24/09/2011

GOLGOTHA: "Uglify" Demo cassette. 1994.







Ah non chers lecteurs, ce GOLGOTHA là vous ne le connaissez sûrement pas! Ils ont juste sorti deux cassettes autoproduites avant de s'évanouir dans le brouillard des changements de noms, de styles musicaux, et de sexe (Non, là je déconne...)
Même si le pas très précis Metal-archives nous indique que ce groupe américain jouait du "Death metal industriel", il faudrait plus simplement parler de Metal indus...
Les premiers morceaux sont carrément de la copie GODFLESH (Avec quelques influences supplémentaires)... On retrouve le côté mécanique, lourd, avec boite à rythme typique et chant assez "hardcore", le tout dans une ambiance située entre les premiers GODFLESH (Pas de citation précise, ils sont un peu influencés "multi-chaires"), voir PITCH SHIFTER. Ca me rappelle régulièrement "Selfless" pour certains riffs bien lourds (Et le son de basse corrosif qui déchire le bitume), même si la production assez crue se rapproche plus de "Slave state", et que le style global fait un peu moins moderne que le G.F. de 1994... Sinon je suis un peu surpris qu'on retrouve peu de guitares torturées partant dans les aigus. Mais c'est plutôt pas mal à écouter, l'ambiance d'époque est pas très loin, et y'a de la lourdeur sur les bandes...

Puis la deuxième partie de la démo est moins sympa... Au début ça va, ça commence par une interlude ambiant (Avec samples passés à l'envers, voix parlées sous échos) qui se laisse écouter, ça continue avec un morceau plus proche des vieux FLA/ GGFH (Avec des guitares et un passage plus thrash) qui est également correct, mais ensuite on se farcit une expérimentation indouïsante pas trop intéressante, ainsi qu'un truc metal indus/ electro expérimental assez bancal, et enfin un machin dark electro/ techno (Avec basse saturée) qui conclue d'une façon pas très passionnante... Ils ont peut-être du trop vouloir remplir la cassette…

Bon, pour faire la conclusion je ne vais me baser que sur les premier titres qui sont les plus réussis: C'est de la copie GODFLESH de qualité assez satisfaisante, rien qui ne dérange dans le style et le rendu est plutôt pas mal... Mais alors que chez le groupe de Justin Broadrick le côté répétitif pouvait être une force et rendre certaines guitares carrément obsédantes, ici ce n'est pas le cas et je trouve que les morceaux manquent un peu de dynamique (Et de jus! Mais pour de la copie c'est peut être normal?)... C'est une démo que je trouve quand même assez cool à écouter, et qui pourrait caresser les gros fans de "Slavestate", "Streetcleaner" ou de "Submit" dans le sens du poil… Juste assez pour leur donner envie de retourner écouter les originaux juste après Héhé! (C’est un peu mon trip en ce moment, trouver des produits de substitution d’époque pour me donner l’envie de réécouter mes vieux disques).


PUNCTURE: "Puncture" CD. 1994.












Continuons d'explorer l'underground du passé en plongeant la tête dans les circuits grillés des vieux enregistrements Metal indus poussiéreux et oubliés.
Cette fois ci c'est le projet de deux américains dont un certain Rick Perry (Qui joua de la guitare dans le groupe de thrash GAMMACIDE, que seuls les gros fans de thrash old school doivent connaître) et qui reprend un peu tout ce qu'on pouvait retrouver dans le metal industriel à l'époque, dans différents dosages.
Les deux musiciens ont écouté FEAR FACTORY, on le ressent régulièrement le long du CD, aussi bien "Soul of a new machine" (Pour les riffs plus death, les doubles grosses caisses) ou "Demanufacture" (Pour les riffs les plus lourds ou un côté galop au médiator).
Certains passages sont carrément plus proches du vieil éléctro indus: Claviers rythmiques qui "calculent", rythmes froids mais "groovy", vocaux trafiqués... Je pense aux vieux FRONT LINE ASSEMBLY ("Caustic grip") en plus simple ou à MINISTRY ("Twitch") dans une moindre mesure.
Bien sur le MINISTRY le plus métal se fait ressentir, pour certains aspects thrash ou "punk", pour un côté déglingué dans le chant ou certains samplings... Puis il y a aussi un peu de vieux GODFLESH (Voir PITCH SHIFTER) mais cette dernière impression diminue sur une partie des titres.
Ce disque devait être assez efficace quand il est sorti, et il a encore une relative pêche, mais je ne peux m’empêcher de m'ennuyer un peu: Les morceaux ont une forme assez classique, une partie des riffs (Trop simples) me fait ni chaud ni froid (Genre "Mouai"), et surtout je ne retrouve pas l'ambiance brunâtre d'autres albums d'époque. Il reste quand même des idées intéressantes ici ou là, des samples assez délirants, et certains titres pètent encore pas mal, mais ça manque un peu de jus de pruneau et d'âme pour résister à l'épreuve du temps.

TUMMLER: "Queen to bishop VI" CD. 2000.







"Cailleuhusse": Onomatopée étrange enregistrée il y a plusieurs décennies sur un cyborg censé communiquer avec d'autres civilisations... Mais malheureusement son vaisseau a percuté une météorite qui défonce, il a été obligé de s'écraser sur une planète inconnue et ne cesse depuis de répéter en boucle "Cailleuhusse... Cailleuhusse... Cailleuhusse...".
Heureusement, comme je pense au triste sort des cyborgs perdus dans l'espace qui s'ennuient, je vais faire ma bonne action de la décennie et lui envoyer un peu de musique! Mais les transferts intergalactiques de fichiers sont soumis à droits d'auteurs (La Hadopi est devenue une multiplanétaire depuis) alors choisissons plutôt un groupe peu connu, un truc qui passera entre les mailles du filet, sans m'endetter pour deux générations...
Le petit groupe américain TUMMLER devrait faire l'affaire, et leur musique devrait être assez cool pour les longues journées de notre ami le cyborg: Elle est assez chaude et sent le sable, elle est assez variée, tantôt assez lourde, tantôt plus énergique, juste ce qu'il faut pour passer quelques heures sympas pour rouiller en paix.
C'est du stoner classique avec une touche rock'n roll, mais qui joue souvent un peu plus lentement que la moyenne. Je leur trouve parfois un petit côté sludge (Certains pourraient dire "doomy") quand le groupe est plus épais et approche un début de léthargie, on ressent aussi un petit côté ENTOMBED de "To ride..." (Mais avec une production moins typée "Je frictionne le granit bien fort) dans la façon de jouer et pour certaines connotations stoner'n roll assez "grosses". Ils ont aussi parfois un côté "j'men branle" un peu trop marqué pour être du KYUSS, c'est comme un aspect côté rock'n roll à la MOTORHEAD, quand ça suinte le gros, le gras, avec la basse qui vrombit... Mais on le trouve surtout dans le premier morceau, alors afin que cette chronique reprenne un peu de clareté je me sens obligé de vous chuchoter que ce disque c'est un peu comme "Sky valley" de "Cailleuhusse" en version simplifiée, avec moins de riffs et de choses dedans (Et aussi en un peu plus amateur).
TUMMLER c'est un peu le KYUSS du pauvre, mais un pauvre qui aurait quand même pu mettre les pieds dans le sable, assez longuement pour s’imprégner de l'ambiance, de la chaleur, du soleil local... Sans néanmoins avoir le temps de toucher aux fameux cactus,
ni de rêver ses morceaux pour en faire des petites perfections sur bande...
Bon ce disque est plutôt pas mal, mais cinq titres et une intro pour environ cinquante minutes ça fait un peu long du morceau, et donc sur quelques passages je suis obligé de m'accrocher aux dunes (M'accrocher aux dunes, c'est pas évident si vous y pensez deux secondes, surtout dans le désert)... Si seulement le groupe avait désablé ses compositions, en allant plus à l'essentiel, j'aurais pu rester casé entre mes deux enceintes, la bouche grande ouverte, avec la desperados qui coule dedans...

