaux deviennent beaucoup plus ciblés machine de guerre, le jeu devient beaucoup plus précis, presque mécanique, et les instruments beaucoup plus produits sonnent presque comme des machines. De ce fait le groupe sonne assez régulièrement comme un groupe de métal indus, on sent par moments que FEAR FACTORY est passé par là (Mais dans la forme, car c'est plus sombre, torturé, un peu plus décadent... On est ni dans le cyber, ni dans la technologie et ses «merveilles»).
Curieusement, on retrouve trois titres rapides et complètement typés death metal qui auraient presque pu figurer sur leurs premiers disques... Et au milieu de ces orgies de guitares, se cache "Love is dead", un morceau metal gothique assez réussi et différent de ce qui se fait actuellement car moins gentil et plus sombre (On est pas si loin de EDGE OF SANITY, avec une touche de TYPE O NEGATIVE époque "Bloody kisses").
Alors que "Blut" donnait déjà assez une impression de fourre tout, "Willenskraft" reste dans ce type de ressenti global mais en améliorant la qualité générale des morceaux... Pris séparément ils sont assez efficaces, voir très bons, mais ils évoluent dans des styles parfois assez différents, voir opposés, qui ne s’enchaînent pas forcément au mieux pour une écoute agréable (Passer du métal gothique à du death metal brutal c'est pas forcément génial pour la cohérence d'un album). D'un autre côté la plupart des titres ont quelque chose en commun au niveau de l'atmosphère, ce qui leur permet quand même de laisser couler, mais je me souviens que ça ne ma pas empêché de zapper quand j’étais dans des humeurs moins ouvertes…
J'ai un peu de mal à conclure de façon claire ou accrocheuse... Disons que c'est un disque que j'écoute de temps en temps, et qu'il contient de très bons morceaux, mais que je n’arrive pas à en faire ressortir une ou deux grandes idées… Pour l'auditeur potentiel, il faudra voir si les styles assez différents, la production (Notamment la batterie) et certains morceaux plus faibles ne le dérangent pas.

PEARL JAM - Vitalogy CD. 1994.

Aaahhh le deuxième album de Pearl Jam intitulé "Vs", je l'avais souvent écouté et j'y avais bien accroché à l'époque, ça collait parfaitement à la vie d'ado en fin de collège, début de lycée, assez branleur, relax, cool, presque insouciant... Il faut dire que même si le groupe était assimilé grunge leur musique était tellement mieux jouée que la moyenne du style: C'était plus varié, plus vivant, toujours inspiré et le vocaliste chantait super bien (Avec feeling).
En somme Pearl Jam avaient mis le paquet, tous les morceaux étaient bons, faits avec un feeling presque débordant, les pistes ne se ressemblaient pas et avaient chacune leurs particularités, c'était une sorte de flot de "perles de confiture" ("Pearl Jam" en français) qu'on pouvait savourer sur toute la longueur sans s'ennuyer du tout… D'ailleurs le groupe avait eu pas mal de succès à l'époque, on les voyait souvent en interview dans Hard'n heavy ou Hard rock magazine, et ils avaient du tourner de façon assez intensive...
Mais voilà, après avoir mis le paquet, il fallait sortir la suite... Et quand j'ai découvert cet album, "Vitalogy", j'ai été assez déçu: Je ne retrouvais pas l'ambiance très cool, assez ronde et suintant presque le bubblegum, les morceaux étaient moins intenses, moins terminés avec «soin»... Pearl Jam étaient devenus une sorte de groupe "rock/pop/punk" comme un autre et leur musique n'avait simplement plus le même écho... PEARL JAM pour moi c'était fini.
Puis bon, les disques d'occasion à bas prix aidant, je me suis re-procuré cet album quelques années plus tard… Ca m'a pris un peu de temps pour en refaire le tour et le réécouter avec assez d’attention, et finalement il n'est pas si mauvais...
Oui le chant d'Eddie Vedder est moins émotionnel, moins touchant, mais il sonne toujours bien.
Oui les morceaux débordent moins de feeling, sont moins travaillés et ont des structures plus simples (Voir dépouillées), mais plusieurs d'entre eux ont pas mal la pêche.
Finalement "Vitalogy" est un album de rock garage plutôt pas mauvais, évoluant entre morceaux énergiques et titres plus lents, dépouillés ou relativement expérimentaux... Pas de quoi l'écouter en boucle, et tout son contenu ne me plaît pas trop, mais une fois de temps en temps...
C'est comme ça quand on a vraiment mis le paquet, on ne peut pas le mettre une deuxième fois, à moins de vraiment prendre le temps de se retrouver (Un délai impossible à tenir dans le rythme album/ tournée/ album/ tournée).