23/12/2012

THE BAD LIGHT "Marrow of sound" MCD. 2012


J'avoue, j'ai osé mettre mes doigts dans la vieille attrape souris rouillée pour voir ce que ça faisait... Malgré un bruit de "Claque!" je n'ai rien senti.
Ecouter cette démo me donne l'impression d'être en plein été, dans une vieille grange poussiéreuse, ou les vieux outils rouillés et objets hétéroclites se côtoient dans un bordel brumeux et brunâtre inanimé mais pourtant bien vivant.
THE BAD LIGHT pratiquent une forme de stoner un peu différente de ce à quoi l'auditeur amateur peut être habitué. Alors que l'ambiance (Assez chaude, brunâtre), la production (Simple et naturelle, presque intimiste), le chant (Un peu dans l'espace, un peu à l'Ouest) sont proches de mes habitudes stonifiées, le jeu des musiciens prend un côté un peu plus complexe, un peu plus "math" (Dans le sens calculé): Il n'est pas question de technique ou de quantité de notes à la minute, mais plus de la façon dont les mesures sont batties ou découpées: Ainsi le batteur n'a pas un jeu linéaire, et pourrait donner l'impression de partir dans un délire relativement prog ou jazzy par moments; Ainsi le guitariste a un jeu un peu plus recherché que la gratteux de stoner habituel, surtout sur les premiers morceaux…
Après sur la deuxième moitié de l’enregistrement, le style est joué de façon plus classique, à tous les niveaux.
On notera quelques touches mélodiques glissées, plus lumineuses et à consonances 70's, elles ressortent et j'aimerais que le groupe en ajoute plus.
Avec une production moins simple et un son plus gras, le rendu pourrait être différent, plus cool.
C'est une démo pas déplaisante, assez curieuse, mais je trouve qu'elle manque de passages accrocheurs ou de moments cools bien épais (C'est ce que j'aime dans le stoner). Néanmoins le groupe semble emprunter une voix assez singulière qui pourrait se bonifier sous l'effet du soleil et de la poussière marron: Une sorte de "stoner technique" ou de "stoner progressif"… Donc espérons pour eux que les répétitions feront monter la température dans leur marmite créative.

RISING DUST "Taste of fire" MCD. 2008


Imagines, tu n'as pas atteint la fin de l'adolescence et tu es chez mémé, casé bien confortablement entre une demi tarte au sucre saturée en beurre et un gros morceau de gâteau dégoulinant de chocolat...Le canapé est bien dodu, le papier peint suinte les années 70... C'est peinard.
C'est l'impression que me donne ce disque des français de Rising Dust: C'est peinard, pas prise de tête, bien chaud et relaxant.
Pour décrire la musique, pas besoin d'aller chercher avec une lampe torche dans le frigo et le dictionnaire culinaire pour essayer de s'y retrouver: Le mélange se situe entre doom des années 70s (Version cool), et stoner au sens originel du terme.
Presque inévitablement on pense à Black Sabbath, pour les vocaux assez lyriques et une partie des riffs, quoique le groupe va moins dans les extrêmes si je peux dire (Pas de moments vraiment doom qui font plonger dans le cimetière, ou de choses très rock'n roll au point d'enflammer l'huile). Par moments on pourrait penser à Cathedral également, pour certaines guitares "stoner" assez épaisses ou d'autres plus lyriques, mais c'est également un peu inévitable vu le style.
Les morceaux sont composés convenablement, ça coule sans brusquer les oreilles de l'auditeur. Le son est assez rond. Je n'entend pas de riff bidon. Par contre je trouve la pochette un peu bof, et sur le premier morceau le chant est un peu répétitif...
Le groupe a sans doute du bien s'amuser à jouer ce mini album, mais comme chaque moment de coolitude a son revers, je me vois dans l'obligation de souligner que la musique est très classique. On ne peut pas dire que c'est de la copie bête et méchante, car le côté pas prise de tête qui s'en dégage éjecte assez rapidement l'idée de photocopillage volontaire, mais pour ceux aimant mettre un peu de neuf dans leur gâteau doomifié il faudra peut-être chercher plus loin...
Voilà, RISING DUST est un groupe plutôt cool qui n'apporte pas de neuf à la roue éternelle du doom, mais ils fournissent de la coolitude, et c'est déjà pas mal dans le contexte actuel ou le métal est si souvent frigorifié, plastifié, et recouvert de parpaings…