HAMMERBOX: "Numb" CD. 1993.








Avec cette chronique ça va être simple et assez rapide, non pas car le contenu du disque serait craignos, mais car la musique n'est pas prise de tête.
HAMMERBOX était un groupe évoluant entre grunge et rock assez énergique; Si trois mots devaient représenter leur musique, on pourrait choisir: Energie, pêche et fraîcheur.
Durant l'écoute je pense à un peu de FOO FIGHTERS (En moins "carton"), un peu des premiers SMASHING PUMPKINS, un peu de NIRVANA (Sans être branleur), et avec une certaine fraîcheur ainsi qu'un côté rock proche d'AMMONIA... Plusieurs "peu" ça fait un "gros peu" comme dirait mon grand père...
C'est une fille qui tenait le micro et elle se démerdait bien, elle avait un certain coffre... On a pas à se plaindre.
Notez que même si le groupe envoyait une bonne part de grunge, ils ne jouaient jamais sur le côté branleur et désabusé, préférant le côté hard qui pète et l'energie...
Même si ce disque est assez agréable à écouter, HAMMERBOX n'avaient pas trouvé le riff qui marque à fond... On peut pas tout avoir.
Mon CD arbore toujours fièrement l'étiquette "50 centimes", ça aussi ça pète pas mal.

THE SCRIPT: "The script" CD. 2008.








"Oui et non", c'est dit, voilà ce que je pense de cet album.
Et si on développait un peu?
En fait j'ai eu du mal à cerner le contenu de ce disque, car malgré un côté commercial et volontairement radio-friendly bien affiché, quelques titres et éléments par-ci par-là me laissaient me dire que c'était pas forcément si mal... Il m'a fallu plusieurs écoutes espacées dans le temps pour y voir plus clair...
D'un côté le groupe rappelle Robbie Williams pour le côté grosse production (Toutes proportions gardées), avec une recherche du plan qui va directement brancher l'auditeur accroché à sa radio, voir faire dans le sentimentalisme du style "J'emballe".
De l'autre ils ont des éléments plus "rock" proches de THE POLICE ou de SNOW PATROL, plus tristes ou avec une sorte d'ambiance assez fraîche.
Plus j'écoute, plus je me dis que l'influence THE POLICE pas forcément évidente au premier abord, est quand même assez marquée, sur la plupart des morceaux: On retrouve le côté frais, aérien, certains tics de guitares ou façons de chanter (Même si la musique est moins dynamique, moins construite ou marquée "reggae"/ rock).
Dans ce disque je ne garderais pas tout, c'est sur, mais pour être honnête je dois dire que des morceaux comme "Together we cry", "Rusty halo", "Fall for anything", et éventuellement "Before the worst" (En étant conciliant) sont pas mal dans le genre.
"Together we cry" est un titre pop en apparence assez radio friendly, avec son petit rythme qui balance un peu, son chant calibré radio/ djeuns avec côté hip hop, mais aussi avec des violons sympas, un refrain pas mauvais et une certaine mélancolie...
"Rusty halo" est vraiment pas mal: Plus rock et dynamique, il ressemble vraiment à The Police, avec la même énergie, les mêmes guitares assez fines, le même chant... Plusieurs titres comme ça auraient rendu le disque carrément plus sympa...
"Fall for anything" est au début un peu too much dans le commerce, puis il devient moins cucul, avec un refrain pas mauvais et des mots qui s’emmêlent de façon "abstraite" assez plaisante...
"Before the worst" m'a donné un peu de mal avec son chant typé hip hop et son côté Robbie "hood" Williams, mais le refrain sonne quand même pas mal...
Après je me vois dans l'obligation de retirer quelques slows, ballades, morceaux avec du piano (Qui fait chavirer ton petit cœur), ou des choses pop commerciales typées tendances actuelles... Dans un sens c'est dommage, car des idées assez bonnes se trouvent au milieu du passage de pommade...
Vous l'avez compris, je n'accroche pas à ce qui est trop formaté, mais je me dis que THE SCRIPT ont quand même des idées pas mauvaises et qu'ils auraient pu avoir un meilleur impact sur l'auditeur que je suis en évitant de s'accrocher aux dernières tendances de la pop et du radiofriendly... Objectivement je dirais que cet album pourrait plaire à certains, voir à beaucoup, car c'est un produit qui sonne bien, qui contient des refrains accrocheurs et dont rien de musicalement nul ne dépasse.

CRAWL: "Earth" CD. 1995.








Le bouillon radioactif du metal indus d'époque laisse encore ressortir quelques enregistrements assez intoxiqués pour faire vibrer nos vieilles carcasses cybernétiques complètement rouillées (Ah Ah). Ici on parle du groupe américain CRAWL qui avait sorti une démo et un mini CD sous le nom de BLEED, avant de changer d'identifiant.
Le contenu du disque c'est du metal indus à tendances death metal. On pourrait être tenté de parler de death metal industriel, mais ce qu'il renferme est moins violent: C'est un mélange entre les premiers GODFLESH, le premier disque de FEAR FACTORY (Sans les passages rapides ou le chant clair), avec peut-être un peu de vieux HELMET (Dans la précision des plans les plus core). On trouve pas mal de passages mécaniques, de doubles grosses caisses, de guitares haut perchées, puis le chant est complètement dans le style Godflesh la plupart du temps. La batterie, une boite à rythme, donne également un petit côté plus mécanique, mais elle est un peu trop haute dans le mix (C'est peut être juste un détail).
On sent qu'on est encore proche de la période du début des années 90, même si les effets du nuage toxique commencent à s'estomper.
Il y a ici des bons moments, des plans "mécaniques" relativement obsédants, et si on prend CRAWL comme une copie de Godflesh on pourra dire qu'on a goutté des choses bien moins convaincantes dans le genre.
C'est un disque sympa, assez cool dans le style metal indus d'époque, mais des enregistrements plus intoxiqués nous ont quand même fait cramer le disjoncteur par le passé, et je préférais un peu le MCD "Womb" qu'ils avaient enregistré sous le nom de BLEED (Le son était plus sourd, l'ambiance était un peu plus flippante).
Globalement "Earth" était quand même un bon disque, une bonne pièce du puzzle pouvant composer une collection de metal indus pre-1996.

15/07/2011

CYBER AKTIF : "Tenebrae vision" CD 1991

CYBER AKTIF était un super projet réunissant un certain Cevin Key et Rudolf Goettel de SKINNY PUPPY, ainsi qu'un certain Bill de FRONT LINE ASSEMBLY.
A la vue du casting génial il y a un peu de quoi avoir une érection spontanée hyper active! Car même si c'était juste un projet, ce disque est sorti à une époque ou les deux groupes étaient au top... Des "restes" de l'excellent, ça groove quand même vachement bien!
La musique, c'est de la dark electro, quelque part entre les vieux FRONT LINE ASSEMBLY (En moins "dansant") ou les vieux SKINNY PUPPY (En moins déglingué et expérimental), elle peut rappeler ces deux groupes aussi bien pour la forme, les tics, façons de composer, que pour les ambiances sombres ou nocturnes...

Voyons maintenant les morceaux un par un:
-Le premier titre "The road kill" est posé, sombre et nocturne. C'est de la dark electro dans laquelle on ressent une ambiance un peu cinématique, comme sur "Too dark park" de Skinny. Il y a quelques samples. C'est cool.
-Ensuite "Brain dead decision" est plus rapide, soit une sorte de mélange entre le rythme des premiers MINISTRY (En moins agressif) et du vieux F.L.A. (Pour l'approche EBM qui pénètre dans des thèmes plus sombres). Du bon sample indus apparaît régulièrement pour racler les côtes. C'est efficace et sombre. Très cool.
-Le morceau "Acid cripple" est plus electronifié, plus rythmé et mécanique, un peu comme une machine déglinguée qui va se farcir ton petit corps de chair. C'est le groove complexe de la machine extraterrestre qui meurt de faim et danse pour mieux occuper ta conscience. (Sur son passage, les rats se retrouvent instantanément grillés et transformés en paupiettes). Les vocaux donnent un côté assez délirant, presque schizo... Ca défonce!
-Le quatrième morceau, "Paradiessiets", évolue dans une sorte de mix EBM/ techno qui se remplit de samples au fur à mesure et devient ainsi plus intéressant. On est un peu dans l'esprit des morceaux les plus electro pop sur "Twitch" de MINISTRY, avec plus de samples et un zest de destruction en rab. C'est pas la renaissance du bot interne, mais c'est pas dégueux, ça ne dérange pas l'installation du super virus triple conscience de dernière génération.
-Après, "Nothing stays" est un titre un peu plus spirituel. Il se situe toujours dans la dark electro, mais cette fois avec un tempo moyen et des nappes de claviers assez planantes (Ou des touches de synthé transe). Une certaine mélancolie est présente. On pourrait le comparer à une version electro indus de DEPECHE MODE époque "Violator" (Vocaux trafiqués inside). Pas dégueux comme titre. Sympa.
-La 6ème piste intitulée "Rupture freeks" propose un electro indus assez dansant, avec un groove de basse synthétique purement electro. La batterie claque, rythmiquement ça groove, mais il manque peut être un truc... J'aurais vu un peu plus d'indus et un peu moins d'EBM...
-Le septième morceau, "Dis coarse illusion" est un peu étrange. Il me rappelle les titres assez lancinants de l'époque ou MINISTRY "débutait" dans le mélange guitare/ électronique, voir les groupes de rock alternatif qui s'étaient mis à l'electro au début des 90s. Le chant assez distordu, puis des samples ou divers bidouillages apparaissent et donnent une tournure un peu plus décalée, disons biscornue ("J'ai avalé un grille pain radioactif encore brûlant et je crie pour évacuer la douleur... Et le grille pain crie avec moi").
-Après, "Temper" est un titre d'EBM/ Dark electro typique des premiers F.L.A., avec une voix ayant subi un drôle d'effet et se trouvant sous mixée. Le morceau a ses petits passages délirants, mais c'est quand même moyen, sans plus (C'est assez répétitif, notamment au niveau rythmique).
-"Face to face" continue un peu dans la même lignée que le morceau précédent, mais en plus transe, moins EBM et moins répétitif. Je ne trouve pas énormément de samples. Ce morceau ne m'a pas marqué, mais il n'est pas nul...
-Pour finir "House of pain" est plus lent, peut-être lancinant, et il y a une sorte d'ambiance nocturne à la Skinny. Ce morceau ne m'inspire pas vraiment, même s'il n'est pas mauvais (Je trouve peu de samples ou de trucs vraiment marquants...)

Wikipedia me susurre à l'oreille gauche que le label WAX TRAX avait réuni les musiciens en les payant et leur fournissant le studio... Intoxication par l'information ou pas, dans tous les cas je sens ici l'envie, des ambiances et des idées, donc ce disque est plus qu'un enregistrement de commande, émotionéllement parlant.
Alors oui tout n'est pas aussi bon, ce n'est pas l'équivalent des portes du paradis qui s'ouvrent ni d'une montée frénétique de délire après une surdose dans la piquouse... Mais c'est déjà très bon.

SPACE TIMES: "Space superiority"

Tu as écouté trop de Kraftwerk dernièrement?
Alors ce minizine pourrait te convenir, en te servant de biscuit apéritif préparant à la lecture de quelque chose de plus épais...
Nous avons ici douze pages A6 entre collage et mail art, sur des thèmes de science fiction et de voyage dans l'espace proches des vieux films des années 50-60... Modernisme rétro, aliens aux costumes "terrifiants" ou robots de série Z assortis de leurs séries de mots coupés dans des journaux et collés sur les feuilles.
Rien de significatif ou de marquant, mais c'est une sorte de curiosité qui se laisse lire si on tombe dessus... Une sorte de biscuit apéritif cybernétique rétro, ou de soleil vert? (Cf le film)
Email:Spacealiens(a)flatfourradio.co.uk

26/06/2011

PITCH SHIFTER - "Desensitized" CD. 1993

Après un premier album ("Industrial") si proche des premiers GODFLESH qu'il avait assez agacé Justin Broadrick, puis un mini CD ("Submit") dont le style devenait plus compressé et plus carré (Dans le sens efficacité), les Anglais de PITCH SHIFTER continuent d'évoluer dans le metal industriel et proposent un deuxième album plus chaud, moins mécanique et froid. Le groupe lache un peu de lest et laisse sa musique respirer, un peu comme si un révélateur avait fait ressortir via leurs pores toute la rouille accumulée dans leurs corps, que celle-ci prenait la forme d'un nuage de poussière brune qui envahit votre chambre... L'atmosphère devient à la fois chargée, toxique et agréable.
Le style reste clairement du métal indus, et c'est toujours assez mécanique (Notamment pour les riffs de guitares, les samples), mais le groupe remplaça la boite à rythme par des pads électroniques qui donnèrent aux rythmes une approche moins froide et plus "tribale" (Entre guillemets car il est plus question d'un côté groovy et d'une certaine fièvre que du "tribal" apparus dans le néo metal quelques années après).
Les guitares haut perchées assez "dépressives" ou hallucinées sont toujours présentes, mais globalement le groupe continue de s’éloigner du style originel de GODFLESH... C'est peut être leur album le plus proche de MINISTRY, pour les guitares assez "thrash" (Même s'il y n'y a pas tellement de passages rapides).
Au moment de sa sortie "Desensitized" était le disque le plus accrocheur et catchy du groupe, car même s'il contient son lot de morceaux plus intérieurs, introspectifs, ou basés sur l'ambiance, on y trouve un nombre assez important de riffs et de parties vocales entrant dans le crâne pour ne pas en sortir si facilement (Tout comme certains samples de voix enregistrées, servant en partie d'introductions aux morceaux ils renforçaient le côté assez "paranoïaque"... Et certains sons de bruits mécaniques typiques du métal indus d'époque sont aussi cools et assez catchy...)
En fait la pochette illustre très bien l'atmosphère du disque. Pour entièrement refléter le contenu j'ajouterais juste une machine un peu rouillée...
Desensibilisé, les machines vous remercient.