STONE TEMPLE PILOTS "Plush" CD single. 1992


Même si les Stone Temple Pilots sont tombés dans l'oubli médiatique après la fin de la vague grunge, c'était un bon groupe avec pas mal de feeling et deux premiers albums qui tenaient bien la route par rapport aux bonnes sorties "grunge" de l'époque.
Assimilés Grunge à cause des ambiances et de l'état d'esprit assez désabusé de certains morceaux, leur musique était quand même moins crade et sonnait moins branleur que pas mal de formations d'époque, je les trouve plus proches d'une sorte de heavy metal américain d'époque 90's, avec un côté alternatif dans les ambiances et l'approche... C'est plus heavy et puissant que pas mal de trucs d'époque: On pourrait parfois penser à l'album de MOTLEY CRUE sorti en 1994 (Moment ou le groupe de heavy glam s'était soudainement mis au grunge, comme par magie, mais en restant bien plus heavy et puissant), et dans la forme KING'S X n'est pas très loin (Même si l'ambiance est différente, pas de soucis).
Assez souvent qualifiés de copie de PEARL JAM dans la presse, j'ai souvent trouvé les Stone Temple Pilots plus proches d'ALICE IN CHAINS... Notamment pour le côté psyché, les ambiances assez sombres, et les riffs assez lourds (Puis leur jeu était moins fun ou énergique que la bande à Vedder, à part sur quelques titres).

Dans cette chronique je vais parler d'un CD single sorti à l'époque de leur premier album "Core", contenant deux morceaux de ce disque, ainsi qu'une version réarrangée et un live.
Le premier morceau "Plush" est assez cool. Il fait pas mal penser à PEARL JAM sur "Vs" (Dans les morceaux rock les plus peinards)... C'est pas leur composition la plus trippante, mais elle reste assez peinard à écouter... La mettre en avant était peut être un choix commercial venant du label, car ils avaient sorti des choses bien plus trippantes et catchy de leurs besaces.

Le deuxième titre "Sin" débute avec ces notes de guitares assez hallucinées. Il est assez heavy, avec une touche torturée dans les guitares, et un côté assez psyché que je rapprocherais pas mal d'Alice in chains (Notamment pour le chant allant dans des contrées assez introspectives). C'est assez heavy. Un bon titre.
La troisième piste est assez surprenante, elle reprend "Sex type thing" qui déménageait bien (Avec son côté aérien, bien psyché, et aussi assez heavy), mais dans une version soft mêlant guitare acoustique et xylophone (Sous écho liquéfié), l’ambiance prend un petit côté mystérieux et nous emmène dans un vieux bar enfumé des années 50. (On se croirait dans certains trucs sympas d'Edwyn Collins). Pas mal.
Puis pour terminer ce single, voilà une version live de ce même morceau mais en version "originale" avec guitares électriques et batterie... Ca rend pas mal, c'est sûrement une des meilleures compos du groupe mais je préfère la version studio qui prend plus d'ampleur.
Quand je vois la qualité de leurs meilleurs morceaux et le niveau global de leurs premiers albums, je me demande ce qui a bien pu plomber la carrière des STONE TEMPLE PILOTS... Peut-être la fin de la vague grunge dont j'ai parlé au début, ou le fait qu'à partir du 3ème album ils ont fortement changé de style pour évoluer dans quelque chose de plus rock, parfois plus pop, plus léger et moins chargé émotionellement... J'opterais plutôt pour la deuxième solution, car pas mal de bons groupes ont survécu médiatiquement et qualitativement aux changements de modes...
Sinon ils se sont reformés et on ressorti un nouveau disque en 2010, mais ne l’ayant pas écouté je me contenterais de dire qu’il ne semble pas déchaîner les foules.