DECADES OF CONFUSION FEED THE INSECT #53

En me l'envoyant par la poste, l'éditeur de cette publication l'a décrit comme un "poster zine", mais je me demande si on peut encore parler de fanzine...
C'est en fait un grand poster dépliant (32 x A4) rempli de dessins noir et blanc assez sombres, avec un côté adolescent, assortis d'écrits prenant la forme de poésie (Instinctive?) ou de songes; L'ensemble donnant assez une impression de rêves ou d'univers oniriques mêlés les uns dans les autres... Ca me rappelle un peu certaines pochettes de CATHEDRAL (Pour l'univers, pas pour le graphisme) mais avec une bonne louche de quelque chose de plus "gothique"...
Est-ce censé représenter tout le contenu d'une nuit de rêves? Je ne sais pas... Dans tous les cas je trouve le rendu plutôt pas mal, ce poster ferait une assez bonne décoration pour une pièce "typée" comme un local de répétition.
c/o Justin Duerr, Po Box 13312, Philadelphia, PA19101, USA.
Email: Eulogycontact(a)hotmail.com

NINJA SUSHI Zine #2

Si le ninja est dans le sushi, j’achète!
Si le sushi donne des capacités de ninja, j’achète!
Me voilà face à un petit zine A5 regroupant principalement des dessins de Kapreless. Ils sont humoristiques, c'est sur, et le mot exact serait peut-être "rigolos".
Pour définir le style graphique, je dirais qu'on pourrait y voir un mélange de dessins de presse, et une retransposition du style des pochettes de KMFDM dans un style et un univers plus adolescent, ou "innocent", mais sans faire dans le gribouillage (Tout est bien fini, et défini). J'aime assez le fait que les personnages soient détourés par des traits aussi gros, ça leur donne une grosseur. Les trames utilisées pour remplir certaines zones contiendront des pixels assez gros pour piquer les yeux des plus geek d'entre vous, mais j'aime bien le côté "retro futuriste" que ça apporte... C’est aussi un assez acide, style console fin des années 80… Visuellement c'est assez délirant, sans que les thèmes soient vraiment délirant (C'est plus gentil, plus proche des gros bonhommes en "cubes" (qui sont en fait arrondis), de personnages assez mal dégourdis faisant preuve de bonhomie (Un peu comme dans certains jeux vidéos...). Tout compte fait, je pourrais y voir des affiches de propagande pour des clowns venant du monde parallèle du modem (56 Ko). Rigolo.
c/o Yves Albrechts, Postbus 100, 2000 ANTWERPEN 1, BELGIQUE.

10/06/2011

AMPHETAMINE WOLVERINE BLUES Zine #0

Drogué à la chronique, à croire que le fait d'en écrire dégage une substance spéciale dans le cerveau... Allez, je m'en retape une!
Amphetamine wolverine blues est un fanzine sans pieds ni tentacules, mais avec des entailles et des cicatrices... Rien à voir avec un zine de gros malade suicidaire masochiste comme pourraient l'imaginer certains, ici les cicatrices sont dues aux nombreux coups de ciseaux, car du découpage et du recollage il y en a un paquet: C'est un zine cut'n paste qui reprend des articles, publicités ou illustrations de journaux assez anciens, mais encore frais de par le côté curieux, assez humoristique ou décalé qu'ils peuvent donner... On y voit comment transformer un vinyle endommagé par le soleil en un plateau ou une corbeille de table, on y apprend que les sons audibles à l'oreille accroissent la poussée des plantes, on peut trouver une ancienne pub pour les soutiens gorge (Plutôt années 60) et une autre de même époque qui se veut visionnaire et nous montre que les tondeuses à gazon pourront faire le travail sans intervention humaine... Il y a aussi un article des années 60-70 montrant les "utilités du bruit" comme la faculté de paralyser les petits animaux, de détruire les bactéries ou autres...
C'est assez amusant, contenu dans 16 pages A5, et je l'ai reçu en faisant un échange.
c/o Kami, Po Box 278, Edwardstown SA 5039, Australie.

ATROCITY - "Willenskraft" CD. 1996.

Les métalleux allemands reprennent le style de leur album précédent, "Blut", soit un mélange de Death thrash et de power, mais en le modernisant, le compressant et en travaillant sur l'efficacité. Les morceaux deviennent beaucoup plus ciblés machine de guerre, le jeu devient beaucoup plus précis, presque mécanique, et les instruments beaucoup plus produits sonnent presque comme des machines. De ce fait le groupe sonne assez régulièrement comme un groupe de métal indus, on sent par moments que FEAR FACTORY est passé par là (Mais dans la forme, car c'est plus sombre, torturé, un peu plus décadent... On est ni dans le cyber, ni dans la technologie et ses «merveilles»).
Curieusement, on retrouve trois titres rapides et complètement typés death metal qui auraient presque pu figurer sur leurs premiers disques... Et au milieu de ces orgies de guitares, se cache "Love is dead", un morceau metal gothique assez réussi et différent de ce qui se fait actuellement car moins gentil et plus sombre (On est pas si loin de EDGE OF SANITY, avec une touche de TYPE O NEGATIVE époque "Bloody kisses").
Alors que "Blut" donnait déjà assez une impression de fourre tout, "Willenskraft" reste dans ce type de ressenti global mais en améliorant la qualité générale des morceaux... Pris séparément ils sont assez efficaces, voir très bons, mais ils évoluent dans des styles parfois assez différents, voir opposés, qui ne s’enchaînent pas forcément au mieux pour une écoute agréable (Passer du métal gothique à du death metal brutal c'est pas forcément génial pour la cohérence d'un album). D'un autre côté la plupart des titres ont quelque chose en commun au niveau de l'atmosphère, ce qui leur permet quand même de laisser couler, mais je me souviens que ça ne ma pas empêché de zapper quand j’étais dans des humeurs moins ouvertes…
J'ai un peu de mal à conclure de façon claire ou accrocheuse... Disons que c'est un disque que j'écoute de temps en temps, et qu'il contient de très bons morceaux, mais que je n’arrive pas à en faire ressortir une ou deux grandes idées… Pour l'auditeur potentiel, il faudra voir si les styles assez différents, la production (Notamment la batterie) et certains morceaux plus faibles ne le dérangent pas.

PEARL JAM - Vitalogy CD. 1994.

Aaahhh le deuxième album de Pearl Jam intitulé "Vs", je l'avais souvent écouté et j'y avais bien accroché à l'époque, ça collait parfaitement à la vie d'ado en fin de collège, début de lycée, assez branleur, relax, cool, presque insouciant... Il faut dire que même si le groupe était assimilé grunge leur musique était tellement mieux jouée que la moyenne du style: C'était plus varié, plus vivant, toujours inspiré et le vocaliste chantait super bien (Avec feeling).
En somme Pearl Jam avaient mis le paquet, tous les morceaux étaient bons, faits avec un feeling presque débordant, les pistes ne se ressemblaient pas et avaient chacune leurs particularités, c'était une sorte de flot de "perles de confiture" ("Pearl Jam" en français) qu'on pouvait savourer sur toute la longueur sans s'ennuyer du tout… D'ailleurs le groupe avait eu pas mal de succès à l'époque, on les voyait souvent en interview dans Hard'n heavy ou Hard rock magazine, et ils avaient du tourner de façon assez intensive...
Mais voilà, après avoir mis le paquet, il fallait sortir la suite... Et quand j'ai découvert cet album, "Vitalogy", j'ai été assez déçu: Je ne retrouvais pas l'ambiance très cool, assez ronde et suintant presque le bubblegum, les morceaux étaient moins intenses, moins terminés avec «soin»... Pearl Jam étaient devenus une sorte de groupe "rock/pop/punk" comme un autre et leur musique n'avait simplement plus le même écho... PEARL JAM pour moi c'était fini.
Puis bon, les disques d'occasion à bas prix aidant, je me suis re-procuré cet album quelques années plus tard… Ca m'a pris un peu de temps pour en refaire le tour et le réécouter avec assez d’attention, et finalement il n'est pas si mauvais...
Oui le chant d'Eddie Vedder est moins émotionnel, moins touchant, mais il sonne toujours bien.
Oui les morceaux débordent moins de feeling, sont moins travaillés et ont des structures plus simples (Voir dépouillées), mais plusieurs d'entre eux ont pas mal la pêche.
Finalement "Vitalogy" est un album de rock garage plutôt pas mauvais, évoluant entre morceaux énergiques et titres plus lents, dépouillés ou relativement expérimentaux... Pas de quoi l'écouter en boucle, et tout son contenu ne me plaît pas trop, mais une fois de temps en temps...
C'est comme ça quand on a vraiment mis le paquet, on ne peut pas le mettre une deuxième fois, à moins de vraiment prendre le temps de se retrouver (Un délai impossible à tenir dans le rythme album/ tournée/ album/ tournée).

09/05/2011

EROTIC DISMEMBERMENT Zine #6

Je lis ce fanzine depuis plusieurs numéros, et il me donne régulièrement l'impression d'être le petit frère plus poli et moins provocateur de DEFIANCE OF GOTHIC NIRVANA: Le type de contenu est assez similaire, des chroniques de musique tantôt underground, tantôt très underground, allant du métal plus ou moins extrême jusqu'au noise, à l’expérimental (Avec quelques touches de choses très variées quand ça lui tombe dessus), des chroniques de vieilles VHS, des interviews de groupes plus ou moins "sérieux" (Celle de SHACKLES est pas mal, celle de KOLOB TRUST FUND fait plus discussion entre potes) et 2/3 trucs comme des live reports ou des articles sur les musiciens cultes décédés (Cramps, Stooges, Ramones), sur un éventuel film (Le remake de "A nightmare on Elm street")... Mais le ton est beaucoup moins tordu, moins sarcastique ou délirant que DEFIANCE O.G.N, on est plus face à un fanzine classique d'amateur de musique, avec la différence peut être qu'il a des goûts assez variés, et qu'il a un penchant pour les trucs très underground comme les enregistrements noise expérimentaux qui demandent plusieurs kilos d'herbe avant de dévoiler quelque chose (Si parfois c'est pas juste un effet du Thc?)
Tous les textes ont été tapés sur Pc, avec du cut'n paste par-ci par-là pour illustrer, des flyers, des trucs qui sortent de nulle part... Faudrait peut-être arranger le visuel, il pourrait être plus aguicheur...
En fait si on prend en compte la moyenne des fanzines et de ce que je peux lire sur le web, je dirais que le contenu n'est pas très personnel (Ou plutôt: pas très original), c'est un fanzine fait par un amateur de musique underground qui a du dépasser la trentaine, avec ses préférences pour les K7s, les vinyles et les choses de son époque, avec ses moments de parler franc et ses "goûts de merde", avec ses hauts et ses bas... Je ne pense pas que le contenu fasse trembler ton volcan interne, mais c'est quand même pas mal à lire: On évite la langue en plexiglas de la presse pro (C'est un fanzine), c'est assez varié, les chroniques ne sont pas courtes, et l'éditeur ne débarque pas non plus... Il m'a dit qu'il n'était pas très satisfait par ce numéro, et j'ai du un peu insister pour le recevoir... Enfin il n'y a quand même pas de quoi en avoir honte... (52 pages A4, écrites en anglais)
c/o Sephirotic publishing, Po Box 190702, ST LOUIS, MO 63119, USA.

LE MOIGNON Zine #2

Plutôt qu'aller cliquer sur Wikipedia pour repiquer une définition du terme "moignon",
je vais dans cet exposé préférer m'intéresser à une manifestation résultant de l'amputation: La pathologie du membre fantôme qui désigne le fait pour une personne amputée de toujours ressentir la présence de celui-ci, le plus souvent de façon douloureuse.
Le choix de cette pathologie n'est pas innocent, de nombreuses années d'analyses periscathologiques m'ont permis d'arriver à un diagnostic efficace, express et sur... Et je peux te l'affirmer sans aucun doute, lecteur borgne, les membres participants au fanzine "Le moignon" sont tous sujets à la pathologie du membre fantôme, plus particulièrement au niveau du caleçon (Pour ne pas être plus précis).
Alors, que peut-on bien trouver de beau dans celui-ci, comme il serait en quelques sortes "vide"? La réponse pourrait être sanguinolente, mais les plaies ayant eu bien le temps de cautériser, prenons le moignon par les cornes et analysons ce qui en ressort: Principalement de la Bd, du dessin et du graphisme, indépendants et undergrounds.
Les dessins et BDs de Lentéchris sont classes, même s'ils sont parfois un peu faits dans l'urgence une épaisseur et une certaine grosseur en ressort.
Les photos de Techno Bill sont pas dégueux, certaines sont assez expérimentales ou étranges (Alors que d'autres, bof).
Nagawika est présent pour une Bd (J'ai aimé l'idée de remplacer le contenu des bulles par des dessins, mais il a déjà fait des choses plus expressives ou marrantes) et une illustration marrante (Le deltaplane sans bras, c'est cool...).
On trouve aussi une Bd sur Riton le keupon (Qui fait trop brouillon), un petit guide de l'utilisation de la hache en ville (Marrant et illustrations classes), quelques articles (Un sur la lobotomie télévisuelle, un autre sur l'historique du hooliganisme qui montrerait que c'était moins beubeu avant(?)), des poèmes (Qui ne m'ont pas trop parlé) et 2-3 illustrations en plus. J'ajouterais qu'il y a souvent de l'humour, que c'est assez décalé ou branleur...
Donc pour conclure, sans faire apparemment trop de léchage de plaies, je dirais à ceux cherchant de la Bd underground pas trop prise de tête (Ou un moment de relaxation sans bandages) que "Le moignon c'est bon, mangez en".
Email: christophe.lente(a)gmail.com