THIN LIZZY "Black rose" CD. 1979


Thin Lizzy c'est un groupe que j'ai toujours croisé, notamment via les vieux Hard Rock magazine qu'on trouvait dans les pochettes publicitaires de 1994 à 1996, mais je ne les avais jamais rencontrés. Assez curieux qu'un groupe si connu dans le monde du hard rock n'ait jamais atteint mes oreilles durant douze bonnes années (Mais je suis peut-être un peu responsable, le groupe n'a jamais eu un visuel particulièrement "provoc" et pendant longtemps j'ai cherché dans la musique intense...)
Puis j'ai finalement pu tester plusieurs de leurs albums, petit à petit, au fur à mesure des trouvailles dans les braderies ou dans les CDs "Mid price" chez le disquaire du coin.... Et je peux maintenant l'affirmer, "Black rose" est leur meilleur album à mon goût: Alors que les enregistrements des années 70 manquent de quelque chose ou sonnent relativement "communs" à mes oreilles, celui dont je vais parler dans quelques lignes a plus d'épaisseur, de corps, et aussi de mélodies… C’est le meilleur :-)
Ce qui me plaît ici, c'est l'ambiance chaude à littéralement en dégouliner sur la table du bar, le côté cool et relax, le fait que tous les morceaux soient bien (Je pèse mes mots, ce disque a tourné pas mal de fois ces 3 dernières années), qu'ils soient variés, que le groupe ne sonne pas spécialement comme un autre... Puis le chant est cool, parfois chanté, avec des refrains qui pourraient presque passer en radio (Sans qu'ils ne sonnent surfaits ou particulièrement commerciaux...)
Le premier morceau débute avec une guitare mélodique assez lyrique à la Iron Maiden, ce qui peut un peu tromper car la suite est moins heavy metal... THIN LIZZY reste un groupe de hard rock, avec ces guitares lyriques assez marquantes qui reviennent ici et là, ou une épaisseur un peu plus marquée que le hard rock classique, mais reste quand même un groupe de hard rock cool et assez varié.
Les morceaux sont à leur tour punchys et entraînants, plus posés et groovys ou mélodiques et mélancoliques...
Les atmosphères pour certaines font assez café et "populaires", d'autres sont plus colorées, certaines font même assez nocturnes...
En écoutant ce disque, je me dis que Phil Lynnott, le principal compositeur, devait être quelqu'un de simple; Qu'il n'a pas essayé de surjouer sa musique ou d'en faire plus que ce qu'il ne ressentait réellement, on ne trouve pas ici de sentimentalisme ou de surenchère (Et pourtant ça marche tellement bien...).
THIN LIZZY est un groupe qui ne devrait pas déplaire au plus grand nombre, car leur style de hard n'est pas des plus agressifs et leur musique sonne bien, mais de part l'ambiance et le style présents ici je dirais que ce disque est plutôt destiné à ceux aimant le hard rock à la croisée des années 70 et 80, qui ne sont pas contre un côté plus doux notamment au niveau du chant, et qui ne sont pas contrariés avec les anciens albums d'Iron Maiden.
Si vous voulez découvrir Thin Lizzy commencez par "Black rose" et écoutez le plusieurs fois, merci.

11/12/2012

NON FICTION "In the known" CD. 1992











L'album débute par un riff ultra heavy qui n'aurait pas déplu à Cathedral (Epoque des premiers albums) au ou groupe Sludge ( Epoque "Scarecrow messiah"), le genre de riff qui fait carrément craquer le granit de la tombe pour laisser sortir ce qui s'y cache.
Puis, tout en restant assez heavy, le reste du disque prend peu à peu une tournure plus alternative, et alors on se retrouve quelque part entre heavy un peu doomy et heavy "alternatif" me rappelant Soundgarden (Epoque d'avant "Superunknown"). Puis certains riffs style hard rock/ heavy sombre pourraient rappeler les vieux albums de Danzig, si vous voyez dans quel pot de confiture (d'araignée) je mets le doigt (C'est pas mauvais comme atmosphère).
Pour le style le vocaliste dénote un peu, son chant est le plus proche du heavy classique avec des restes de chanteurs de thrash metal "mélodique" (Je pense à DAM); Par moments ça donne un effet "Mon destin est trop dur" qui colle au côté légèrement doomy, parfois ça fonctionne moins (Il serait un peu trop "agressif" dans le genre?). Puis allez, tant que je critique, je soulignerais que le son de basse manque de fréquences graves, alors qu'elle aurait pu arrondir des guitares un peu trop sèches (Ou froides) à mon goût.
Voilà, "In the known" est un disque correct, avec des passages un peu doomy ou dark pas mauvais, mais sans plus. Ceci dit je n'ai peut-être pas saisi le truc qui fait vrombir, alors si vous détenez la clé du machin envoyez-moi une note explicative assortie d'un paquet de shamallows (Noirs et blancs) et je me ferais une joie de m'en occuper :)

STEREO ASSASSIN "It is what it is". MCD. 2012.











J'ai osé mettre la tête dans l'aquarium souterrain. J'ai plongé la tête dans la jungle toxivore et j'en ai ressorti ce truc recouvert d'algues vertes nauséabondes.
Stereo Assassin c'est cool: Il pratique ici un drum'n bass à touches breakcore et industrielles qui pète pas mal, et qui suinte de choses intéressantes. L'atmosphère assez dark qui se développe est cool.
Je sens quelque chose de 90's dans la façon de faire et dans l'ambiance, on est pas très loin du cyber punk, d'une jungle humide et saturée en crasse.
On pense parfois aux truc les plus rythmés de SCORN ou de PRODIGY époque 'Fat of the land", sans être exactement dans le même monde ou utiliser les mêmes tics musicaux.
Stereo Assassin a le truc pour développer de bons beats qui sont souvent efficaces et simples, ou par moments compliqués mais pas démonstratifs. Les touches breakcore aidant, les rythmes sont assez variés.  Il a aussi le truc pour développer l'intensité émotionnelle, via l'ajout de samples plus noisy et industriels, notamment sur le premier morceau qui met en place comme une intensité qui monte.
Je trouve que sur le 3ème titre, une couche de samples ou de quelque chose de supplémentaire pourrait apporter un côté plus décisif, il manque peut être une couche de peinture.
Par moments la musique a un côté tribal, je pense au sentiment de liberté animale et pas au côté "tribu/ djumbe"...
La production est adéquate, avec assez de basses, et sans le cellophanage sempiternel des trucs électro actuels.
Ce 3 titres est vraiment pas mal. A écouter pour ceux aimant les sons proches du style des années 90 pour le corps (Voir aussi pour la forme), mais n'étant pas hermétique aux influences et approches plus actuelles.

STUCK MOJO "Rising" CD. 1998.











Même sans être fan de Metalcore ou de rap metal et de ce qui s'en rapproche, il arrive qu'on tombe sur des albums qui nous plaisent bien...
STUCK MOJO proposaient ici un mélange de ce qui était en vogue à l'époque, voir quelques années avant, soit une fondue métallique de hardcore et de metal "burnés" avec pas mal d'influences rap métal, rappelant tour à tour MACHINE HEAD (Premier album), PANTERA (Non, pas le premier huhu), BIOHAZARD (Epoque "State of the world adress") et quelque chose comme URBAN DANCE SQUAD pour le chant rappé (Quoi qu'il soit moins aigu et moins dans les narines).
Une fois l'intro passée, ça commence bien avec un premier titre ("Trick") aux guitares assez speed et thrashy, tantôt bien motivées, tantôt carrées style "Parpaing". On est pas loin du thrash metal, ça pète pas mal.
La suite est pas mal également avec un morceau plus lourd ("Assassination of a pop star") situé quelque part entre le power metal de Pantera/ Machine Head et des influs plus stoner/ sudiste qui donnent une ambiance assez chaude.
Le morceau d'après ("Rising") ne me déplaît pas avec son metalcore assez carré, motivé et aussi groovy.
Celui qui arrive ensuite, intitulé "Southern pride", se trouve quelque part entre hardcore et rap metal. Il se laisse écouter.
Par contre le suivant, qui est plus confortable et plus hip hop, est assez bof... bof...
Puis voilà des doubles grosses caisses pour un titre qui fait un peu remonter le jus: Rythmes plus puissants, riffs plus épais, vocaux de bulldog pas content... Ca va.
Enfin la tension retombe, d'abord pour un morceau plus lent style hardcore binaire à touches sudistes, puis pour un autre un peu poussif... On a dépassé la moitié du disque, et ça sera tout en ce qui me concerne: La suite est pas forcément nulle, mais même si certains morceaux conservent une relative efficacité je ne trouve plus d'idée cool ou marquante, et le remplissage a fait son œuvre (A coups de pelle?).
"Rising" est un album plutôt cool, à condition d'aimer cette fondue métallique assez virile. C'était l'époque ou les groupes bénéficiant d'un gros son n'avaient pas une production complètement plastifiée, et ou on sentait encore que ça respire, que ça transpire... Sans être particulièrement personnels, STUCK MOJO avaient sorti un album assez efficace et avec des idées assez cools. Par contre je n'ai pas écouté leurs enregistrements précédents (A l'époque, j'étais plongé dans des contrées musicales assez éloignées), donc pour l'analyse de conclusion, vous repasserez... Ca se terminera à coup de parpaings et de barres à mine!