27/04/2011

DAS ICH - "Anti'christ" CD 2002


Ce disque, ça serait un des meilleurs de DAS ICH! Je l'ai entendu dans le christophone.
Le christophone, le premier téléphone en cabine qui te permets de joindre directement le christ. Confessions intimes, prophéties du canton, toutes tes questions trouveront ici leurs réponses les plus éclairées. (En option: Petit rideau rouge-bordeau pour un effet plus "Vatican", et pour les plus bavards, jet d'eau rince postérieur inspiré des meilleures toilettes modernes)
Je ne sais pas pourquoi, mais LAIBACH ont du se faire piquer la place pour les génériques d'attente dans ces fameuses cabines (Auxquelles il ne manquerait plus que les "glory holes"). Mais à l'écoute de ce disque, ont comprend un peu comment DAS ICH on pu remporter le concours avec leur dark electro qui prend ici des tournures plus symphoniques, avec des orchestrations inspirées du classique assez bien tournées, tout en restant adéquates à leur univers: C'est sombre, parfois triste, parfois étrange, plus ou moins austère...
On est pas loin d'un autre de leurs disques intitulé "Staub" (Du dark electro aux rythmes et compositions assez recherchées, qui ne sont pas impénétrables et gardent des parties plus abordables), mais en plus symphonique... D'ailleurs j'apprécie le fait que le côté "symphonique" n'ait pas ramolli le tout: Ca reste rythmé, et même si ce n'est pas forcément leur disque le plus sombre (J'y trouve un peu de lumière, notamment dans certains chœurs, et la nostalgie présente n'est pas 100% chargée en carbone), il contient son lot de moments marquants et de passages intenses.
"Anti'christ" est dans la bonne moyenne de la petite dizaine d'albums de DAS ICH que je connais, pas certain que ce soit leur meilleur (J'me méfie quand quelqu'un se fait passer pour Jésus au téléphone, fait pas déconner) mais il y a peu de risque de réelle déception pour quelqu'un aimant ce style.

KMFDM - "Money/ Bargeld" CD 1992


A défaut d'avoir sorti des albums intéressants pour la totalité des morceaux les composants, KMFDM auront au moins pu servir d'exemple parfait de certains aspects négatifs ou clichés de la scène "industrielle" de l'époque.
Le chapitre d'aujourd'hui s'intitule "Le disque de remixs".
Prenons donc deux morceaux tantôt électro indus groovy, tantôt indus rock, ni trop compliqués, ni trop inspirés (Faut pas déconner, faut que ça se remixe facilement).
Faisons grosso modo quatre versions différentes de chaque, en veillant à ce que ceux-ci ne soient ni trop poussés, ni trop différents des originaux (Ne pas y passer trop de temps, faut du rendement).
Enfin remplissons un disque avec ces originaux et versions alternatives, puis sortons le comme un album...
Alors oui j'aime bien, mais je châtie bien aussi, pas de problème...
Autant KMFDM ont sorti des trucs sympas, autant ils avaient tendance à faire de la musique "industrielle" de façon industrielle, à la chaîne, comme on met des beefsteacks sous cellophane à l'usine.
Le morceau "Money", le plus groovy des deux, est donc le plus électro, le chant lui donnerait presque un petit côté hip hop, alors qu'on pourrait y voir une sorte de pop, quelque part entre INXS et Georges Michael version plus décadente... Heureusement deux des remixs (Le "Metal mix" et le "Death-before-taxes mix") ajoutent des riffs pour faire un truc plus métal, plus Ministry, plus Rammstein (Ah non, ça n'existait pas à l'époque).
Le morceau "Bargeld" est à la base plus sympa, car avec plus de guitares, quelque part entre électro rock et metal indus. Les deux remixs font pour l'un plus house à touches funky et pour l'autre toujours house mais moins funky...
Il faut le dire, car comme j'aime bien je châtie bien, c'est un disque bien moyen. Même s'il y a quelques pistes plutôt sympas dans le style, on aurait pu amputer une bonne moitié des versions ici présentes sans problème, pour sortir un MCD ou quelques bonus tracks qui auraient eu plus de gueule... Mais bon, le groupe était plus concentré sur le rendement... Puis les albums de remixs en général ça ne se bonifie pas avec l’âge, même presque vint ans après...

16/04/2011

T.S.O.L. - "Beneath the shadows" CD. 1989.

L'océan résultant d’une procrastination forcée continuer de monter... Il monte, monte! Implacablement. L'accumulation du non fait, du non réalisé, devient assez hallucinante. Le peu d'air restant dans mon bocal devient suffocant... Vite, de l'air! Vite! Même vicié il fera l'affaire...Dans un dernier élan de désespoir j'ouvre grand la bouche, en espérant fébrilement que la prochaine inspiration ne sera pas la dernière.Alors que la question de goûts se traîne comme un vieux cadavre percé de balles de toutes parts, j'introduis ce CD sympa dans la bouche charnue de mon lecteur, espérant que son ambiance sera assez fraîche, respirable, assimilable par mon corps...Toi lecteur libre de ne pas cliquer, ce que tu entendras est une sorte de post punk aimant le rock, ou un rock assez sombre et malsain à touches punk, un peu dans le style du premier MAGAZINE en moins musical et moins varié (Même s'il y a du piano sur quelques titres) mais aussi moins malsain, avec en plus un peu du premier KILLING JOKE (Moins mécanique, pas aussi torturé...). Je ressens un certain malaise, une incertitude quant au futur... Brouillard, vision nocturne d'un mur noircis par le charbon qui serait en quelques sortes paralysant...Le chant fait un peu punk et nonchalant, mais il est moins provocateur et plus poli que la rébellion de base. On retrouve aussi quelques claviers bien kitsch qui ajoutent pas mal de singularité aux côtés parfois trop punks pour être sympas... J'aime assez quand le groupe touche au rock desperado, quand ils utilisent sur leurs guitares une sorte d'effet de chorus qui donne un petit côté étrange... Et ils ont des titres assez réussis... J'aime moins quand ils sont plus basiques, notamment dans ces quelques pointes de punk pure crête d'origine... Et tous les titres ne sont pas aussi bien… Ce disque est plutôt pas mal, relativement glauque et assez musical pour le genre, mais ce que TSOL font passer sur cet enregistrement, je l'ai ressenti de façon plus intense dans d'autres albums assez proches... "Beneath the shadows" est donc sympa, voir appréciable, mais pas essentiel.Allez, une dernière bouffée avant l'asphyxie finale...

27/03/2011

GOD LIVES UNDERWATER - "God lives underwater" MCD. 1995.

Dieu vit sous l'eau, marrant comme nom de groupe.Le style que ces américains pratiquaient à l'époque était en bonne adéquation avec la mouvance fraîche de groupes mélangeant rock et électronique: D'un côté des guitares rock, tantôt alternatives, tantôt aériennes (Voir plus stoner) un peu bidouillées en studio, de l'autre une rythmique éléctro entre drum'n bass, jungle (Et parfois un peu hip hop). Au milieu, ajoutez un chant avec des intonations Alice in chains récurrentes, au dessus saupoudrez de quelques effets électroniques et samples pour enrichir le spectre, et vous aurez une idée assez réaliste du contenu. En gros on évolue entre deux types de morceaux: Les plus rythmés, et ceux plus posés et aériens.GLU étaient parfois associés au rock industriel, mais avec le recul je ne sais pas si ça colle vraiment: Durant les morceaux les plus relevés les beats sont assez rythmés et assez cools (Ca donne une impression de PRODIGY), les guitares un peu trafiquées en studio pourraient donner un côté plus robotique et il y a bien une sorte d'effet de saturation sur le chant, mais de là à industrialiser l'étiquette...Ce qui me plaît le plus dans leur musique, c'est les moments plus aériens qui sont assez décollants, un peu à la Boeing 114 (Le cerveau plane dans un nuage de lait, et ça coule!). De ce fait, je me dis qu'ils pourraient plaire à ceux aimant les bidouillages de Devin Townsend sur "Infinity" ou "Ocean machine", les derniers trucs des PEACE LOVE AND PITBULLS ou éventuellement les YOUNG GODS époque "Only heaven".GOD LIVES UNDERWATER était un groupe bien dans son époque, qui faisait des choses assez bonnes et pourrait toujours être apprécié, à condition de ne pas garder la tête bloquée dans les dernières innovations (Quand on dit que ça sonne "vieux", c'est souvent pas rapport à quelque chose).Pourquoi ne pas y jeter une oreille? Ils vous la rendront...

MONOTREMATA - "Mask" Demo CDr. 2008.

Ca devient difficile de trouver du métal indus qui ne sonne pas trop plastifié, polissé, voir gothifié. Souvent je suis plus intéressé par les anciens enregistrements datant d'avant 1996... Mais l'autre jour j'ai quand même fait des recherches sur myspace (Qui ne cherche pas, ne trouve pas)... Et surprise! Après quelques dizaines de clicks, je tombe sur la page d'un groupe très influencé par GODFLESH, et plutôt par la première partie de leur discographie... J'étais content!Ce qui fait plaisir à la première approche, c'est qu'on retrouve pas mal de choses qui rappellent le fameux "Streetcleaner": La basse saturée assez acide, la boite à rythme au son sec et froid, les guitares tantôt aériennes, tantôt mécaniques ou lourdes... Avec une production assez cool, et notamment un son de guitare assez chaud qui fait bien métal indus du début des 90s...Les vocaux, qui sont assez graves, évoluent quelques part entre le "hardcore" et le Death metal, ce qui renforce un peu le côté "Death metal industriel" qu'on peut pressentir sans vraiment qu'il vous mange l'oreille.On pourrait dire que MONOTREMATA assument l'influence GODFLESH: Ils ne cherchent pas à l'étirer à tout prix dans tous les sens pour faire un truc moderne (Qui n'est pas toujours comestible), leur but est de développer une ambiance et de fournir des riffs assez simples, mais qui sonnent bien et laissent ressortir un certain malaise... Par moments on pourrait aussi ressentir des influences d'autres groupes faisant dans la lourdeur, la frontière entre certaines branches de l'arbre doomifié et le plus lent de Godflesh étant assez mince, je pense à certaines choses de NEUROSIS, du vieux MY DYING BRIDE (Epoque doom death) et d'autres à l'ambiance chaude et assez sulfureuse. Le premier titre est lent, il s'appelle "Mask". Dans la forme je le trouve plus ou moins proche de certains morceaux lents époque "Selfless" (De Godflesh), avec un arpège de guitare assez sombre qui s’intègre bien, mais il y a dans le fond une angoisse hallucinée qui serait plus proche de "Streetcleaner". Pas mal! Le deuxième titre est encore plus lent, déprimé, désabusé, je trouve qu'il se rapproche de morceaux de "Selfless" comme "Empyreal" voir "Go spread you wings", il y a dans ce côté lessivé un abandon qui tendrait vers une sorte de sérénité, en restant néanmoins dans les tonalités sombres. Intéressant. Le troisième titre "Misery case" est plus rapide, typique de "Streetcleaner" en moins torturé, moins destructeur, mais avec le même type d'ambiance chaude intérieure, une agressivité proche au rock indus et des guitares qui partent dans les aigus... Cool! Le dernier titre revient sur la lourdeur, il est assez doom sur les bords, avec une ambiance assez "Streetcleaner". Le chant distordu le fait pas mal (Genre monstre halluciné en pleine défragmentation spatio-temporelle) et le morceau passe tout seul, comme le reste de la démo. Pour conclure, je dirais que j'aurais été plus fan si le groupe jouait un peu plus de morceaux rapides (Comme le troisième) car même si leurs envies de lourdeurs sont cools, je n'ai jamais été un gros fan de l'ultra lent comme le doom... Peut être qu'ils pourraient être plus destructeurs ou intenses par moments. Sinon quelques surprises au niveau de la programmation de batterie ne m'auraient pas déplu, mais c'est pas très grave... Ce qu'ils font est plutôt bien fait et pourrait plaire aux fans de ce type d'indus metal. Espérons qu'ils continuent et s'améliorent!

MEGAPTERA - "The curse of the scarecrow" CD. 1998.

Quand on est habitué comme moi à écouter des autoproductions CDr de noise, expérimental et assimilés, et qu'on met un album de ce type dans le lecteur, on sent tout de suite la différence! C'est immédiatement plus amplis de conviction, de sentiment, de profondeur!L'impression que le sol va se déchirer, pour laisser sortir toute l’énergie négative contenue dans la planète vous prend et vous surprend pour vous laisser assez inquiet, même si c'est juste un disque...Au contraire de beaucoup de projets dark ambiant qui sont tellement diffus qu'on ne retient rien ou presque, hormis l'ambiance qu'on a pu ressentir, chez MEGAPTERA c'est différent. Premièrement car on est pas dans de la pure abstraction sombre, leur musique est plus ancrée dans une certaine réalité (Même fictive, car à la noirceur exacerbée) et est évocatrice en images presque cinématographiques. Ensuite d'un point de vue purement musical il y a plus de matière sonore: Samples de vocaux, monstrueux battements graves et sourds, synthétiseurs prenant la forme de chœurs très graves de fin du monde, claquements industriels, mais aussi parfois des samples plus "éléctro" rappelant la souffrance, ou des rythmes militaires plus tribaux... Enfin certains morceaux sont tellement puissants émotionnellement parlant, qu'on dépasse le cadre d'un genre et qu'on en arrive presque à l'émotion pure, comparable à la peur se cachant au fin fond de l'être humain... Dans ce genre de morceaux, on peut ressentir des choses assez ultimes comme la damnation irréversible, la menace mortelle d'une armée tellement puissante et gigantesque qu'on ne peut absolument rien faire: La décimation est programmée et aura bien lieu, inéluctablement.Pour accrocher à cet album en entier, il faut quand même être amateur des ambiances souterraines, noires et froides, du type gigantesques égouts toxiques saturés en carbone, ou bat le cœur d'une vorace machinerie souterraine à l’existence inavouable, ou des bras mécaniques vous percutent le crâne avec insistance pour à la fois vous hypnotiser et vous enfoncer dedans. Il faudrait également accepter que le disque vous emporte dans des contrées parfois presque adoratrices de la mort et ou votre corps aurait même un peu l'impression d'être convoité par la grande faucheuse...Je dirais quand même qu'au niveau émotionnel, certains titres sont plus forts que d'autres. Dommage que quelques-uns uns soient un peu trop dépouillés, car avec juste quelques samples supplémentaire, l'impact aurait été multiplié. Disons que dans les meilleurs moments MEGAPTERA nous offre du dark ambiant à tendance militaire et industriel puissant, sans merci, et que dans les moins bons ils font un death industriel proche de BRIGHTER DEATH NOW pas mal sans être transcendantIl y a donc quelques longueurs, et ce n'est pas le genre de choses que j'écouterais souvent... Mais quand je le mets sur la platine et que "les astres sont alignés", c'est excellent! Terrible! Un groupe fortement conseillé aux amateurs de dark ambiant avec des burnes!

MIGHTY FORCE - "Hypnovel" CD. 1992.

Je me souviens avoir récupéré une série de vieux disques métalliques chez le fils d'une connaissance de mes grands-parents qui tenait un magasin de disques et avait du faire faillite; Résultat: Un Megadeth, deux Napalm death et une compilation Grind crusher double vynile se retrouvent chez moi pour pas cher. Sur cette compile figuraient beaucoup de groupes excellents ayant fait la notoriété d'un certain label anglais (Moins applaudi de nos jours), je devais avoir 15 ans et c'était la grosse découverte avec aussi bien des gros groupes que d'autres plus underground, ainsi que quelques curiosités encore plus obscures qui me semblaient alors assez anecdotiques... Des curiosités comme NAKED CITY, ou MIGHT FORCE qui m'avait bien plu car leur style était original: Une sorte d'EBM, d'électro rythmée construite autour de nombreux samples de groupes de Death metal, notamment des vocaux bien graves, c'était assez trippant et délirant... Mais même après quelques recherches, je n'ai jamais trouvé d'autres enregistrement du groupe... Puis après sur Internet, il ne semblait exister qu'un vynil deux titres épuisé depuis très longtemps... Je me suis dit que finalement, c'était peut être juste un projet parallèle obscur qui ne dura que le temps de deux ou trois remixs, et je finis par oublier…Puis un jour, pas mal d'années plus tard, j’avais fait un échange aléatoire de CDs avant un anglais en lui disant juste "Envois moi de l'industriel", ce qui m'a mené à recevoir un paquet bien remplis en veux trucs ornés de pochettes un peu fluos ou hallucinogènes... Après inspection, un des noms me semblait familier, il avait déjà fait un petit effet il y a longtemps… Etait-ce le même groupe éléctro délirant? Ca tomberait bien, j’écoute pas mal de vieille éléctro en ce moment! Mais il semble manquer une lettre dans le nom… Alors vite fait sur Google, je cherche "Mighty force", mais je ne trouve aucune occurrence en rapport avec la fameuse compile Grind crusher volume 2... Pour être certain de l’information, je compare les noms de musiciens dans les crédits, et là surprise! Ce sont les mêmes! Tout content, je m'attends à un truc EBM à tendance industrielle remplis de couches de samples Death metal ou Grind toutes plus délirantes les unes que les autres, ça va swinguer! Il y a comme un début de sentiment de joie qui naît en moi! Vite, il faut mettre le CD dans le lecteur pour bien m'éclater les oreilles!Mais en fait, le style est un peu différent: Il est beaucoup moins basé sur les samples et aussi un peu moins touffu. On écoute une sorte d'électro rythmée avec un esprit tantôt rock, tantôt "dark", tantôt proche de ce que j'appellerais du "pré-Prodigy". C'est un peu moins dur que l'EBM ou électro indus de l'époque, plus ouvert à des influences rock, à des rythmes proches de choses "Big beat" plus accessibles comme les premiers Chemical Brothers, avec des claviers assez spaces proches de la trance, tout en gardant des influences assez sombres proches de la cold wave ou de l'éléctro indus à la Front Line Assembly... Je pense qu'ils devaient être assez ouverts d'esprits, vu le mélange zigzaguant à distances égales entre le dark et le moins dark, et le fait qu'à l'époque c'était moins courant.Chaque morceau évolue généralement autour d'un même thème, ou d'une même ambiance, en lui apportant des modifications au fur et à mesure; Certains développent une ambiance sympa, quelque chose d'assez sombre, d'autres sont moins intéressants. La production manque un peu de percutant, de fréquences basses (Peut être que c'était bien à l'époque, et ça reste un enregistrement assez indépendant…) et l’élément le moins bon du disque réside dans le chant qui sonne comme moins convainquant en comparaison du reste (Il n’est peut être pas assez extrême pour le style, les parties les plus soft feraient presque Depeche mode), mais il n’apparaît pas sur tous les titres et n'est pas prédominant. Au final c'est un album différent ce que je t'attendais, sûrement moins délirant que je l'espérais, mais il n'est pas dégueulasse... Disons qu'il est plutôt cool et qu'il pourrait dévoiler ses ambiances et qualités vibratoires à condition de se laisser plonger en son sein, en l'écoutant au casque dans l'obscurité de la fin de soirée, sans trop se fixer sur la recherche d'une nouvelle révélation qui fait quand même passer à côté de pas mal de qualités...

ECONOLINE CRUSH - "Affliction" CD. 1995.

Metal indus, en fait oui et non... Bien que le groupe ait été affilié à cette mouvance à la sortie de ce premier album, j'ai l'impression que les bidouillages et nappes de Rhys Fulber sont fortement responsables de l'approche éléctro d'Econoline Crush, que ceux-ci ne seraient initialement qu'une formation "rock" sur laquelle sont venus se greffer une paire de synthétiseurs pendant la semaine d’enregistrement... Dans tous les cas parlons du résultat: La musique.On sent que "Demanufacture" de FEAR FACTORY est sorti quelques mois auparavant, le groupe injecte pas mal de chants clairs hauts perchés ou de nappes de claviers dans un style assez rêveur, tout comme des riffs avec un côté métal assez "froid" (Ils ont du écouter PANTERA ou METALLICA de "And justice...")... Mais la comparaison avec Fear factory pourrait s’arrêter ici car les parties élèctro (Nappes) font quand même moins rêver et ECONOLINE CRUSH n'ont pas le même bagage Death metal/ Métal extrême (On ne trouve pas de riff vraiment burné ou d'allers-retours frénétiques) à la place je pencherais plus vers un passé relativement alternatif et une sensibilité un peu moins brusquée). Je pense parfois à PRONG époque "The cleansing" (Pour le côté riff efficace avec son de guitares plutôt dans les aigus) ou aux premiers albums de MISERY LOVES CO, et certains auditeurs pourraient penser à "Pandemonium" de KILLING JOKE... Mais j'ajouterais aussi le premier SENSER pour une fraîcheur et un côté assez ouvert musicalement.A l'époque la section rythmique donnait peut être une impression assez mécanique, à cause du jeu carré, voir presque froid, mais comme cette relative précision s'est radicalement démocratisée je ne ressens aucun côté "machine". Certains refrains sonnent bien, le chant est pas mal dans le style (Voir même carrément bien par moments... Et il est assez varié le gaillard, on entend entre autres du sombre à la Killing joke, le chant cool et assez introspectif des premiers Stone temple pilots, du plus clair et rassurant à la Devin Townsend, le plus lyrique des vieux Metallica... Et en fait il fait pas mal monter des morceaux qui seraient parfois juste "éfficaces"...), le travail sur l'électro est pas mal (Même si le bidouilleur acharné de FLA à déjà fait beaucoup mieux, c'est pas mal) et certains riffs métal devaient pas mal péter à l'époque... Mais je n'accroche que moyennement. Peut être car les passages les plus modernes ne font pas assez rêver en comparaison de "Demanufacture", que la section rythmique est assez classique, ou car je préfère le métal indus avec une ambiance plus chaude, corrosive, voir torturée...Finalement "Affliction" est un disque plutôt pas mal, qui contient de bons morceaux, mais il n'est pas essentiel... Il pourrait néanmoins plaire à ceux aimant le métal éléctro avec un côté plus accessible et qui puiserait ses influences dans tout ce qui se faisait en "indus" à l'époque... Une sorte de résumé du style en version un peu plus accessible?